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Chronique radio #12 – Un Noël zéro déchet

Comment éviter que les fêtes de fin d’année se transforment en montagne de déchets? C’était le but de ma chronique du 22 novembre dernier. Même si on ne chamboule pas toutes ses habitudes noëlesques, il est possible d’injecter de petites doses de déconsommation, de ralentir le rythme et de baisser la pression. D’ici quelques jours, je referai un billet sur les cadeaux zéro déchet.

 

Noël Zéro déchet

V: Nous arrivons tout doucement à la fin de l’émission. C’est donc l’heure de retrouver Sophie Lejoly, l’auteure du blog sofille.be. Alors vous, Sophie, vous nous emmenez dans quelque chose de tout à fait différent…

S: (air de Noël, si possible par Michael Bublé) Non, on ne va pas parler Plaisirs d’hiver, ou neige, ou crooners sexy à la voix suave et envoutante (d’ailleurs, crooner sexy, c’est pas un pléonasme?). Aujourd’hui, on va parler… préparatifs de Noël!

V: Quoi? Noël? Mais attendez, c’est dans un mois!

S: Raison de plus! Parce que le Noël dont je vais vous parler, il est assez peu compatible avec l’urgence et la dernière minute. Parce que je vous propose de préparer un Noël zéro déchet, ou en tout cas avec le moins de déchets possible.

V: C’est vrai que ça produit des déchets, quand on y pense: tous ces emballages cadeaux et l’abondance de nourriture…

S: oui, mais ça commence même en amont. Fermez les yeux un moment et essayez de vous rappeler ce que vous avez reçu – et aussi ce que vous avez offert – l’an dernier. Il est probable que vous visualisiez un monceau d’objets… dont vous ne vous servez peut-être déjà plus. Moi-même – je ne vais pas le dire trop fort parce qu’on est à la radio et que tout le monde peut entendre -, j’ai reçu des trucs dont je n’avais pas besoin. La meilleure preuve, c’est que certaines de ces objets ont déjà été donnés depuis. Je me souviens m’être couchée après le réveillon en ayant un peu la nausée, pas uniquement parce que j’avais beaucoup mangé, mais surtout à cause de la débauche de cadeaux.

Or, le zéro déchet, c’est d’abord refuser ce dont on n’a pas besoin, puis réduire ce dont on a besoin. Un Noël classique où on offre pléthore de présents, ça ne colle donc pas très bien dans ce tableau.

V: Est-ce qu’il y a un remède à cette frénésie?

S: Oui, heureusement. Déjà, on peut fonctionner avec des wishlists, des listes de souhaits. Ca, c’est un truc que les blogueuses adorent! Mais ça devrait devenir un réflexe pour les wannabe zéro déchet!

Le principe de la wishlist, c’est d’écrire – sur un morceau de papier, sur l’ordinateur ou dans un coin de sa tête – les objets ou expériences dont on a envie et de transmettre cette liste aux personnes intéressées. C’est un peu le principe de la lettre à Saint-Nicolas qu’on prolongerait une fois adulte, quoi.

V: Est-ce que ça ne manque quand même pas un peu de romantisme?

S: Ca peut donner l’impression d’une certaine prévisibilité, en tout cas, et c’est vrai que l’effet de surprise est important aussi quand on offre ou qu’on reçoit un cadeau. Mais j’ai plusieurs arguments à y opposer: déjà, si la liste est plus longue que le nombre de personnes à qui on la transmet, il y aura la surprise de voir ce qu’elles ont choisi d’offrir. Ensuite, est-ce qu’il ne vaut pas mieux offrir quelque chose dont on sait que cela fera plaisir ou sera utile à la personne que l’on veut gâter, plutôt que de “taper à pouf” et de risquer de tomber complètement à côté?

Si on veut injecter une dose de surprise, on peut aussi pratiquer le système de la cacahuète. Vous voyez? Ce truc de scout où on pêche le nom de quelqu’un à qui on offrira un cadeau. Dans ma famille, c’est le système qu’on a choisi, parce qu’on est beaucoup et que le budget cadeaux commençait fameusement à exploser. Tout l’art évidemment est de tenir sa cacahuète secrète jusqu’au jour J, quitte à l’envoyer sur une fausse piste. Ca, ça fait une bonne surprise de Noël!

V: Est-ce que c’est pas un peu fastidieux à organiser?

S: Vous pensez à ce tirage au sort qui se déroule bien jusqu’à ce que la dernière personne pioche son propre nom au fond du chapeau? Eh Bien! La technologie est là pour nous aider! Il existe des sites internet qui effectuent le tirage au sort, permettent de faire des exclusions (par exemple pour que les couples ne se pêchent pas ou pour ne pas piocher la même personne que l’année précédente). Le site que j’utilise s’appelle drawnames.com et c’est super pratique!

