Loading

Partir seule pour se retrouver

Je suis partie en voyage toute seule. Je n’ai pas demandé à M. Léludemoncoeur de m’accompagner – à peine l’ai-je consulté pour vérifier qu’il était d’accord avec le principe, qu’il me confirme “vas-y, fais-le!” – et je n’ai jamais songé à proposer à une amie de se joindre à moi. J’avais besoin de me retrouver moi, de ne faire aucun effort de socialisation – fût-ce pour approfondir les chouettes conversations que j’ai avec les personnes merveilleuses qui m’entourent. J’avais besoin de silence, de recueillement.

Je suis partie seule pour la première fois. Enfin, ce n’était pas la première fois que je me retrouvais seule à l’étranger, ça m’arrive même assez souvent au gré de mes déplacements professionnels. Mais c’était la première fois, je crois, que je choisissais – en toute conscience – de partir seule. Après des mois à avancer avec et pour les autres, il me fallait prendre soin de moi. Mon corps le réclamait de plus en plus et moi je m’étonnais juste de ne pas arriver à récupérer cette fatigue. Et aussi parfois cette mémoire qui se dérobait. Je te parlerais bien de cordonniers mal chaussés, ça te dirait à quel point parfois on s’aveugle. A quel point on peut être plein de sollicitude pour les autres et puis taire la petite voix.

Bref, le “franchement, So, tu devrais prendre du temps pour toi toute seule. Chépas, va faire une retraite de yoga quelque part!” a agi comme une étincelle. Conseil reçu le vendredi soir, voyage booké le dimanche après-midi. Moins d’un mois plus tard, je mettais le pied sur une île inconnue de moi, mais déjà beaucoup rêvée. Bali.

 

Je t’en reparlerai, parce que (évidemment) j’ai adoré mon séjour et que (évidemment) j’aspire à y retourner le plus vite possible. Mais là, j’avais envie de focaliser sur le fait de voyager seule. Bali est une destination idéale pour cela, car une fois respectées les règles élémentaires de prudence, le sentiment de sécurité est total.

Ce que j’ai apprécié en voyageant seule:

  • J’étais maîtresse de mon voyage: pas besoin de négocier pour savoir où on va manger cette fois, si j’avais envie d’aller manger toujours au même endroit, ben j’allais toujours au même endroit
  • Je pouvais me retrouver seule au monde: je me suis retrouvée face à la mer, absolument et totalement seule. Je me suis sentie minuscule et hyper puissante. Ca n’aurait pas eu la même saveur à plusieurs (même à deux).
  • Je pouvais prétendre ne pas comprendre les gens: c’est l’aspect le plus pratique ^^ Saluer des Français en anglais pour éviter de devoir entretenir la conversation, se taire pour ne pas donner d’indication sur son régime linguistique… c’est plus difficile à faire quand on est plusieurs 😉
  • je pouvais choisir quand sociabiliser: je n’ai pas cherché à me lier à qui que ce soit, parce que ce n’était pas le but de mon voyage, mais quand j’ai eu envie (rarement), j’ai pu nouer des conversations et passer un peu de temps à discuter.

 

Bref, à part un micro-vertige “Wait… je vais vraiment faire ça toute seule?!” dans le taxi vers l’aéroport, j’ai adoré chaque seconde de cette expérience.

Et toi? T’es déjà parti.e seul.e loin comme ça? T’as aimé?

About Author

Comments ( 3 )

  • Caro la vie en rose

    Ooooh, quelle bonne idée. J’ai fait cela une fois, mais avec un projet éditorial (resté en suspens :'( ) et non l’envie d’être seule avec moi-même. Il n’empêche que dans le petit logement loué dans un kibboutz non loin du Liban, j’étais effectivement fort seule… et c’était très plaisant !

  • Joli Tropisme Blog

    Le rêve ! C’est clairement quelque chose dont je rêve. C’est un peu plus compliqué avec deux enfants mais j’essaie déjà de faire des mini-breaks ou des citytrips seule.

Leave a Comment

[instagram-feed showbutton=false showfollow=false num=8 cols=8 imagepadding=0]