Le zéro déchet et l'anticipation

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Je crois te l'avoir déjà dit, mais ça ne fait jamais de tort de retaper sur le clou: la clé, pour réussir le zéro déchet dans la cuisine, c'est l'anticipation. Prévoir un minimum ce que tu comptes manger durant la semaine, pour faire tes courses en conséquence, de préférence chez des producteurs locaux ou des petits commerçants. Moi, j'ai trouvé mon équilibre en allant le samedi au marché et chez le boucher et en semaine au magasin bio, si nécessaire, pour compléter en fruits et légumes et en produits en vrac.

Sauf que l'équilibre, par définition presque, il peut être perturbé et que le fragile édifice patiemment construit au fil des semaines peut être remis en question. Oui, rien que ça. Il se fait que j'avais anticipé... que la semaine dernière* serait "difficile" car pas de possibilité de passer au marché le samedi matin, et accès restreint au magasin bio (le genre d'accès restreint qu'en fait t'es obligée de te taper une demi-heure de transports en commun pour y aller <- vaut mieux avoir une vraie bonne raison).

 

Bref, en "sautant" le marché du samedi, je me privais de trucs pour mettre sur mon pain (le jambon de Parme, grand classique à la maison), de poisson frais, de lait en vrac, d'oeufs bio en vrac aussi. Et en faisant une croix sur le magasin bio, c'est le café en vrac qui part en fumée (si j'ose dire), potentiellement des féculents, un rab' de fromage et certains fruits et légumes qui nous passent sous le nez.

 

Alors pour te donner une idée de ce que donne une semaine sans anticipation, voici un déroulé assez réaliste:

 

- Dimanche après-midi: on rentre d'un week-end plein de fête (on a fêté mon anniversaire et - surtout - le mariage civil de Massoeur n°4), j'ouvre le frigo et là... descente en piqué. Il ne reste plus grand chose, mais on fera avec ça: ce sera brochettes de la semaine dernière (à l'odeur, elles semblent toujours correctes), tomates et pain.

 

- Lundi: ravitaillement obligatoire à la boucherie pour quand même avoir de quoi accommoder le pain en mode zéro déchet, et à l'épicerie du coin pour une brique de lait. Le soir on se fait une salade de pâtes aux artichauts marinés (bocal en verre), à la bresaola de la semaine dernière (notre système immunitaire est en béton armé) et au vieux parmesan. Hashtag glamour hashtag vend du rêve.

 

- Mardi: plus besoin de s'inquiéter de ce qu'on va mettre sur le pain, et puis pour le soir, on arrive à soustraire un morceau de steak à nos chats (ouais, chez nous, les chats mangent du steak et les humains... beh ils mangent ce qui reste) pour en faire du steak tartare (cornichons, câpres, parmesan, bresaola, oignons frits) avec des frites-pas-totalement-zéro-déchet (puisque venant de la friterie et emballées dans du papier).

 

- Mercredi: ici l'angoisse commence. Vers 17h30, je me tourne vers M. Léludemoncoeur pour demander "oui, mais qu'est-ce qu'on mange ce soir??". Zéro inspiration, mais une certitude: impossible de ramener des déchets non-recyclables du magasin. On finit par tomber d'accord (enfin, surtout moi) sur une soupe tomates-pois chiches qui ne requerra "que" des tomates en conserve (un jour je te raconterai mes conserves de tomates qui m'ont brisé le coeur) et des pois chiches en bocal. Et du lait de coco en conserve, aussi.

 

- Jeudi: le reste de la soupe fait mon délice le midi, avec les restes de baguette de la veille, passés au four avec des tranches de camembert (explosion du compteur de calories dans 3... 2... 1...); et pour le soir... sauvée par le resto! J'avais planifié un resto avec deux amies jubilaires début juin. M. Léludemoncoeur mange... euh, mange. Sans déchets, je crois ^^

 

- Vendredi: le retour de l'interrogation "mais qu'allons-nous manger ce soir???". Pénible, si pénible... et uniquement due au fait que nous ayons mal planifié/anticipé. Résultat, nous finirons, affamés comme jamais, dans une pizzeria du quartier (avec jardin!!) à 18h30.

 

- Samedi: BIM! Sauvés par le gong marché! On fait le plein de lait en vrac (youhouuuu!), de produits italiens, de légumes, de fleurs (non, ça ne se mange pas, mais oui, ça fait plaisir ^^) et d'un peu de viande.

 

Sauf que dimanche, je suis partie pour quelques jours loin de chez moi, et vers un mode de vie où il n'est pas toujours simple de ne pas générer de déchets... Tout était à recommencer!

Dans ces cas-là qu'est-ce qu'on fait? On respire et on reste bienveillant! (en focalisant sur chaque petit geste qu'on pose où on ne produit pas de déchets)

 

Et toi? T'arrives à anticiper? C'est quoi ta "routine courses"?

 

* disclaimer: ce billet a commencé à être écrit il y a une grosse semaine et j'avais la flemme de chercher une autre formule que "la semaine dernière". Bref, sache que je te parle de la semaine avec le lundi de Pentecôte dedans.

Commentaires

  • Jolie performance! J'avoue que dans ces situations, notre production de déchets augmente méchamment. En général j'en profite pour vider congélo et placard. C'est fou ce qu'on peut faire avec du pain sec et des conserves! Parlant de conserves tu a vu ONPC et l'intervieuw de J.-B. Mallet... ça fait vraiment peur. Et ça me fait dire que le choix qu'on nous propose au supermarché est un leurre car finalement on a la même m... partout.

    Sinon mon truc ultime c'est la SIMPLIFICATION : pain perdu, soupe, pâtes au pesto.... vive les recettes avec 2-3 ingrédients!

  • Completement d'accord que le zero dechet demande pas mal d'anticipation et il y a des semaines avec et des semaines sans ou je fais le max mais c'est pas top non plus :)

  • Ton article m'a énormément fait rire et je me suis retrouvée dans de nombreux passage ! Je suis bien d'accord avec toi, sans un minimum d'anticipation le zéro déchet devient vite très compliqué !
    J'espère que cette semaine s'annonce mieux ;)
    Bisous
    Pêche

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