V: le fait de se concentrer sur une seule personne, ça réduit le budget, aussi, comme vous disiez…

S: mais oui! Le budget moyen des Belges pour Noël s’élève à près de 600 euros. C’est énorme! Et quand on sait que dès le lendemain, les sites de seconde main déborderont des cadeaux inadéquats, c’est encore plus vertigineux.

V: Alors, que faire?

S: On peut privilégier la seconde main. Je sais que c’est un cap psychologique que certains n’osent pas franchir, mais sérieusement, il y a moyen de trouver des trucs géniaux, en très bon état, qui n’auront pas à rougir à côté des autres cadeaux sous le sapin (même si du rouge, à Noël, c’est joli, enfin bref!)

On peut aussi faire soi-même. L’an dernier, par exemple, j’ai fait du limoncello maison, pour qu’il soit prêt à offrir à Noël. J’aime beaucoup ce genre de cadeau parce qu’ils montrent qu’on y a mis du coeur et de l’intention. On peut aussi utiliser des matériaux de récup’ et créer des cadeaux sur mesure.

Et puis enfin, on peut offrir des expériences, qu’elles soient payantes ou gratuites. Offrir son temps pour faire des activités à deux (ou à plus), c’est finalement faire don de quelque chose de très précieux…

 

 

V: Et ça ouvre la voie à plein de possibilités!

S: Oui! Je connais une famille où on a interdiction de dépenser des sous pour les cadeaux de Noël. Chacun fabrique donc, ou imagine, ses cadeaux, si nécessaire avec l’aide des autres. Si le fait d’offrir des cadeaux est une marque de considération, il n’y a rien qui crie autant “je tiens à toi” qu’un cadeau homemade.

V: Bon, une fois qu’on a les cadeaux, il faut les emballer, quand même… Ca aussi, ça produit des déchets…

S: c’est vrai, mais il y a moyen de limiter la casse! Par exemple, dans l’esprit récup’, on peut détourner du papier de son utilisation d’origine. Emballer ses cadeaux dans du papier journal, ça donne très très bien! Avec un noeud en tissu qu’on récupère après et, pourquoi pas, une petite branche de sapin, ça fait des paquets cadeaux sympas et presque zéro déchet. Plus inattendu, on peut aussi récupérer les rouleaux de papier toilette pour emballer des petits cadeaux. Ca donne très bien, et là aussi on peut customiser.

Le top, cependant, c’est d’emballer les cadeaux dans du tissu avec la technique du furoshiki, un art japonais de l’emballage. Pour le tissu, on peut soit choisir un foulard qu’on offre à la personne en même temps – deux cadeaux en un – ou bien utiliser des chutes de tissu ou récupérer un vieux vêtement qu’on aime bien mais qui n’est plus mettable. Ensuite, il suffit d’aller taper “furoshiki” sur internet pour trouver des tutos, soit photo soit vidéo, montrant comment emballer au mieux en fonction du type d’objet. On peut presque faire des oeuvres d’art, avec un peu de pratique. L’avantage, c’est qu’il n’y a pas du tout de déchets puisque soit on a offert un foulard, soit on récupère le tissu pour la fois suivante!

V: Oh! C’est une bonne idée, ça!! Dites, est-ce qu’il y a d’autres aspects des fêtes de fin d’année qui peuvent passer à la loupe “zéro déchet”?

S: A peu près tous! Du choix du sapin au menu servi durant le réveillon et le jour de Noël, en passant par les tenues qu’on portera, tout peut être revu et réévalué.

On peut choisir de créer un sapin de noël en matériaux de récup – Pinterest, par exemple, regorge de tutos et d’inspiration -, ou de décorer une plante qu’on a déjà – peut-être que la nouvelle tendance sera le yucca de Noël, qui sait? – ou de prendre un vrai sapin – si on a trop mal au coeur de bouleverser à fond les habitudes – qu’on décorera avec des boules et des guirlandes faites maison. Là aussi, internet est une mine d’inspiration.

Pour les tenues, on peut penser à la location: un noeud pap’ rigolo, une jolie robe, un ensemble sympa pour les enfants. Plutôt que d’acheter, voir s’il n’est pas possible de louer. Ou repartir au fond de sa garde-robe à la recherche de la perle oubliée.

Pour le menu, on peut se demander s’il est nécessaire de faire autant que les autres années, et de rester en cuisine pendant une bonne partie de la soirée.

Parce que l’important, finalement, dans les fêtes de fin d’année, c’est surtout de se retrouver, de passer du temps de qualité ensemble, de rire et de se créer des souvenirs. Ce qui, avouons-le, n’est pas super aisé quand on court dans tous les sens pour choper le dernier cadeau, faire un repas de malade et s’assurer que tout soit meilleur que l’année précédente.

Se faire des fêtes plus cool, plus cosy, et au moins aussi conviviales, c’est ptêtre ça, le vrai cadeau de Noël!

 

Chronique “Noël zéro déchet” – émission Tendances 1ère avec Véronique Thyberghien – mercredi 22 novembre 2017

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