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Chronique radio #13 – Deux ans (presque) sans acheter de vêtements

J’ai accumulé un retard monstre dans la publication de mes chroniques ici, je m’en excuse platement… Voici donc le texte proposé le 6 décembre. Le bilan reste tout à fait actuel puisque je n’ai rien acheté depuis lors (ou presque, en fait, il faudra que j’en parle dans un autre billet 🙂 )

 

V: En cette fin d’émission, on retrouve la séquence “Inspiration”, et Sophie Lejoly, l’auteure du blog sofille.be. Aujourd’hui, vous nous proposez de faire un suivi de votre toute première chronique…

S: Mais oui! Rappelez-vous! En avril, en bonne blogueuse, je vous avais parlé chiffons, fringues, nippes, garde-robe et même “capsule wardrobe” et, surtout, diète shopping absolue pendant toute l’année 2016. Comme on arrive à la fin de l’année 2017, j’avais envie de refaire le bilan.

V: Mais ouiiiii! Votre fameux pantalon noir!

S: Ah ! Vous vous en souvenez! Le premier vêtement que j’achetais en un an et demi, ça reste un événement, n’est-ce pas?

V: Tout à fait! Est-ce que vous avez accéléré votre rythme de shopping? Est-ce que vous êtes revenue à vos anciennes habitudes?

S: Pas du tout! S’il y a bien une chose dont j’ai pris conscience en cette reprise raisonnée des achats de vêtement, c’est que je déteste le shopping, viscéralement. Je ne trouve plus aucun plaisir à cette activité. Après quinze ans de pratique, c’est pas mal, n’est-ce pas, cette prise de conscience? Mieux vaut tard que jamais!

C’est même au point que, même quand quelque chose m’intéresse, je repousse au maximum le moment d’aller en magasin. Du coup, quand je me décide… beh souvent le truc que j’avais repéré est parti.

V: super technique, ça, pour ne rien acheter!

S: Exactement! Parce que quand vous avez passé un temps dingue à définir ce dont vous avez besoin, dans quelle matière, dans quelle couleur, pour aller avec quoi, ben si l’objet convoité n’existe plus, pas question de se rabattre sur un ersatz, fût-il de bonne qualité.

V: Lorsqu’on en avait parlé en avril, vous m’aviez dit que vous vous étiez en fait rendu compte que vous n’aviez besoin de rien. C’était toujours le cas ici?

S: Non, malheureusement. De un parce que j’avais déjà identifié certains besoins pendant mon année sans shopping – je pense à des sandales – sauf que j’avais choisi de ne pas les satisfaire tout de suite.

De deux parce qu’on aurait dit que mes vêtements ont compris que l’année sans shopping était terminée: plusieurs d’entre eux ont commencer à me lâcher, à craquer, littéralement. Et ça, quand on a une garde-robe restreinte, ça crée très vite des besoins, si on veut éviter de se balader les fesses à l’air. D’autant que le fond de l’air est frais, en cette saison…

V: C’est pas faux! Donc vous avez appliqué le principe de un vêtement qui entre, un vêtement qui sort, c’est ça?

S: oui, voilà, ou plutôt: un vêtement qui craque, un vêtement qui entre. J’ai comme cela remplacé deux paires de chaussures, un t-shirt et un pantalon. Ca n’a pas été super facile, je dois bien l’avouer.

V: A quel point de vue?

S: Ben déjà, je ne suis pas encore très habituée à fréquenter les magasins de seconde main et, pour quelqu’un qui n’aime pas le shopping, c’est un peu la torture suprême. Parce qu’il faut aller d’un magasin à l’autre, fouiller dans les vêtements proposés à la recherche de la pièce dont on a besoin, essayer ce qu’on a repéré avec le risque que ça soit trop petit ou trop grand… et donc répéter l’opération.

V: Ah oui, évidemment, si on n’aime pas ce passe-temps, c’est galère. Est-ce que vous avez quand même des endroits à recommander?

S: Oui! Bon, on connait tous les magasins Oxfam et les Petits Riens, qui permettent de financer des projets sociaux et de développement tout en s’offrant des vêtements à prix réduits. Mais il y a d’autres initiatives. Cette année, j’ai découvert Pool, des ventes ponctuelles de jolis vêtements de seconde main. Marine, la fondatrice de Pool, récupère des vêtements qui recherchent un.e nouveau.elle propriétaire, les retape si nécessaire, enlève toutes les étiquettes de marque pour ne laisser que les informations concernant la composition et les instructions de lavage. Comme ça, on se laisse séduire par le vêtement, et pas par la marque. Les ventes sont organisées régulièrement – il n’y en a plus de prévue cette année – et souvent sur des thèmes spécifiques.

