Les bases du zéro déchet - Refuser

Pin it!

Et si on repartait du début? Si on reprenait la base du zéro déchet, et qu'on approfondissait un peu? Je te propose d'explorer les cinq principes de base du zéro déchet (selon Béa Johnson, dans l'ordre: Refuser, Réduire, Réutiliser, Recycler et "Rot"/Composter), en cinq billets publiés cinq lundis d'affilée. L'avantage, c'est que ça t'assure (et à moi aussi) cinq billets sur un sujet intéressant, et ptêtre qu'on peut développer un peu la réflexion, qui sait?

Au commencement était donc le fait de Refuser. Refuser ce dont on n'a pas besoin, ça paraît super évident de prime abord, logique même, mais attends de voir qu'on plonge un peu dans le sujet, on va suer ensemble.

 

Notre vie est remplie de choses dont on n'a pas besoin, c'est le job du marketing et de la pub de nous faire acheter CE truc d'importance vitale qu'on-se-demande-encore-comment-on-a-pu-vivre-sans-jusque-là et qui nous rendra heureux promis juré craché (enfin, jusqu'au produit suivant). Ca va de la salade trop rigolote à LA voiture qui te permettra d'être liiiiiiiibre (coincé.e dans les embout' de 7h à 9h à manger ton volant, hinhin), mais on y reviendra la semaine prochaine, parce que ça a aussi un lien avec le fait de reconsidérer ce dont on a besoin.

 

tumblr_lm541jupNw1qfx2c5.gif

 

 

A côté de ces pubs dont on est bombardés, il y a aussi tous les trucs gratuits qu'on nous offre à longueur de temps (#toughlife). Que ce soit les sacs pour emballer les courses, la petite serviette qu'on te colle avec ton thé ou ton café sans que tu la demandes, les flyers et autres dépliants qui accompagnent toute manifestation (culturelle, sociale, etc), le goodie bag à la sortie d'une réception... ou parfois les cadeaux mal calibrés de tes proches qui pensent te faire plaisir-or-que-non. Ca peut aussi être les emballages de tes légumes et de tes fruits, le ticket de caisse que tu prends automatiquement, les échantillons qu'on te fourgue avec tes achats et la fine fleur du truc dont tu n'as pas besoin: la "box" découverte, qui t'inonde chaque mois de produits à découvrir dont par définition tu ne connaissais pas l'existence (ce qui ne t'empêchait pas de vivre de manière décente) et qui vont créer - ou pas, surtout - de nouveaux besoins.

 

Dans ce que je viens d'écrire, il y a un truc capital: ces choses gratuites, on les accepte souvent automatiquement. Parce qu'on a toujours fait comme ça, parce que c'est rigolo, ou gratifiant, ou nouveau, qu'on va découvrir et c'est cool, qu'on en aura peut-être besoin.

 

Et puis un jour on se met à questionner ces automatismes, par exemple parce qu'on a envie de se lancer dans le zéro déchet. Et on se dit qu'il va falloir commencer à refuser.

 

Parfois, c'est pas très difficile: dire non à un sac en plastique pour emballer ses courses, c'est - disons - le niveau 1 du refus. Ca n'engage pas beaucoup d'émotion, mais parfois ça peut se révéler plus ardu que prévu. Quand t'as oublié ton sac réutilisable chez toi et que le vendeur, te voyant essayer de caser tout entre tes deux bras, te dit "mais prenez un sac, c'est gratuit!"

"mgnfffgnfff naaaoooon merci!"

Ou quand le maraîcher te dit "dis, la laitue, elle est toute mouillée, je vais te mettre un sac pour pas que les autres légumes soient mouillés!"* et que t'as pas encore trouvé le réflexe de dire "ben c'est pas grave si les autres légumes sont mouillés, en fait, je ne veux VRAIMENT pas de sac!"

Parfois, tu peux même être pris.e par surprise. Ainsi, alors que je refusais déjà tout sac en plastique depuis des mois, j'ai eu la surprise, un midi, de réaliser que je venais d'accepter qu'un sac en plastique emballe le plat à emporter que j'avais commandé. Comme quoi, la vigilance reste de mise. Tout le temps!

 

Puis ya les trucs plus "cool", comme les échantillons de produits, les petits cadeaux que tu n'as pas sollicités mais qui hop! atterrissent chez toi comme ça. Là aussi, le plus dur est de convaincre la personne qui te les donne que non, vraiment, merci, tu n'en as pas besoin, même si c'est gratuit, oui. Certains le prennent bien, d'autres ont l'air de se vexer. Et dans ce cas-là... ben à eux de gérer leur frustration au final ;-)

 

Plus... "gloups", c'est les petites attentions de gens que tu connais et qui pensent te faire plaisir... et que tu n'oses pas refuser. Et ton "oh merci, mais fallait pas..." n'a jamais été aussi sincère. Le petit paquet contenant quelques échantillons et gentiment offert par mon esthéticienne à ses clientes (dont moi, donc) à Noël est un "reminder" douloureux de cette règle qui veut que c'est plus difficile de refuser quand tu apprécies les gens.

 

Enfin, il y a le cadeau de tes proches que tu déballes (dans de l'emballage pas recyclable, gniiiii) et où tu te dis "woooooh, punaise, c'est tellement loin de ce que je suis/fais que je ne sais même pas comment réagir". Ca m'est arrivé à Noël (d'un côté de la famille, puisque de l'autre, on fait une liste de souhaits) et il a fallu l'intervention d'une personne tierce - M. Léludemoncoeur - pour que j'arrive à dire "désolée, mais non, je ne peux pas accepter cela". C'est le plus dur, parce qu'il y a la peur de blesser la personne qui t'offre le cadeau et qui pense que ça te fera plaisir. Et puis il y a aussi la déception que la personne pense que ça te fera plaisir, pour être honnête.

J'avoue, je n'ai pas encore de stratégie pour tout le monde. La meilleure, c'est sans doute de parler le plus possible de la démarche zéro déchet, de pourquoi c'est important pour moi/toi, et d'amener doucement au système de cadeaux sur wishlist. Ca a l'air moins sexy a priori, mais au final, quand tu sais que la personne apprécie réellement son cadeau parce que c'est ce qui lui correspond le mieux/lui sert le plus, est-ce que c'est pas ça qui importe? (si) (de rien)

 

Pour résumer, je dirais: entraîne-toi à repérer tout ce que tu acceptes automatiquement, puis à refuser ce qu'il n'est pas très difficile (émotionnellement) de refuser, et puis augmente progressivement le niveau jusqu'à ne faire entrer chez toi que des choses qui te plaisent et te correspondent réellement. Et est-ce qu'un sac en plastique de base te correspond réellement? Je ne pense pas, non. (de rien, again).

 

 

 

 

*cas vécu

Écrire un commentaire

Optionnel