Chronique radio #6 - L'évasion sans partir loin

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Youpie! C'est le retour des chroniques radio! Tu commences à connaître le principe: je passe à la radio (en général) un mercredi sur deux, et puis je dépose ici le texte et le son de ma chronique. C'est reparti jusque fin décembre (au moins ^^) et je suis à la fois exaltée - parce que j'adore cet exercice - et un peu... effrayée. Toujours cette satanée peur de ne pas avoir d'inspiration et de lasser, aussi #histoiredemavie Si tu suis un peu ce blog d'habitude, le thème et le contenu de cette chronique de rentrée ne te surprendra pas: ça fait écho à des trucs que j'ai déjà écrits ici. La cohérence, tout ça... ;-) Je ne vais pas faire cette introduction plus longue qu'elle ne devrait (elle l'est déjà vachement beaucoup, donc tout simplement: enjoy et à la semaine prochaine sur les ondes!

L’évasion

 

V: En cette semaine de rentrée, nous retrouvons Sophie Lejoly, l’auteure du blog sofille.be. Vous avez passé de bonnes vacances, Sophie?

 

S: Honnêtement, je ne suis pas fâchée de voir se terminer ce mois d’août où tout le monde semblait parti en vacances, sauf moi: les collègues qui rentrent tout bronzés (non, je ne suis pas jalouse du tout!), les blogueuses qui postent des paysages de rêve sur Instagram (toujours pas jalouse, non, c’est gentil de demander), les commerçants qui ont baissé le volet pendant un mois… Rester à Bruxelles, ça demande presque un mental d’acier!

 

V: Vous n’êtes pas du tout partie?

 

S: Si, quand même un peu: je me suis accordé deux respirations parisiennes, deux fois un week-end à retrouver mes endroits préférés dans la Ville Lumière, et à m’en créer de nouveaux. On pourrait se dire qu’il n’y a pas grand chose de dépaysant à quitter une capitale pour en rejoindre une autre, plus grande et où on parle aussi français. Mais rien n’est moins vrai…

 

V: C’est quoi qui dépayse, alors?

 

S: Déjà, on peut partir à la chasse aux serveurs désagréables. On n’arrête pas de dire que Paris détient la palme en la matière, mais j’ai beau y tester consciencieusement cafés et restos – et croyez-moi, je m’applique! –, je n’arrive pas à confirmer cette affirmation. Pour un serveur désagréable, il y en a dix qui se plient en quatre pour que tout se passe bien.

 

V: C’est quoi, alors, vos petits plaisirs parisiens?

 

S: C’est simple, je pense à mes joies quotidiennes et tout alors va très bien. Oups! Pardon, je m’égare! Prendre un thé et un croissant en terrasse le matin en regardant le quartier s’éveiller doucement, arpenter les mêmes rues d’une fois à l’autre et noter les changements – ou retrouver les bons spots avec plaisir –, se poser au bord de l’eau au Canal Saint-Martin et regarder les bateaux passer l’écluse, écumer les librairies qui vendent des livres d’occasion – j’avoue que cet été, je me suis sans doute un peu laissé emporter –, s’installer douillettement aux Jardins du Luxembourg et observer les promeneurs déambuler, passer son dimanche sur les pelouses du Parc des Buttes Chaumont pour regarder les joggeurs et puis lire une partie du butin littéraire accumulé – Vernon Subutex, de Virginie Despentes, par exemple, qui se déroule en partie là, au parc –, profiter des (nombreuses) happyhours dans les différents quartiers, bref, des bonheurs assez simples. Et puis, pour les jours où la météo est plus tristounette, il y a les expos et les musées.

 

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V: Et c’est vrai que des musées, à Paris, il y en a pour tous les goûts…

 

S: Mais oui! Moi, je vais vous parler un peu de deux expositions en particulier, parce qu’elles durent encore quelques mois, ça laisse donc l’occasion de s’organiser une petite virée.

Je suis d’abord allée voir l’exposition sur Christian Dior, au Musée des Arts décoratifs. Elle retrace toute l’évolution de la maison Dior, de la naissance de son fondateur à la toute dernière collection. Beaucoup de superlatifs ont déjà été utilisés pour décrire cette exposition, et c’est vrai qu’elle est magistrale: elle est remplie de croquis, de mini-silhouettes, de robes mythiques, et d’explications évidemment.

Ca peut paraître bizarre, à première vue, qu’on consacre une exposition à un créateur de mode – ou plutôt, ici, à tous les créateurs qui sont passés par cette Maison –, mais si on y regarde d’un peu plus près, c’est super logique: déjà, les pièces sont de véritables oeuvres d’art en tant que telles (il faut voir la précision du travail, et les effets des matières et des coupes), mais en plus, les créateurs s’inspirent souvent de l’art dans leurs modèles. Il n’y a qu’à se rappeler les robes Mondrian d’Yves Saint-Laurent. Chez Dior, Monsieur Dior himself a pioché chez Braque ou Picasso pour composer ses premières robes, Marc Bohan va chercher chez Jackson Pollock, John Galliano revient à Picasso, et Raf Simons, le Belge qui a dirigé la Maison entre 2012 et 2016, a collaboré avec l’artiste américain Sterling Ruby pour créer certaines pièces.

