• La vie, quoi

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    Lire tout son saoul, terminer un roman en un jour (de le lire, pas de l'écrire), regarder des films et des épisodes de mes séries préférées. Sans culpabiliser. Sans devoir m'interrompre pour réfléchir à quelque chose, ou pour lire un article trop intéressant sur...

     

    Pour être honnête, j'avais fini par craindre une sorte de dégoût de la lecture. Je prenais en main des romans que je reposais aussitôt, lassée par le résumé en 4e de couverture. L'une ou l'autre fois, j'avais bien acheté un roman, parce qu'une de mes connaissances l'avait chaudement recommandé ou parce qu'Elizabeth George en avait sorti un nouveau. Mais la frénésie n'y était plus. L'inspiration non plus. Ma curiosité était rarement piquée. Soupir.

     

    Pareil pour les films: je vais assez rarement au cinéma (et encore moins depuis que quatre à cinq soirées par semaine étaient squattées par des de cujus, des TVA, de l'audi alteram partem et caetera et caetera). Je voyais des bande-annonces de films qui me paraissaient bien, et puis le temps de trouver le temps, la motivation et le reste, le film avait disparu de l'affiche, et de ma mémoire.

     

    Autant dire que la première chose que j'ai faite, après avoir rendu mon mémoire, c'est prendre un bouquin. J'ai entamé les miraculés qui avaient piqué ma curiosité lors de mon escapade parisienne le mois dernier (déjà!). J'avais ri en lisant "Expo 58", de Jonathan Coe, une plongée dans cette folle époque de l'expo universelle de Bruxelles et dans le monde plein de convenances de la Grande-Bretagne de la fin des années 50.

     

    J'ai enchaîné avec "Chaussures italiennes" de Henning Mankell. Cet auteur suédois est assez connu pour ses romans policiers autour du commissaire Kurt Wallander, mais ce livre-ci est d'une tout autre veine. C'est une histoire de renaissance à la vie, une histoire d'introspection, de relations à soi et aux autres. Un roman magnifique qui m'a arraché des larmes (et les livres qui m'ont fait pleurer se comptent sur les doigts d'une main: Oscar et la Dame rose, L'Elégance du Hérisson (on dit dire "sangloter", dans ce cas-ci) et celui-ci, en gros).

     

    J'ai ensuite dévoré "Le premier jour du reste de ma vie..." de Virginie Grimaldi. Virginie Grimaldi, c'est Ginie, de Femme Sweet Femme. Son blog m'avait déjà fait rire, glousser, pleurer et j'étais curieuse de lire son premier roman. C'est une jolie histoire aussi, tendre, rigolote, émouvante, de trois femmes qui se cherchent et se (re)trouvent. Ca fait voyager, ça fait rêver, ça réconforte.

     

    J'ai aussi frissonné en lisant "Fétiche" de Mo Hayder. Une des auteures dont je lis tout, bien qu'elle ait ce petit côté gore que d'habitude je fuis. J'aime son Caffery tourmenté, ses personnages noirs et borderline, ses histoires angoissantes. "Fétiche" n'est pas aussi trouble que ses romans précédents, mais cela reste un bon moment de lecture. Les personnages sont attachants et il y a du rebondissement quasi jusqu'à la dernière page.

     

    J'ai aussi enfin pris le temps de terminer "Un parfum d'herbe coupée", le premier roman de Nicolas (Kolia) Delesalle, journaliste à Télérama. C'est joli, nostalgique, ça raconte l'enfance dans ce qu'elle a de particulier et d'universel, aussi. L'odeur du chien, des vacances, de l'herbe fraîchement coupée. Cette innocence qu'on a, et puis plus. On suit avec plaisir le petit Nicolas (ya un genre ;-) ) dans les méandres de sa mémoire, en s'attardant sur nos propres souvenirs.

     

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    J'ai aussi (enfin) vu The Grand Budapest Hotel, Princesse Mononoké, Fargo, que j'ai adorés. Il en reste des dizaines sur ma to watch-list. Mais c'est ça qui est bon: savoir qu'il me reste tant de choses à lire et à voir et à découvrir

    Lien permanent Catégories : 3615 Ma vie, Film, Livre, Loisirs 2 commentaires
  • Huit mois ou dix ans d'attente

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    Ca y est, le mémoire est rendu, sans cris ni larmes (autres que d'émotion, bien sûr), et ça me laisse tout le loisir de ne rien faire et de rêvasser. Bon, ok, être méga occupée ne m'empêchait absolument pas de rêvasser, faut bien le dire, mais là, je peux le faire autant que je veux (youhouuuu!)

     

    Et ça tombe bien, parce que là, on est à un mois tout pile d'un événement que j'attends avec impatience depuis janvier et au moins depuis dix ans: notre voyage à New York <3 Des billets pris dans l'euphorie de la session de janvier (mais qu'est-ce qui va me servir de prétexte maintenant pour aller zoner sur les sites des compagnies aériennes/ de TGV, hein?) et depuis, beaucoup de renseignements, de rêvasseries, d'envies, d'enthousiasmes, de décisions grisantes (choisir où se poser, le stress total!) et de rêvasseries encore et toujours.