Sinon, pour s’offrir des vêtements de marque à un prix plus raisonnable, il y a les Enfants d’Edouard, à l’avenue Louise. Très pratique, par exemple, pour trouver une jolie tenue pour une occasion spéciale, si on n’a pas la possibilité de louer.

V: Vous avez listé d’autres difficultés?

S: Eh oui! Quand on refuse de se ruer dans des grandes chaînes, et qu’on commence à se pencher un minimum sur la fabrication de ce qu’on va se mettre sur le dos, pour s’assurer que ce soit fait selon des standards éthiques et qualitatifs élevés, on est confronté à plusieurs questions. Où mon vêtement est-il produit? Avec quelle matière? Dans quelles conditions cette matière a-t-elle été produite? Qu’adviendra-t-il de mon vêtement une fois qu’il ne sera plus mettable? Ai-je des alternatives? Vous comprenez, maintenant, que ça prenne du temps pour remplacer la moindre pièce? 😉

Petit à petit, je trouve mes marques, dans tous les sens du terme: je trouve mes repères dans les différentes offres, et mes marques préférées, celles dont je sais qu’elles traitent leurs sous-traitants avec respect et qu’elles ont une politique intéressante.

La bonne nouvelle, c’est qu’il y a de plus en plus de marques éthiques, soucieuses de l’environnement et des conditions de travail des personnes qui fabriquent les vêtements ou les chaussures.

Tenez, par exemple, les fameuses sandales que j’ai achetées cet été: eh bien elles viennent d’une marque belge, Raramuri, qui utilise du cuir recyclé et qui reverse une partie de ses bénéfices à des programmes d’éducation des filles en Amérique du sud. Les sandales sont fabriquées au Portugal, et cerise sur le gâteau, elles sont multiformes et multicouleurs, c’est-à-dire qu’on a la semelle, et des rubans de couleur qu’on peut nouer de manière différente en fonction de son imagination.

A Bruxelles, je citerai également le magasin Shapes, qui propose des chaussures “made in Europe”, ce qui donne donc en tout cas l’assurance que cela donne du travail à des presque concitoyens.

En matière de jean’s, j’ai découvert la marque néerlandaise MudJean’s qui propose soit de louer un jean’s – décidément… – soit de renvoyer sa paire quand elle est usée, moyennant un bon d’achat à valoir sur le suivant, pour les recycler et réutiliser la fibre pour créer de nouveaux pantalons. Il est également possible d’acheter un jean’s en seconde main et de le customiser. J’aime beaucoup ce souci de ne pas laisser de déchets!

Enfin j’ai envie de citer la marque liégeoise Made&More, dont la fondatrice est déjà intervenue dans l’émission, je crois.

Ce qui est bien avec ces marques, c’est qu’on les trouve en ligne.

V: Ah! Mais ça évite la corvée du shopping, ça, en plus!

S: Oui, c’est vrai, et ce n’est pas négligeable. Le côté moins cool, c’est que souvent taille varie et bien fol qui s’y fie. En clair, une taille M d’une marque ne vaut pas forcément la même chose que chez le voisin, et entre les envois, les essayages, les retours, les renvois et les réessayages, on  en arrive vite à mobiliser beaucoup de moyens logistiques, ce qui n’est pas idéal non plus.

Vous voyez, en matière d’achats responsables, je n’ai pas encore trouvé LA réponse. Mais par contre, je sais une chose: je ne regrette absolument pas d’avoir stoppé cette frénésie de shopping, et d’achopper un peu en testant de nouvelles habitudes.

D’ailleurs, on va bientôt commencer une nouvelle année, alors je sais que les bonnes résolutions c’est nul mais si on pouvait tous se dire qu’on va réfléchir un peu avant d’acheter des vêtements, en 2018, notre porte-monnaie, le monde et ses habitants ne s’en porteraient pas plus mal.

 

Chronique “Deux ans (presque) sans acheter de vêtements – Emission “Tendances 1ère” avec Véronique Thyberghien – mercredi 6 décembre 2017

 

(illustration: mes fidèles vêtements qui me suivent depuis plus de deux ans <3 )

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