vendredi, 21 octobre 2011

Une imposture

Ca fait à peine un mois -déjà un mois!- que je me suis lancée dans la grande aventure des études après le boulot (vous finirez par le savoir, hein? ;-) ). Au fil des semaines, j'ai acquis des habitudes, j'ai commencé à sympathiser avec mes petits camarades, je me suis rendu compte que je maîtrise à peu près.

 

J'ai su que je faisais exactement ce que je voulais et que j'étais ultra heureuse.

 

Et puis mercredi, j'ai eu les résultats de ma demande de dispenses. L'année allégée sur laquelle je comptais s'est soudainement transformée en année chargée: je passe directement en 2e, en gardant tout de même les cours juridiques de première.

 

Hier, j'ai eu douze ans pour la deuxième fois de l'année: j'ai eu le ventre noué en me demandant si j'allais bien m'entendre avec mes "condisciples", si j'arriverai à rattraper ce premier mois de cours. Si j'y arriverai, tout court.

 

Je vois remonter ma timidité, cette vieille compagne que j'arrive à cacher, souvent, mais qui se rappelle à mon souvenir aux moments délicats. Celle qui me fait douter de ma place.

 

Hier, entre deux exercices pour calmer mon poignet endolori par une prise de notes effréné, j'ai donc dû m'attacher à repousser de petites pensées insidieuses et toxiques. "Tu as grillé des étapes, est-ce que tu es sûre que tu seras capable? Tu ne maîtrises pas la matière comme les autres... ils ont de l'avance, ils savent comment faire..."

 

STOP. STOPSTOPSTOPSTOP.

 

Ces gens ont certes déjà passé -pour la plupart- les examens de première. Des cours d'introduction. Mais eux aussi, sans doute, ils morflent d'avoir la tête plongée dans le droit comme une grande bassine d'eau glacée. Ils ont déjà passé des examens. Mais moi aussi, en fait. Pas encore dans ces études-ci, mais dans les autres, ya quelques années.

 

Ces études qui m'ont valu, bon gré mal gré, toutes ces dispenses. Ces études qui me valent de ne pas me sentir larguée quand le prof de droit constitutionnel déboule dans la classe en parlant de l'irresponsabilité parlementaire (juste sur le plan juridique, hein ;-) ) ou des quorums nécessaires pour voter une loi spéciale.

 

OUI, je peux, je VAIS, y arriver. Non, ça va pas forcément être une promenade de santé. OUI, au fond, je suis contente d'entrer directement dans le vif du sujet. Non, ce sera pas la mort si je dois étaler certains cours l'année suivante. Je gagne un an, là, en théorie. Et je gagne tellement plus, en réalité.

 

Faut juste que je réalise. Voilà.

09:42 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Réflexion, So fait des études | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : droit, crainte | |  Facebook |