Brèves de bibliothèque [2] - Retrouvailles et découvertes

Pin it!

Comment ça s'appelle, quand on lance une série mais qu'on ne va pas plus loin que le premier épisode? Un bon gros fail, non? ^^ Allez, je me rattrape et je te rafraîchis la mémoire: en août 2016, j'avais eu la bonne idée de partager avec toi mes coups de coeur repérés à la bibliothèque (d'où le nom de cette "série"), une bonne idée que je comptais bien répéter régulièrement. Il ne m'aura fallu que neuf mois pour arriver à l'épisode 2, quelle performance! Allez, on y va!

Je ne faillis pas à mes habitudes de continuer à explorer la bibliographie d'auteurs que j'apprécie. Du coup quand un nom attire mon regard, j'examine ce que je pourrais encore lire.

 

- Jo Nesbø, Rouge-Gorge: Jo Nesbø est un auteur de polars norvégien, et à ce titre, il a une place sur mon autel des auteurs scandinaves de polars (à côté des suédois Camilla Läckberg, Ake Edwardson ou Henning Mankell). J'ai désormais lu plus de la moitié de ses livres, je pense, et j'aime toujours autant. J'aime son personnage de flic écorché vif-alcoolique-un-peu-borderline de Harry Hole et celles qui l'entourent, Rakel, Beate, Ellen. Rouge-Gorge est une plongée dans les milieux néo-nazis d'aujourd'hui et d'hier, avec des histoires de guerre et des histoires de mort.

J'ai eu la drôle d'idée de lire d'autres livres de la série avant celui-ci, ce qui fait que - par hasard - j'ai lu l'histoire à l'envers. Parce que s'il y a des intrigues séparées dans chaque bouquin, il y a une trame qui s'étend sur (au moins) trois d'entre eux. Rouge-Gorge est le premier, suivi de Rue sans-souci et puis de l'Etoile du diable. C'est un peu con de commencer par la partie où on te révèle c'est qui le méchant et comment on le coince avant même de lire les trucs qu'il a commis. Bref, si cette série de Harry Hole t'intéresse, suis le fil pour garder la logique.

 

- Sofi Oksanen, Baby Jane: Baby Jane est le deuxième roman de l'auteure finlandaise primée pour Purge, mais le dernier à avoir été traduit en français (en 2014). Il raconte l'histoire de Piki, une lesbienne dépressive et sujette à des troubles paniques, et de son amoureuse, elle aussi dépressive (et la narratrice de l'histoire). On embarque dans leurs solutions pour gagner de l'argent, et puis dans les méandres de leur relation, qui se tend, se tend...

J'aime les romans de Sofi Oksanen pour leur musique singulière et le regard pas mainstream qu'ils proposent. Avec elle, on sait qu'on va plonger dans l'âme humaine et ses tourments. Baby Jane ne fait pas exception à la règle, je suis donc très contente de l'avoir lu et je te le conseille aussi chaleureusement.

 

- Henning Mankell, Les Bottes suédoises: si tu te dis que ça ressemble assez fort aux "Chaussures italiennes" du même auteur, c'est normal, c'est la suite! On retrouve Fredrik réfugié sur sa petite île familiale, sa fille Louise, le facteur Jansson et d'autres personnages attachants. Le refuge de l'île va devenir un peu moins accueillant quand la maison de famille brûle une nuit. On suit les interrogations de Fredrik, la vie pleine de coups durs et de gens qui meurent, et d'autres qui naissent. Une vie aussi avec de l'amour et de l'amitié.

Parfois, quand je lis un livre, une couleur me reste en tête. Ici, c'est le gris. Le gris des journées froides alors qu'il 'y a qu'une caravane pour s'abriter, le gris de la cendre, le gris du deuil et des interrogations. C'est un joli roman, où rien n'est tout noir ou tout blanc (et donc du coup on revient au gris).

 

- Jonathan Coe, Numéro 11: Encore un auteur que j'aime beaucoup et donc j'explore la production. Il m'a fallu un peu de temps pour rentrer dans l'histoire, ou plutôt dans la première histoire puisqu'il s'agit d'un recueil de nouvelles, mais une fois bien installée dedans, j'ai lu le livre à toute vitesse. Ce que j'ai aimé, c'est que chaque nouvelle soit reliée par un lien, les personnages, qu'on retrouve d'une histoire à l'autre, et le numéro 11. Que ce soit un numéro de maison, le nombre d'étages qu'on creuse en sous-sol, le numéro d'une ligne de bus, le 11 revient comme un clin d'oeil. Les nouvelles font aussi souvent référence aux personnages de Testament à l'anglaise, bref on se retrouve avec un paquet bien ficelé, agréable à lire et corrosif. Ca fait du bien!

 

- Sandor Marai, Métamorphoses d'un mariage: aaaaaaaaah! Un nouvel auteur!! Hongrois, en sus! Enfin, nouveau... il est quand même né en 1900 (et mort en 1989), hein! Mais nouveau dans ma "collection" d'auteurs dont je vais découvrir l'oeuvre. C'est un de mes collègues qui me l'a fait découvrir, et j'ai foncé à la bibliothèque voir ce qu'elle en proposait.

Métamorphoses d'un mariage propose trois (voire quatre) versions d'une même histoire: la femme, le mari, la femme qui a "piqué" le mari et l'amant à qui celle-ci a raconté son histoire. On y découvre un couple de la haute société hongroise, les convenances, les contraintes, les non-dits, les aspirations, le manque et le trop-plein d'amour, l'ambition. C'est finement décrit et vaguement glaçant. Ce n'est pas un livre très réjouissant, mais ce n'est pas fait pour ;-) En lisant sa bio, je me rends compte que beaucoup d'éléments font écho à ce qu'il a vécu et/ou observé, évidemment. Et je me réjouis de lire d'autres livres de lui.

Commentaires

  • Bonjour!

    Chouette revue, mais tu aimes les histoires sombres dit donc! J'ai toujours eu un peu peur d'aborder Sofi Oksanen pour la noirceur de ses thèmes... mais tu attises ma curiosité!

  • Ahah! J'avoue! J'avais pas réellement fait attention au fait que j'aime le sombre, mais quand je pense à ce qu'il me reste à lire (et les trucs que j'ai lus mais que je n'ai pas - encore - chroniqués), c'est tout à fait ça! :-) Je lis aussi pas mal de trucs sur le développement personnel, alors j'imagine que ça contrebalance ;-)

    Bonne journée!

Écrire un commentaire

Optionnel