Les bases du zéro déchet - Réduire

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Et si on repartait du début? Si on reprenait la base du zéro déchet, et qu'on approfondissait un peu? Je te propose d'explorer les cinq principes de base du zéro déchet (selon Béa Johnson, dans l'ordre: Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et "Rot"/Composter), en cinq billets publiés cinq lundis d'affilée. L'avantage, c'est que ça t'assure (et à moi aussi) cinq billets sur un sujet intéressant, et ptêtre qu'on peut développer un peu la réflexion, qui sait?

Si tu te souviens, la semaine dernière, on a vu que la première étape pour réduire ses poubelles, c'est de refuser ce dont on n'a pas besoin. C'est bien et c'est - relativement - facile.

 

Deuxième étape, et ça se corse un peu: réduire ce dont on a besoin. Ca se corse, parce que tout concourt à nous faire consommer. Déjà, les signes de santé d'une économie sont mesurés en fonction de la croissance (c'est-à-dire une augmentation du nombre de biens et de services par habitant) et de la consommation des ménages. Si les ménages consomment (beaucoup), ça va, s'ils n'achètent plus c'est la cata. Même le fait qu'on surexploite les ressources naturelles de plus en plus fort (aujourd'hui, on considère que l'humanité vit au-dessus des moyens nécessaires à la Terre pour se régénérer dès le mois d'août, et ce mouvement s'accélère*) ne semble pas allumer de signal et inciter à inverser la tendance.

 

Au contraire: des entreprises dépensent des milliards et des milliards pour nous convaincre que nous avons besoin de leurs produits. Pour être plus heureux, plus efficace, meilleur.e cuisinier.e, meilleurs parents, plus cool que le voisin, plus en sécurité. Elles vont tenter de te faire acheter une voiture plus ceci ou cela, des produits de beautéqui te rendront plus séduisant.e, des vêtements dont-tu-ne-savais-même-pas-que-tu-avais-besoin-mais-en-fait-si (et en plus c'est pas cher! youhou!!). Ca va même jusqu'à la cuisine, maintenant, avec toutes les émissions de MasterChef de top pâtissier: on se rend compte qu'il faut tout un arsenal pour bien cuisiner.

 

Ferme les yeux et pense à ta garde-robe: n'est-elle remplie que de pièces dont tu as besoin? De pièces que tu mets souvent? Et ta déco? Est-ce qu'elle varie en fonction des saisons? Et ta cuisine? Est-elle composée (notamment) de choses que tu as acquises "pour au cas où" (tu voudrais faire des macarons, une fondue, zester des citrons, faire du riz japonais,...)?

 

Question subsidiaire: est-ce des choses dont tu as réellement besoin ou dont on t'a amené.e à croire (via la pub, des articles de magazines ou de blog) qu'ils étaient in-dis-pen-sables dans la vie d'une personne moderne?

 

Les besoins varient d'une personne à l'autre, évidemment. Un.e acharné.e de pâtisserie aura plus de raisons d'avoir une multitude d'ustensiles dans sa cuisine que la personne qui déteste cuisiner (ou y est indifférente); une personne qui habite en ville pourra plus facilement se passer d'une voiture qu'un rat des champs. Mais globalement, nous accumulons tous notre lot de choses dont nous n'avons pas besoin.

 

Réduire est une démarche assez longue, car il faut d'abord prendre conscience de la façon dont on consommait jusqu'à ce qu'on arrive au zéro déchet. Moi, par exemple, j'allais régulièrement faire du shopping en fonction de pièces spécifiques que je cherchais ou "juste comme ça, pour voir", et j'adorais aussi acheter des bouquins. Et avoir les bons outils de cuisine. Bref, j'ai un potentiel d'accumulation assez élevé ;-)

Mais j'étais aussi du genre à privilégier les (jolies) serviettes en papier, les salades en sachet (pourquoi se casser la nénette à nettoyer une salade pleine de terre, hein?), les sauces en pot ou en sachet, la soupe en boîte et les chips... (rhaaaa, les chips! ;-) )

 

Je dois dire que mon "no shopping challenge" m'a pour cela bien aidée, car d'un coup j'ai fait cette pause shopping, je me suis rendu compte que j'avais largement assez de vêtements et de chaussures et que même en me séparant d'une (grande) quantité de vêtements (et de chaussures) il me restait encore beaucoup (trop?). Cette période m'a appris la prudence, et le recul. Elle m'a appris que non, on ne meurt pas foudroyé sur place si on ne suit pas les tendances (je le savais, hein, au fond de moi, fallait juste que je l'expérimente) et que réfléchir à quatre fois avant d'acquérir quelque chose n'est pas forcément une mauvaise chose.

 

C'est une démarche longue aussi, parce qu'après avoir identifié notre consommation passée, et la nouvelle consommation (réduite) que nous voulons, il va falloir réduire physiquement, en se débarrassant, petit à petit ou radicalement, de tout ce dont nous n'avons plus besoin. Et ça peut évoluer en même temps que la démarche zéro déchet, parce qu'il arrivera toujours qu'on abandonne en cours de route des produits qu'on pensait essentiels.

 

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La maison minimaliste de Béa Johnson (crédit photo: zero waste home )

 

C'est dans cet aspect que le zéro déchet s'approche du minimalisme. Evidemment, on n'est pas tous obligés de vivre dans une maison épurée à fond comme Béa Johnson ou comme les deux compères de The minimalists (même si c'est fort tentant parce que très zen), mais arriver à désencombrer, à se séparer des objets dont on n'a pas besoin pour ne garder que ceux dont on a réellement besoin, c'est une des clés pour vivre en produisant moins de déchets.

 

Car plutôt que de jeter, on peut bien sûr donner ou revendre. Et ça ouvre la voie au troisième volet du zéro déchet: réutiliser. A la semaine prochaine!

 

 

*Selon l'ONG Global Footprint Network qui effectue ce calcul, il faudrait 4,3 planètes si tout le monde menait le même mode de vie que le citoyen belge moyen.

 

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