Je ne vais pas être beaucoup plus dithyrambique, ça deviendrait indécent, et je conclurai en disant que cette expo vaut vraiment la peine, pour son côté hyper complet et sa muséographie, absolument splendide.

Et je précise qu’il n’y a rien de contradictoire avec un défi “zéro shopping”, parce que c’est un peu comme être au régime mais regarder la carte d’un restaurant étoilé: on peut rêver sans forcément consommer.

 

V: et on peut la voir jusque quand, cette exposition Dior?

 

S: jusqu’au 7 janvier 2018, et ça coûte 11 euros en prix plein, ce qui, pour la qualité de ce qui est proposé, est tout à fait raisonnable. Il faut compter environ deux heures de visite, voire un peu plus si on se laisse envoûter, ou si on n’est pas trop pressé par la foule, le seul point négatif quand j’y suis allée.

 

V: Vous parliez d’une seconde exposition?

 

S: Oui! Une expo à faire entre enfants, petits et grands! Je ne sais pas si vous aimez le street art? Vous avez déjà vu ces oeuvres pixélisées en levant la tête en rue, un peu partout dans le monde – et aussi à Bruxelles, youhou!? Des personnages de jeux vidéos, ou de dessins animés, réalisés avec des carreaux de carrelage. C’est l’oeuvre d’Invader, un street artiste français, qui a déjà installé plus de 3.500 oeuvres dans 74 villes.

Le Musée en Herbe, dans le 1er arrondissement, lui consacre une exposition assez courte mais très interactive, avec des jeux vidéo vintage – genre Pacman, Space Invaders ou Pong -, un petit carnet avec des jeux, et un “mur de pixels” où chacun peut créer son propre space invader. J’aime autant vous dire qu’avec mes talents artistiques, mon oeuvre n’était pas piquée des hannetons...

 

V: On peut admirer cela où?

 

S: Si vraiment vous avez envie de vous faire une fracture de la rétine, vous pouvez aller jeter un oeil – mais pas les deux, gardez-en un en bonne santé! – sur mon compte instagram. Sinon, peut-être que sidérés par tant de génie créatif, visiteurs et travailleurs du musée ont laissé mon oeuvre au mur en attendant que le maître s’en saisisse et le reproduise sur un mur à Tokyo ou à New York. Mais je ne sais pas pourquoi, j’en doute...

 

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Tadaaaaaa!

 

V: Et ça se paie cher?

 

S: ils ont peut-être doublé le prix d’entrée depuis mon passage, mais sinon, c’était six euros pour les adultes. Pour les enfants, ça varie en fonction de l’âge et des activités proposées.

 

V: on peut y aller jusque quand?

 

S: l’exposition a été prolongée et est disponible là aussi jusqu’au 7 janvier 2018. Vraiment, c’est un bon plan familial, où les parents et les enfants peuvent tout à fait s’amuser.

 

V: C’est bon à savoir, ça! Bon, et quand vous n’étiez pas à Paris, vous avez fait quoi?

 

S: Parfois, on peut me trouver dans des parcs! (Eh oui, comme à Paris!) Fin juillet, j’ai participé à un événement promouvant le zéro déchet, à la Guinguette du parc de Forest. Et c’est vrai que les parcs bruxellois sont parfois des mines d’or pour les citadins qui ne partent pas en vacances. Le parc Josaphat, à Schaerbeek, par exemple, a accueilli durant tout l’été, et encore jusqu’à début septembre, des activités pour petits et grands: ateliers lecture, fêtes, cours de danse ou de yoga, sans compter les apéros du vendredi soir, il y en a pour tous les goûts.

Et si vous êtes disponibles ce midi, cet après-midi,  il y a, au parc de l’abbaye de Forest, un picnic d’un genre un peu particulier. C’est un picnic zéro déchet, chacun vient avec de la nourriture générant le moins de déchets possible. C’est organisé par une youtubeuse française, Laetitia de la chaîne Le Corps La Maison L’Esprit, qui fait une “tournée de picnics” à travers la France, le Luxembourg, la Suisse et la Belgique. C’est bon enfant, il y a des ateliers et des concours, bref, c’est un bon moment en perspective. Moi, j’y vais après l’émission. On s’y retrouve, Véronique? ;-)

 


podcast

Chronique "L'Evasion" - Tendances 1ere avec Véronique Thyberghien - le 23 août 2017

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