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Chronique radio #20 – Dépenser moins

Voici ma toute dernière chronique présentée à la radio, c’était le mardi 20. Toute dernière? L’avenir nous le dira, of course, mais je mets sur pause indéterminée pour cause de nouveau boulot.

J’ai adoré cette expérience jusqu’aux os. Je mesure l’énorme chance d’avoir pu travailler avec quelqu’un (Véronique Thyberghien) qui fait et donne confiance. Toutes mes propositions de sujets ont été accueillies avec la même bienveillance et le même enthousiasme, les textes acceptés avec la même confiance de chronique en chronique. Je suis super heureuse (et un peu honorée) d’avoir pu inaugurer cette séquence le 26 avril 2017, et d’être retournée, toutes les deux semaines, partager des trucs qui me tiennent à coeur. Ce n’est pas toujours un exercice facile parce qu’il y a, à la radio encore plus que sur le blog, la conscience de raconter des trucs perso et tout l’art consiste à se dévoiler sans se mettre à nu. J’ai toujours voulu, comme ici, partager mes réflexions, qui reflètent aussi mon évolution, et j’ai pu me rendre compte que ce n’est pas toujours évident (a priori, parce qu’en fait, les retours ont été positifs) de se lever – ou de s’assoir derrière un micro – pour dire à tous quelles sont nos convictions. Je suis cependant contente de l’avoir fait, et d’avoir pu voir qu’on n’en meurt clairement pas (du moins, ici).

Bref, voici ma vingtième chronique – c’est un beau chiffre, vingt -, qui est finalement un point final idéal, puisqu’elle développe un point de vue que j’ai souvent évoqué dans d’autres chroniques: consommer différemment et plus consciemment, avec points bonus pour le budget.

 

 

Faire des économies

V: La fin de l’émission est consacrée à la séquence Inspiration, avec aujourd’hui Sophie Lejoly, l’autrice du blog sofille.be. Aujourd’hui, vous nous proposez de faire la traque aux petites dépenses superflues…

S: Vous ne vous êtes jamais demandé, vous, où part tout votre argent? Et comment font ceux qui arrivent à épargner chaque mois? Moi, pendant longtemps, j’ai vécu un peu comme ça, dépensant jusqu’à arriver presque à zéro et puis utilisant la carte de crédit ensuite. J’épargnais de ci de là, en cas de rentrées d’argent exceptionnelles, puis j’ai fini par faire un ordre permanent de 50 euros. Byzance! Pourtant, je gagnais très correctement ma vie, hein! Mais je ne concevais pas comment épargner plus…

V: Il y a eu un déclic particulier?

S: Plusieurs, même, je dirais. D’abord l’envie d’acheter une maison. C’est un excellent incitant quand on ne peut pas compter sur des apports extérieurs. Soudain, bizarrement, on trouve comment épargner quelques centaines d’euros par mois! Bon, après, entre les frais et les envies de déco, on retrouve vite ses anciennes habitudes de consommation, mais il reste quand même, quelque part dans le cerveau, le souvenir que “yes, you can”.

L’autre déclic, parfois plus radical, c’est la diminution sensible de revenus, une situation qu’on est tous susceptibles de rencontrer dans sa vie, pour une période plus ou moins longue. Face à cela, il y a deux possibilités: soit affronter la réalité, et réduire ses dépenses en conséquence, soit garder le même train de vie et s’enfermer dans la ronde des crédits et des découverts (qui ne sont que des crédits avec un autre nom).

V: Ok, mais dans le cas d’une diminution de revenus, comme vous dites, on sort de l’hypothèse “épargne” pour simplement vivre…

S: C’est vrai, même s’il est parfois aussi possible de mettre de petites sommes de côté même quand on a un petit budget. Evidemment, ça ne se fait pas en un jour, surtout quand on a été habitué à consommer et à dépenser sans trop compter, mais il existe des outils et des techniques pour aider à maîtriser son budget.

V: Lesquels, par exemple?

S: un truc tout bête, mais qui, personnellement, me change la vie, c’est l’application smartphone de ma banque. Avoir quasiment en temps réel une idée de mes dépenses, savoir à tout moment où je me situe sur mon compte courant et mon compte épargne, j’avoue, je suis devenue accro. Alors qu’avant, j’allais jeter un oeil péniblement sur mon compte en banque une ou deux fois par mois, je le consulte désormais quotidiennement via l’app, et je sais exactement ce que je peux me permettre. C’est hyper rassérénant.

Toujours sur téléphone, il existe de nombreuses applications de gestion de budget à télécharger, la plupart gratuitement. C’est la version un peu “pimpée” du tableau excel. Pour ma part, après avoir lu les avis sur différents groupes Facebook, j’avais téléchargé Bankin’, qui permet en théorie de se connecter au compte en banque et donc d’injecter tout de suite revenus et dépenses dans l’application. Sauf que… bah cette fonctionnalité-là n’est pas disponible pour les banques belges, ce qui réduit quand même l’intérêt du machin. J’ai par contre téléchargé Daily Budget, dans lequel on introduit manuellement ses données (mensuelles, annuelles) et qui nous calcule le budget disponible par jour. On peut aussi y intégrer un objectif d’épargne (déduit, alors, du budget quotidien disponible), et l’argent qui n’a pas été dépensé sur une journée est reporté au lendemain. Je dois avouer que je ne suis pas encore assez méthodique pour pouvoir dire que ça fonctionne bien, mais je pense qu’il y a un bon potentiel…

V: Oui, parce que la clé, c’est l’assiduité, et le budget!

S: Oui, c’est la base: savoir où va l’argent, combien on dépense en nourriture et pour chaque poste de ses charges fixes, c’est le premier pas pour revenir à des bases saines, ou pour déceler où on va pouvoir économiser, et puis épargner. Ca peut prendre plusieurs mois pour y arriver, c’est normal: changer sa façon de voir les choses, et de consommer, ça ne se fait pas du jour au lendemain.

