Chronique radio #3 - Respirer

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Comme je l'avais fait pour les deux premières, voici le texte et le son de ma troisième chronique dans l'émission Tendances 1ère de Véronique Thyberghien. J'étais un peu nerveuse avant de proposer cette chronique, pas parce qu'elle ne me ressemble pas, mais au contraire, parce qu'elle est assez intime. Mais je l'aime, parce qu'elle ressemble clairement à mes billets blog, et que c'est tout à fait, absolument moi. Mon passage date du 24 mai, le mercredi avant l'Ascension, mais grâce à tous les longs week-ends de ces temps-ci, elle garde son actualité à la veille du week-end de Pentecôte. Elle est pas belle la vie? (si!)

 

V : C’est l’heure de retrouver la chronique des blogueurs, et Sophie Lejoly, l’auteure du blog sofille.be !

S : Aujourd’hui, Véronique, j’ai envie de vous poser une question : est-ce que vous vous souvenez de la dernière fois que vous avez respiré ? Vous ne vous en souvenez pas vraiment ? En même temps, c’est normal, c’est tellement instinctif… On a tous commencé un peu dans la douleur à la naissance, et sauf accident de vie, on n’a plus arrêté depuis. Inspirer, expirer, jour après jour, année après année. Sans vraiment faire attention.

Pourtant, le souffle, c’est la vie, si j’ose dire ! On le reprend, son souffle, on le retient, parfois aussi ; elle s’accélère, la respiration, au rythme de nos vies de fou, du rythme que l’on s’impose à soi et à ses enfants. Et quelques fois par an, si on est chanceux, on prend congé, pour pouvoir souffler et, parfois, partir vers des endroits qui nous le couperont, le souffle.

 

V : N’oubliez pas de reprendre le vôtre, après cette énumération !

S : Ne vous inquiétez pas ! Ces dernières années, j’ai pris conscience de l’importance de la respiration. De cette espèce de miracle permanent que nous accomplissons.

 

V : C’est venu comment ?

En fait, il y a quelques années, je me suis retrouvée à mener de front une nouvelle fonction et des études universitaires en horaire décalé. A ce rythme qui en rendrait déjà plus d’un complètement fou, se sont ajoutés deux événements : L’élu de mon cœur s’est retrouvé sans travail et le chat que nous venions d’adopter est mort assez soudainement.

J’aime autant vous dire que les semaines qui ont suivi ont été particulièrement denses et tempétueuses, et qu’il a fallu un cœur bien accroché pour traverser cela sans encombre.

Un cœur bien accroché… et la respiration, évidemment. C’est à ce moment-là que je me suis mise à pratiquer de la méditation de pleine conscience. Je ne vais pas vous expliquer en long et en large ce que c’est, d’autant que vous avez déjà accueilli des invités bien plus balèzes que moi en la matière, mais pour ceux qui ont réussi à passer à travers les 10.000 articles et reportages sur le sujet, la pleine conscience consiste à porter son attention sur le moment présent, instant après instant.

 

V : et c’est vrai que se concentrer sur sa respiration - inspirer, expirer  -, ça peut vraiment aider !

 

S : Oui, tout à fait ! Aider à canaliser, voire interrompre brièvement, le flot de pensées qui nous submergent quand on est plongé dans une situation stressante. Aider, aussi, à faire de la place mentale pour remarquer ce qui est beau, et joyeux, et positif. Aider, en fait, à ne pas se noyer dans les problèmes. Moi, ça m’a vraiment permis de déceler des pépites de lumière dans un ciel de tempête et d’en sortir, secouée mais vivante et sereine.

 

V : C’est vrai que la pleine conscience est utilisée pour aider à gérer le stress…

S : oui, mais elle ne sert pas seulement à cela ! Reprendre conscience de sa respiration et se caler un moment dessus, ça permet aussi de se réapproprier le temps. Vous vous souvenez ? Quand on était gamines, genre vers 7 ou 8 ans, une année nous semblait l’équivalent de l’Everest. Aujourd’hui, quand on s’arrête deux minutes, on se demande où ont filé les six ou douze derniers mois.

Et rien ne nous encourage vraiment à lever le pied : il n’est même plus possible de faire une pause sans motif au boulot, en-dehors de ses vacances légales. Si vous voulez ralentir, vous devez avoir une bonne raison, que ce soit les enfants, des soins à une personne malade ou des études. Pas vraiment des incitations à baguenauder, quoi.

 Ca ne peut donc pas faire de mal de s’octroyer dix minutes de temps en temps pour respirer, reprendre son souffle et, en fait, se recentrer sur soi et sentir qu’on est incroyablement vivant.

 

V : La pleine conscience n’est pas la seule pratique à s’intéresser au souffle…

S : En effet, j’ai eu la (bonne) surprise de découvrir que le yoga accorde une grande importance à la respiration, avec le pranayama, une série d’exercices pour maîtriser le souffle. On utilise la respiration abdominale, et la respiration alternée, excellente pour se recentrer. La respiration est également très importante pendant les asanas, les postures, qu’elle accompagne pendant toute la séance.

D’autres disciplines ou pratiques que je n’ai pas testées, comme le Qi Gong, le taoïsme ou la sophrologie, accordent également une très grande importance au souffle et à la respiration.

Vous le voyez, il ne manque pas d’outils pour souffler, littéralement, et pour se recentrer.

 

V : Oui mais bon, on pourrait objecter que ce n’est pas à la portée de tout le monde, parce que ça demande quand même de l’argent et du temps, aussi…

 

S : C’était peut-être vrai il y a dix ans mais depuis, on a inventé un truc extraordinaire : Youtube, sur lequel on peut trouver moult vidéos et « tutos » respiration. Si si ! On y trouve toutes sortes d’exercices, des plus ciblés aux plus complets, orientés plutôt yoga, méditation de pleine conscience ou sophrologie, bref de quoi trouver son bonheur gratuitement.

Et quand on sait que bien respirer peut aider à réduire le stress, à augmenter la concentration et le niveau de bien-être global, à diminuer parfois la douleur, à être plus serein et à mieux gérer ses émotions, franchement ça vaut la peine d’aller regarder quelques vidéos sur youtube.

D’ailleurs, ça tombe plutôt bien : demain c’est férié, les auditeurs auront peut-être la chance de faire le pont et de profiter d’un long week-end. C’est le moment idéal pour voler ces quelques minutes au temps et se les réserver à soi. Se permettre de reprendre prise et de se sentir vivant, c’est tout le mal que je vous souhaite !

 


podcast

Chronique du 24/05/2016 sur La Première

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