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  • Chronique radio #2 - Bye bye poubelle!

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    Deuxième épisode de mes aventures radiophoniques, dans lequel je raconte comment j'ai viré la poubelle de notre salle de bain. Bon, pour toi lecteur fidèle de ce blog, ce n'est pas forcément une surprise, vu que je t'avais déjà détaillé ma salle de bain zéro déchet (ou ici), maiiiiiis il faut faire preuve de pédagogie et expliquer au plus grand nombre qu'on peut y arriver facilement. Allez, je te laisse avec le texte brut (c'est-à-dire sans les ajouts survenus par la magie du direct) de ma chronique et surtout... le son! <3

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  • Sa vie est un roman

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    Aujourd'hui, j'ai envie de vous parler d'un homme que j'apprécie, d'un Monsieur qui m'est de plus en plus sympathique. Je vous en ai déjà parlé, d'ailleurs, mais depuis, ça a encore évolué.

     

    Aujourd'hui, je vais vous parler d'Alain Rémond. Je l'avais découvert billettiste et chroniqueur grâce à M. Léludemoncoeur. A l'époque, ses "Chroniques cyclothymiques d'un zappeur professionnel" m'avaient fait comprendre que croquer des faits de vie, même minimes, même futiles, n'était pas -seulement- un passe-temps de midinettes sur leur blog de fiiiiiille (à dire avec une note hystérique dans la voix). Non, on pouvait être rédacteur en chef de Télérama et moquer les chemises bicolores de certains intervenants en télé. Ce jour-là, j'ai eu envie, enfin, de recommencer à bloguer.

     

    Le recueil "Le Cintre était sur la banquette arrière" a confirmé mon impression. Alain Rémond a du talent pour tenir son lecteur en haleine face à la disparition de sa banquette arrière et son remplacement. Plusieurs épisodes furieusement drôles. Et comment regarder encore un cintre normalement après avoir convenu avec lui que le cintre est ontologiquement méchant. Vous ne nous croyez pas? Lisez plutôt:

     

    "Le cintre est mon ennemi intime. Passons, si vous le voulez bien, de la théorie à la pratique. C'est le matin. J'ouvre mon placard pour me choisir une chemise, un pantalon. Je tends la main vers les cintres. Une main amicale, m'empressé-je de préciser. Dénuée de toute intention hostile. C'est le signal du branle-bas de combat. Le cintre que je veux prendre s'emmêle avec son voisin de droite. Puis son voisin de gauche. J'essaie de les démêler. Je tire, je secoue. Aussitôt, c'est la mêlée générale. Mon placard n'est plus qu'un champ de bataille. Tous les cintres sont emberlificotés les uns dans les autres, jetant par terre, en un tas informe, chemises et pantalons. C'est pur miracle si j'arrive à sortir mon bras du guet-apens. S'ils pouvaient, ils me mordraient."

     

    Vous voyez? Le style est rythmé, simple mais efficace. Et vous aussi, maintenant, vous êtes convaincus que les cintres nous en veulent, hein? Mais Alain Rémond n'a pas fait que rassembler ses chroniques de Télérama, La Croix ou Marianne. Il a également écrit ce que je pensais être des romans. Intriguée par ce journaliste dont j'admire le style, j'avais envie de voir ce qu'il donnait sur plus de 2.000 signes. Et j'ai été surprise.

     

    "Hier soir, Yves m'a dit qu'il était passé devant la maison, à Trans. Il m'a demandé si je savais qui y habitait, maintenant. Je n'en ai pas la moindre idée. Je ne sais même plus quand est-ce qu'elle a été vendue, la maison. Peu de temps après la mort de ma mère, sans doute. Je n'avais pas voulu m'en occuper. Je m'étais bouché les yeux et les oreilles. Faites ce que vous voulez, vendez-la, ça m'est égal, je ne veux pas le savoir, ça ne m'intéresse pas. Pour ce qu'elle vaut, cette maison. Encastrée entre deux rues. Coincée entre deux maisons. Le terrain? Une petite cour, de l'autre côté de la rue. Une maison qui tenait par les papiers peints, tellement elle était mal foutue."

     

    Alain Rémond n'a pas écrit de romans (enfin si, un), il a écrit sa vie. Sa vie par pans, son enfance dans une famille de dix gosses, dans un village de Bretagne. Les heures dorées à s'inventer des mondes, à jouer avec trois fois rien, à explorer et conquérir de nouveaux territoires. A être heureux avec pas grand chose, à rêver à partir de bouquins. Dans une bicoque qui "tenait par les papiers peints", sans chauffage ni eau courante. Je le soupçonnais breton d'origine -il le mentionne dans ses chroniques- voilà que je le découvre catho pauvre, mais heureux.

     

    Le livre offert par Massoeur n°2 à Noël regroupe les deux premier "épisodes" de la vie d'Alain Rémond. Le deuxième tome a été écrit à la suite des nombreuses réactions qu'a suscitées la publication de "Chaque jour est un adieu". L'auteur y poursuit ce dialogue à une voix. Non, ce n'est pas vraiment un monologue, il prend à partie le lecteur qui s'est assis près de lui en ouvrant son livre.

     

    "Dans certains journaux, où il est mal vu de dire "je", le journaliste use d'une formule chantournée, tarabiscotée. Il dit: "Celui qui signe ces lignes pense que..." Celui qui signe ces lignes, c'est moi. Et celui qui dit "je", c'est moi, et personne d'autre. Je ne sais pas bien qui est ce moi. Je l'explore. Je le questionne. Je lui parle. Je l'écoute. J'écris au plus près de lui. C'est un contrat entre moi et moi. Et c'est un contrat silencieux, exigeant, avec ce lecteur qui est assis là, en face de moi. A qui je parle en confidence, à l'oreille. J'écris pour moi. Et j'écris pour lui, ce lecteur singulier qui est assis là, en face de moi, patient, attentif."

     

    J'ai aimé partager ces moments de vie, cette évolution du jeune Alain vers M. Rémond. Cet homme a eu une vie extraordinaire, atypique. Catholique. De gauche. Séminariste. Candidat à la mairie du 7e arrondissement. Il ne renie pas, il explique, pudiquement et avec sincérité. On a envie de lui écrire, de lui dire "merci d'avoir partagé ça avec moi". Beaucoup l'ont fait, beaucoup l'ont rencontré pour parler de cette vie -sa vie- qui les avait tellement touchés. Ca a donné "Je marche au bras du temps", dont est issu l'extrait ci-dessus.

     

    Vendredi, j'étais à Paris. Je venais de terminer les deux premiers tomes "Chaque jour est un adieu" et "Un jeune homme est passé". Je me suis précipitée chez Gibert Jeune, puisque j'avais l'occasion, et j'ai acheté "Celui qui n'est pas venu" et, également réunis, "Comme une chanson dans la nuit" et "Je marche au bras du temps". Dans le métro, j'ai eu la furieuse envie de me présenter -mais où?- chez son éditeur, chez Marianne ou à La Croix, pour moi aussi lui dire que c'est un grand monsieur. Je ne savais pas encore que beaucoup d'autres l'avaient fait.

     

    Il me reste quelque ouvrages à lire de lui. Je viens, pour les besoins de ce billet, de relire quelques "petites chroniques de la vie quotidienne". Il faut que je vous laisse, d'ailleurs, j'ai envie de continuer ma lecture. La vie croquée comme ça est particulièrement savoureuse.

     

     

     

     

    Sa bibliographie (parce que j'ai la flemme de tout retaper)