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Chronique radio #15 – Commencer le zéro déchet

Cette fois, je me permets une infidélité dans la publication chronologique de mes chroniques, parce que la quatorzième, celle que j’ai présentée juste avant Noël, a plus de sens un vendredi qu’un lundi – et commencer une démarche zéro déchet un lundi me semble naturel aussi ^^. Bref, voici la quinzième chronique, avant la quatorzième. Où l’on retrouve les bases du zéro déchet pour bien commencer l’année!

 

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V: Dans notre séquence Inspiration aujourd’hui, nous retrouvons Sophie Lejoly, l’autrice du blog sofille.be, pour parler de zéro déchet.

S: Et oui! Véronique! Je me suis dit que si les auditeurs manquaient d’inspiration pour leurs bonnes résolutions 2018 – pardon, appelons plutôt cela les envies de changement en 2018 -, je me suis dit, donc, que progresser doucement sur le chemin du zéro déchet serait une bonne suggestion.

V: D’autant que ce n’est plus du tout une pratique de niche…

S: tout à fait! Il y a deux ans, quand j’ai commencé à m’intéresser à la réduction des déchets, il y avait essentiellement un livre de référence – le livre de la franco-américaine Béa Johnson -, et quelques blogs qui distillaient de bons conseils. Aujourd’hui, les ressources se multiplient, on peut trouver pour se lancer toutes sortes de guides pratiques, et mêmes orientés “Belgique”, comme le livre de Sylvie Droulans, de Zérocarabistouille.

V: Et puis maintenant, il y a des communes, et les Régions, qui entrent dans le jeu!

S: Oui, même si ce n’est pas totalement nouveau. Je me souviens, il y a deux ans, avoir cherché sur internet des idées pour réduire mes déchets et avoir trouvé, ce faisant, un dépliant de Bruxelles Environnement, publié en 2014, reprenant 100 gestes pour consommer durablement. La commune de La Louvière a également été pionnière en aidant une série de familles à réduire la taille de leurs poubelles. C’était en 2015, je crois.

Mais oui, vous avez raison, les communes et les Régions commencent à s’y mettre sérieusement aussi pour encourager les citoyens à réduire leur production de déchets. En Wallonie, dix communes candidates ont été choisies pour “instaurer une dynamique “Zéro Déchet” en collaboration avec l’ensemble des acteurs (écoles, commerces, habitants, administration…) de leur territoire” (c’est pas moi qui le dis, c’est le site du ministre wallon de l’Environnement). Et à Bruxelles, l’année 2018 a été décrétée “année du zéro déchet”; il faudra donc s’attendre à des actions et des animations sur le thème, d’autant que les communes bruxelloises ont aussi développé des projets sur le sujet. Bref, en 2018, on va réduire les déchets!!

V: Super! Mais comment on commence?

S: Je sais que certains s’y mettent radicalement, en arrêtant du jour au lendemain de consommer des produits emballés et tout, mais moi, je suis plutôt adepte des petits pas: changer une habitude à la fois, et commencer par quelque chose de facile, qui ne “coûte” pas grand chose, en terme d’investissement psychologique. Ca peut être, tout simplement, de s’organiser pour avoir toujours un sac réutilisable avec soi – dans son sac, dans sa voiture – pour les moments où on doit passer de manière impromptue au magasin.

Ca peut être, aussi, de renoncer au sandwich emballé dans du papier ou du plastique pour lui préférer un lunch fait maison et stocké dans un contenant réutilisable.

Moi, j’avais commencé en troquant mon gel douche et mon shampoing pour un pain de savon et du shampoing solide.

L’important, c’est de prendre le temps de tester ce qui nous convient à nous, pour adopter les habitudes qui nous conviennent vraiment, histoire de ne pas s’épuiser et de ne pas se rendre malheureux.

V: Ca prend du temps?

S: on dit que pour installer une nouvelle habitude, cela prend trois semaines. Et selon moi, il faut même compter plus, parce qu’il y a la réflexion avant d’adopter cette habitude – “est-ce que ça me convient?”, “Est-ce que j’ai envie d’essayer?”. L’idée, ce n’est pas de se précipiter et d’engager d’éventuelles dépenses inutiles qu’on regrettera en abandonnant ce qu’on a voulu embrasser. Non! C’est de se poser et de se demander ce dont on a besoin et envie. Et cela, ça dépend de chacun. Certains trouveront très facile d’adopter une salle de bain zéro déchet, d’autres préféreront s’attaquer d’abord à la cuisine. Et même là, ça dépendra aussi de où on habite et de ce qu’on peut facilement changer sans totalement bouleverser son mode de vie.

V: D’autant qu’il y a différents “niveaux” dans le zéro déchet…

S: Oui! Certains font absolument tout eux-mêmes, de leurs produits de soin à toute la nourriture, d’autres essaient d’adapter le zéro déchet à leurs habitudes et à leur mode de vie speed, c’est une autre option tout aussi valable. Moi, je me souviens, quand j’ai commencé le zéro déchet, je ne prenais qu’un ou deux produits en vrac au magasin bio. D’abord parce qu’ils n’avaient qu’une gamme restreinte – elle s’est beaucoup beaucoup étoffée depuis – et puis parce que je n’avais qu’un sac à vrac que j’avais confectionné moi-même et que je n’étais pas prête à en acheter d’autres impulsivement. Il a fallu des semaines pour que je décide de m’équiper un peu mieux, et que je profite d’autres produits en vrac. J’étais prête, tout simplement.

