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Prendre soin de soi, et de la vie

Hier j’ai participé à la première partie des dixièmes journées Emergences. (Si tu ne connais pas Emergences, n’hésite pas à faire un tour sur leur site internet). Les Journées Emergences, c’est un peu ZE week-end pour l’association, celui où en une fois convergent plusieurs milliers de personnes pour écouter des conférenciers, pour savourer des respirations musicales, pour méditer et pour grandir. C’était un moment que je partageais pour la deuxième fois avec mon amie Céline. Mon amie Céline et moi, on a en commun la volonté de parvenir à une certaine ataraxie et à des relations humaines vraies et profondes, et les Journées Emergences nous permettent de réfléchir et de nous approcher de notre but. (Bon, j’avoue, moi j’ai lu des trucs, je les ai laissé infuser et maintenant je serais bien en peine de dire que je pratique vraiment la méditation ou quoi, alors que Céline, elle, est plus assidue dans les pratiques. Mais bon, on est sur la même longueur d’ondes.)

 

Ces derniers jours, à l’approche de ce week-end qui s’annonçait chargé (c’est quand même rendez-vous à 8h30 un samedi matin, et des conférences jusqu’à 17h30), je me suis rendu compte que j’éprouvais des sentiments mitigés, comme l’an dernier. Je me réjouissais bien fort de ce moment d’amitié partagé et d’apprentissages, d’une part, et je déplorais ce réveil trop matinal qui allait une fois de plus m’arracher à mon canapé chéri, d’autre part. Comme l’an dernier. J’arrive à ce week-end complètement sur les rotules, vidée, lessivée, ballotée, prise dans un tourbillon qui balaie semaines et week-ends de la même manière et qui ne me permet pas de souffler. Alors oui ce week-end allait être riche en apprentissages, mais il contribuerait aussi à cette fatigue et serait une des forces de ce tourbillon.

 

C’est marrant, parce que la première personne sur qui je suis tombée hier matin, c’est Nathalie, collègue et amie d’amies à moi que j’avais rencontrée l’an dernier, et elle aussi avait fait le bilan, comparé son ressenti de l’an dernier, et celui de cette année. Une année riche en changements, pour toutes les deux.

 

Ce qui est marrant aussi (enfin, “marrant”, c’est plutôt ironique), c’est que le thème général de la journée était “Prendre soin de la vie”. On a eu droit à des témoignages très forts et des pistes de réflexion, notamment de la part de Christophe André, que j’ai enfin pu entendre en vrai (hashtag groupie) (si tu ne sais pas qui est Christophe André, je ne peux que te souhaiter de tout coeur de tomber un jour sur Imparfaits, libres et heureux, ou sur Méditer jour après jour, deux de ses livres fondateurs pour moi).

Et il y a eu ce rappel de cette évidence: dans “prendre soin de la vie”, et pour pouvoir en prendre soin au mieux, il faut prendre soin de soi. Ce n’est pas de l’égoïsme de penser à soi, de choisir ce qui est bon pour soi-même (dans la limite, évidemment, que cela ne soit pas nuisible à d’autres). Parce qu’on ne peut pas prendre soin correctement des autres si soi-même on va mal, ou si on se néglige au point d’en souffrir. Quand on arrête de s’écouter, quand on accepte d’aller à l’encontre de ce qu’on est, de ses valeurs, on souffre et on se fait violence. En cela, le témoignage d’un ex-inspecteur d’abattoirs, que la violence du métier a mené à l’internement psychiatrique, a été terrible, un des moments les plus forts de la journée. On peut croire qu’on gère, que ce n’est finalement qu’une partie de la journée, que ce n’est pas si grave et qu’on va tenir, au final, ça nous laboure l’âme. Et pas besoin de détester son travail pour cela: se jeter à corps perdu (expression tellement significative, quand j’y pense) dans le travail parce qu’on l’aime, ce job, c’est tout aussi dangereux. S’oublier, ce n’est jamais une bonne nouvelle ou un signe de bonne santé.

En cela, la journée d’hier a été un rappel bienveillant de me recentrer, de m’écouter plus, de prendre plus le temps, peut-être, et de mettre les limites pour ne pas me brûler. Renoncer à certaines choses parce que cela me permet de souffler, ce n’est pas un échec. Je pense qu’il va encore me falloir un peu de temps pour l’intégrer totalement, mais hé! le chemin est long vers la sagesse…

 

(illustration: petit message pêché à la fin de la journée. celui que j’ai offert disait: “se rappeler de dire aux gens qu’on aime qu’on les aime (c’est la base <3 )”

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