Chronique radio #1 - L'événement du printemps

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Alors celle-là on peut dire qu'elle porte vachement bien son titre! Celle-là, ma première chronique EVER sur une vraie radio et tout. C'était mercredi, dans la première de "Tendances 1ière", la nouvelle émission de Véronique Thyberghien, et comment te dire... c'était MEGA COOL! J'ai ultra kiffé, ça m'a boostée pendant toute la journée et j'ai hâte d'y retourner (tu le vois le profil de junkie? ^^). Je te dépose ici le texte et le son de ma chronique. Tu verras que c'est pas totalement totalement pareil, parce qu'il y a toujours un peu d'improvisation ;-)

V : Aujourd’hui, on accueille Sophie, l’auteure du blog sofille.be, qui nous emmène pour une balade extraordinaire dans sa garde-robe. Expliquez-nous un peu cela ?


S : L’autre jour il m’est arrivé un truc un peu fou : j’ai acheté un pantalon noir. J’entends d’ici quelques sourcils se soulever : qu’y aurait-il de fou à acheter un pantalon noir ? Après tout, cela reste un bête vêtement, pas besoin d’en faire un événement ! C’est là que je m’insurge et m’inscris en faux : déjà parce que c’est un joli pantalon noir, à la fois classique et original, chic et décontracté. Et puis parce que c’est le premier vêtement que j’achète en un an et demi !

 


V : Un an et demi ? C’est beaucoup, ou c’est normal, pour vous ?


S : C’est beaucoup, évidemment ! En fait, jusque-là, je n’avais jamais connu une aussi longue période sans achats, en tout cas depuis que j’ai commencé à travailler. Le shopping faisait partie de mes habitudes, et parfois de mes réflexes. J’étais capable de faire des séances de shopping endiablées, dont je sortais ravie, épuisée, et aussi un peu écoeurée, je dois bien l’avouer… D’autant que ma conscience me rappelait de plus en plus souvent les conditions sociales et environnementales déplorables dans lesquelles sont fabriqués beaucoup de vêtements de chaînes bien connues…



V : quel a été le déclic, alors ?


S : Fin 2015, je me suis rendu compte que je venais de passer trois mois sans acheter ni vêtements ni, surtout, chaussures. Et je me suis mise au défi : et si je traversais l’année 2016 sans faire une seule fois du shopping ? Et je me suis lancée. Il m’a fallu quelques semaines pour me défaire du réflexe de parcourir les newsletters des marques de vêtements, et pour ne plus ressentir cette petite excitation à la vue d’un vêtement de marque bien soldé. Et j’avoue qu’il m’est resté une petite frustration pendant l’année de ne pas pouvoir soutenir des marques belges et/ou durables en achetant leurs produits.

Mais sinon, ça a été une année super riche, d’abord parce que l’argent que je n’ai pas dépensé en vêtements, j’ai pu le consacrer à des moments avec mes amis. Ensuite parce que cette diète m’a aussi dégagé plus de temps pour faire ce que j’aime, et enfin j’ai beaucoup appris.

 


V. Qu’est-ce que vous avez appris, par exemple ?

S : Eh bien j’ai compris qu’adopter une garde-robe minimaliste, avec un nombre très restreint de pièces, c’est non seulement possible, mais également souhaitable ! Ca allège l’esprit, de ne pas multiplier les choix possibles. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si Mark Zuckerberg, le patron de Facebook,  affiche toujours le même look, composé d’un jean’s et d’un t-shirt gris dont il a plusieurs exemplaires. Le fait de ne pas se prendre la tête sur sa tenue du jour lui permet de garder son énergie pour prendre les décisions vraiment importantes. En fait, la vraie liberté, je l’ai expérimenté durant cette année, ce n’est pas d’avoir un choix illimité, mais un choix raisonné.

En ralentissant le rythme, et en me concentrant sur ce que j’ai déjà, j’ai vraiment pu prendre du recul. Je me suis rendu compte que les vêtements que j’aime et que je mets réellement sont bien moins nombreux que ce que je croyais, et que je peux me détacher sans douleur d’une bonne partie de ma garde-robe. Les premiers tris m’ont d’ailleurs permis de me séparer d’environ la moitié de mes vêtements, et le travail n’est pas fini.

Enfin, j’ai aussi appris à savourer le simple fait de porter de jolies choses, sans avoir nécessairement à les posséder. Je suis devenue une adepte de la location de tenues, notamment pour des occasions spéciales comme un mariage ou une fête de famille. C’est une vraie chance de se faire plaisir à prix doux et sans accumuler. L’équivalent modesque d’une virée à la bibliothèque.



V : si je comprends bien, vous avez souvent porté les mêmes vêtements… comment a réagi votre entourage ?

S : Au début, à ma grande surprise, les réactions ont été très admiratives, comme si je me lançais un défi titanesque, un peu fou. « ouah ! Chapeau, moi, je pourrais pas ! », « je parle de toi à toutes mes copines », etc.  Certaines de mes amies m’ont aussi confié qu’avec des enfants en pleine croissance, elles ne pourraient jamais tenir une année sans acheter de vêtements. Et c’est vrai qu’on imagine mal garder les mêmes vêtements durant toute la première année d’un bébé, par exemple.

Et puis les gens se sont habitués et ont plus ou moins oublié, au point qu’on m’a demandé un jour, au milieu de l’année, si ce que je portais était nouveau (c’est dire la quantité de vêtements que j’avais en stock…). Je n’ai jamais reçu non plus de remarques désobligeantes sur mes vêtements, ou sur la fréquence à laquelle je les porte. Et une fois l’année 2016 écoulée… j’ai continué à ne rien acheter, tant que je n’avais besoin de rien.

Voilà pourquoi injecter une petite dose de nouveauté dans une garde-robe, ne fut-ce que sous la forme d’un joli pantalon noir,  peut ressembler à un événement un peu fou, à marquer d’une petite pierre.

Vous l’aurez compris aussi, j’ai adoré cette expérience de réflexion vestimentaire. Je ne me suis d’ailleurs jamais aussi bien sentie dans mes baskets, même si elles ne sont issues de la collection actuelle !

 


podcast

Chronique "L'événement du printemps" - Tendances 1ière (RTBF) - 26 avril 2017

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