V: Et quand on ne se sent pas prêt, justement, à investir et à s’investir comme ça?

S: Et bien! On peut “ne rien faire”! Alors attention, hein! Je ne veux pas dire de continuer exactement comme avant, non! Mais plutôt de réfléchir à sa consommation globale – de nourriture, de matériel, de vêtements – pour se demander si finalement tout est réellement nécessaire. Je rappelle que les deux premiers principes du zéro déchet, c’est de Refuser ce dont on n’a pas besoin, et de Réduire ce dont on a besoin. Avec ces deux principes de base, on peut déjà fameusement réduire sa consommation.

Si on préfère, on peut aussi utiliser la méthode BISOU, à appliquer chaque fois qu’on est sur le point de craquer pour cette mââââgnifique tenue ou cet appareil-qui-est-vraiment-trop-bien-que-je-ne-savais-même-pas-que-j’en-avais-besoin. En ai-je réellement Besoin? Dois-je vraiment l’acheter Immédiatement? N’ai-je déjà pas quelque chose de Semblable? Quelle est l’Origine de ce produit? Me sera-t-il Utile? Bref, une fois que le produit a passé tous ces filtres, on peut estimer que vraiment, vraiment, c’est un bon achat.

Et il y a enfin le défi “Quoi de neuf?” lancé par l’association Zéro Waste France, qui propose de ne rien acheter de neuf durant toute l’année 2018, que ce soit en vêtements, en livres, en meubles ou en appareils électroménagers. L’idée ici aussi, c’est de casser les automatismes de consommation et de faire réfléchir aux besoins réels.

V: Et si on n’y arrive pas? Ou pas tout de suite?

S: Eh bien ce n’est pas grave! Parce que ce qui est le plus important, mais pas le plus facile, c’est de faire preuve de bienveillance! Il n’est pas question de faire entrer le zéro déchet dans les habitudes par la force de l’engueulade et de la pression parce que sinon – scoop! – ça ne marchera pas.

Il faut faire preuve de bienveillance envers soi-même – on n’arrivera pas forcément à abandonner tout déchet tout de suite, et c’est pas grave – et envers les autres. Chez moi, par exemple, l’élu de mon coeur se définit comme “pratiquant mais non croyant” du zéro déchet, donc nous n’avons pas encore réduit nos déchets autant que je le voudrais. Mais à un moment j’ai respiré un grand coup, j’ai lâché du lest, j’ai reconnu les efforts qu’il fait déjà, et j’ai arrêté de m’épuiser aussi à vouloir trop faire, à prendre tout en charge pour que ce soit fait à MA mode. Le zéro déchet, ça doit améliorer la qualité de vie, sinon c’est pas la peine!

V: Un dernier conseil pour la route?

S: Oui! Surtout, ne flippez pas en voyant la quantité de déchets qui nous entoure. Quand on se lance dans le zéro déchet, on devient encore plus conscient que les déchets sont partout dans notre vie, dans notre consommation quotidienne. C’est vertigineux et effrayant. Mais les choses changent doucement: grâce aux changements de comportement, grâce donc à l’augmentation de la demande, il y a de plus en plus d’endroits où il est possible de faire ses courses en vrac et sans déchets. A Mons par exemple, un nouveau magasin de vrac, l’Alternative, ouvrira d’ici la fin du mois.

Alors qui sait? Continuons à consommer consciemment et peut-être que dans quelques années, c’est produire des déchets qui paraîtra complètement saugrenu!

 

Chronique “Commencer le Zéro déchet” – Emission “Tendances 1ère” avec Véronique Thyberghien – mercredi 10 janvier 2017

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Comments ( 4 )

  • Boutriau-Detremmerie Véronique

    Bonjour,
    Il me semble que tu as évoqué une fois 4R. Je n’en vois que 2 ici (refuser,réduire ). Peux-tu me rappeler les 2 autres ? Merci

    • Sophie

      En théorie, il y en a même 5:
      – Refuser (ce dont on n’a pas besoin)
      – Réduire (ce dont on a besoin)
      – Réutiliser (ce qui peut l’être)
      – Recycler
      – Rot (c’est-à-dire composter)

      Selon Béa Johnson, en suivant ces cinq étapes dans l’ordre, on parvient à réduire drastiquement ses déchets.

      • Boutriau-Detremmerie Véronique

        MERCI

  • Geneviève

    hello Sophie,

    Ah, le zéro déchet.¨
    Presque 2 ans maintenant .Pas toujours facile, mais bon.
    Pratiquement plus de PMC, poubelles réduites,visite au parc à conteneur…
    Mais encore plein d’anciens déchets qui sont planqués dans ma cave.
    Il faudra le temps.

    Par contre, il y a des déchets dont je ne suis pas responsable et qui polluent ma vie.
    -les crottes de chien qui m’obligent à marcher les yeux rivés sur le trottoir et me font prendre un poteau en pleine tronche.
    -les canettes qui jonchent les bords des champs quand je promène toutou. Impossible de les ramasser,il me faudrait une remorque.
    -les voisins qui font la java tard dans la nuit quand il fait beau.
    -les gens habillés en noir avec leurs écouteurs et les yeux rivés sur leur smartphone qui traversent une nationale sans regarder les voitures

    GRRRRRRRRRRRRRRRR

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