Et si on ne sait pas trop par où commencer, il existe – évidemment – des bouquins qui peuvent aider. Récemment, j’ai lu “J’arrête de surconsommer – 21 jours pour sauver la planète et mon compte en banque”. Après avoir établi notre profil de (sur)consommateur, le livre propose des pistes pour réduire ses dépenses dans plein de domaines de la vie. Ce qui est intéressant, c’est que cela se fait aussi dans le souci de réduire notre impact écologique, et ça, je dois bien dire que cela me parle…

V: Quels conseils est-ce que les auteurs donnent?

S: Les deux autrices conseillent par exemple de fonctionner essentiellement avec de l’argent liquide. Ca va à contrecourant de ce à quoi on assiste dans nos pays, mais c’est du bon sens: en payant avec du liquide, on voit littéralement l’argent sortir. Alors si on a du mal à se limiter à un certain budget pour les courses, elles proposent de faire des enveloppes avec du cash, et de n’utiliser que ce montant pour faire ses courses pendant la semaine. Certains de ceux qui suivent cette méthode arrivent à mettre chaque semaine de côté les quelques euros non-dépensés.

Elles conseillent aussi de faire une liste des menus de la semaine, pour éviter les achats tentation, et pour éviter aussi les craquages du style “pffff, rien dans le frigo, zéro inspiration, hop! On va au resto ou à la friterie!” Elles cuisinent même souvent leurs menus à l’avance, le week-end, par exemple, pour gagner du temps la semaine, éviter de gaspiller et s’assurer des repas équilibrés.

Evidemment, le zéro déchet pointe rapidement le bout de son nez, puisqu’il permet de réduire ses besoins, d’arrêter de dépenser son argent dans des objets jetables, et de réduire ses dépenses en privilégiant les objets réutilisés.

V: Est-ce qu’il y a d’autres postes sur lesquels on peut jouer?

S: Les factures d’énergie! Il y a quelques mois, nous avons reçu dans notre boîte-aux-lettres un petit courrier nous révélant l’existence de HomeGrade, une ASBL bruxelloise qui propose gratuitement une sorte d’audits énergétiques. Ils viennent visiter votre logement, regardent vos habitudes, examinent l’isolation, etc. Et puis rédigent un rapport qui contient plusieurs volets: les travaux prioritaires pour mieux isoler le logement, des conseils pour faire de petits gestes permettant de réduire la facture, et puis la liste de petits travaux qu’ils sont prêts à venir réaliser gratuitement aussi. Preuve que les cordonniers sont souvent mal chaussés, et les sensibles à la pollution parfois pas très à la page: il y avait une foule de petits gestes simples que nous ne faisions pas (encore). Utiliser des multiprises avec un interrupteur, pour éviter d’avoir des appareils en veille, fermer les rideaux ou les stores le soir pour éviter des déperditions de chaleur, ou encore programmer le thermostat pour ne pas chauffer inutilement le logement quand tout le monde dort… Oui, c’était à ce point-là!

Forte de leurs recommandations, j’ai aussi comparé les fournisseurs d’énergie pour voir si je pouvais trouver moins cher et plus vert. Pour cela, il y a un outil super, c’est le comparateur mis sur pied par Greenpeace, monelectriciteverte.be. Nous, ça nous a décidés à changer de fournisseur, et on va gagner 10 euros par mois. Sans compter que nos efforts pour réduire notre consommation vont finir par payer et se voir sur la facture. Je suis aussi impatiente qu’une gosse après sa lettre à Saint-Nicolas!

On peut aussi faire attention à sa consommation d’eau, en réduisant la fréquence des bains et même des douches (en se lavant à l’évier entre deux), en récupérant l’eau de début de douche (celle qu’on laisse couler le temps qu’elle se réchauffe) pour l’utiliser pour autre chose – arroser les plantes, comme alternative à la chasse d’eau -, utiliser les programmes éco de la machine à laver et du lave-vaisselle, etc.

Si on a un emprunt hypothécaire, on peut voir comment réduire les mensualités en profitant des taux bas pour le renégocier. Cinquante ou cent euros de gagnés chaque mois peuvent faire la différence.

On peut profiter de l’argent dégagé pour rembourser plus rapidement d’autres crédits contractés, ou pour renflouer un découvert (et puis dire à la banque qu’on n’en veut plus une fois qu’il a disparu).

On peut ensuite se mettre à épargner, un peu ou beaucoup chaque mois, pour un projet précis ou pour les imprévus de la vie, pour essayer de se passer totalement des crédits et de leurs taux prohibitifs.

V: Est-ce que ça marche?

S: Si j’en crois les près de 118.000 membres du groupe “gestion budgétaire, entraide et minimalisme”, fondé par les deux autrices du livre dont je vous parlais là tout de suite, oui, ça marche! Les licornes, comme elles se surnomment, reprennent visiblement en main leurs finances, arrivent à gérer l’argent qu’elles ont – même s’il y en a peu – et à vivre finalement plus zen et plus heureuses.

Moi, je suis encore un bébé licorne, pas très assidue à la tenue d’un budget, mais je vois déjà des effets positifs. Bon, je confesse une légère addiction à mon application bancaire – en fait, chaque fois que je vais faire un tour sur le groupe, j’éprouve le besoin pressant d’aller analyser mes comptes -, mais je mets consciemment plus de côté, et petit à petit j’adapte mes comportements pour réduire encore mes factures et mon empreinte écologique.

Chronique “Dépenser moins” – Emission Tendances 1ère avec Véronique Thyberghien – mardi 20 mars 2018

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