     

    Dire que M. Léludemoncoeur ne partage pas mon enthousiasme est un euphémisme. Je te rappelle si tu ne t'en souviens pas que j'avais même fait un concours "toi aussi convaincs M. Léludemoncoeur que New York c'est bien!" pour essayer de le convaincre que New York, ben c'est bien. Si. A l'époque, je voulais marquer le coup de mes trente ans. Il m'aura fallu trois ans de plus et un diplôme pour dire "allez foert, I deserve it sooooooo much!"

     

    M. Léludemoncoeur m'ayant dit qu'il ne voulait pas particulièrement un programme précis avec des must-see à voir au pas de charge, voici ma liste de bonnes résolutions:

     

    - Lâcher prise et ne pas stresser/me formaliser si on ne voit pas un des "passages obligés" new-yorkais. On se dira que ce n'est pas la dernière fois qu'on vient.

    - Aller courir dans un parc new-yorkais. Au départ, le rêve absolu était "aller courir à Central Park", mais j'ai moyen envie de faire une heure de transport en survêt' de sport juste pour la partie "Central Park". Prospect Park fera très bien l'affaire. Ou les berges de l'East River. (ou pas aller courir du tout, vu qu'on va déjà sans doute beaucoup marcher et faire du vélo)

    - Résister à l'envie d'emmener la moitié de ma garde-robe (et à l'envie d'acheter ce machin "qui serait tellement parfait pour New York"). Me répéter qu'on ne part "que" dix jours et qu'avec deux robes, deux jupes, cinq T-Shirts, un short et un pantalon, je devrais très bien m'en sortir.

    - Déconnecter. Oui, ça peut paraître dingue dans une ville aussi connectée et vibrante que New York, mais j'ai vraiment envie de prendre des vacances des réseaux sociaux, de l'actu et de cette tentation de checker toujours ce qui se passe. Ca m'avait fait un bien fou en Crète l'an dernier et je vais tenter de réitérer l'expérience cette année.

    - emporter un vrai appareil photo. Lié à ma bonne résolution ci-dessus, l'appareil photo m'évitera de dégainer le smartphone, ce qui m'aidera à résister à la tentation de poster immédiatement les trucs sur FB/Instagram et le reste :-) Et puis qui sait? Peut-être que je prendrai une ou deux photos ni floues, ni mal cadrées...

    - aller voir une comédie musicale (même si quatre jours après La Mélodie du Bonheur, je chantonne toujours toutes les chansons à tour de rôle)

    - tester quelques tuyaux pour faire "New York on a budget". Les noter sur un carnet, par exemple, pour les partager ici après :-)

     

    Pas besoin de vous faire un dessin: là, rien que d'écrire tout ça, j'ai l'impatience qui me monte au nez. Allez, je file rêver un peu sur Pinterest ^^

  • La Mélodie du Bonheur en belge, c'est bien!

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    Si tu suis ce blog depuis un certain temps (voire un temps certain et alors là, bravo et merci! <3 ), tu sais sans doute que je suis une mordue de comédies musicales, que je connais par coeur Singin' in the rain (mon film préféré de chez préféré du monde entier), Hello Dolly ou la Mélodie du Bonheur. C'est bien simple, je ne m'en lasse pas.

     

    Alors quand mon amie Flo m'a dit "Viens! Ya La Mélodie du Bonheur au festival Bruxellons!, une création belge avec des acteurs belges et tout", j'ai pas hésité très longtemps. Et je n'ai pas regretté une minute.

     

    Déjà, le cadre est magnifique: la pièce se joue dans la cour du Château du Karreveld, à Molenbeek, c'est sublime et je suis ravie d'avoir découvert cet écrin de verdure. Comme c'est en plein air, il y a moyen de venir avec sa couverture ou d'en louer sur place. Perso, j'en ai pas eu besoin (il avait fait chaud toute la journée, la soirée était juste parfaitement fraîche, c'était cool).

     

    Le clou, évidemment, c'est le spectacle: 2h20 pour s'en mettre plein la vue. Décors de fou et bien pensé (ya même la colline où Maria chante au début), acteurs-chanteurs-danseurs au top, enfants compris (ils sont issus des Ballets Joëlle Morane), accompagnés par un orchestre live, mais oui!

     

    L'enchaînement des chansons est légèrement remanié pour éviter les écueils dus essentiellement aux changements de lieu, il y a quelques chansons en plus (c'est peut-être le seul mini-bémol que je mets parce qu'il y a certaines choses qui m'ont paru à la limite de l'anachronisme, mais c'est la puriste qui parle, là :-) ). La mise en scène est vraiment très bien pensée, et rien, jamais, ne donne envie de se dire "pfff, là, c'est un peu cheap".

     

    Ce qui est cool, c'est qu'il y a encore moyen d'aller applaudir la troupe jusqu'au 4 septembre. Le prix des places (une petite trentaine d'euros) peut sembler élevé de prime abord, mais ça vaut totalement le coup (le coût?). Bref, vous l'avez compris, si vous cherchez une sortie culturelle pour ce mois d'août, que vous soyez fan absolu du film ou que vous ne connaissiez pas du tout l'histoire, foncez-y. Bon moment garanti!

     

    (et en plus cette scène magnifique est incluse dans le spectacle!)

     

    Toutes les infos sur le site du Festival Bruxellons!

  • Onze jours

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    J'ai fini le premier jet de mon mémoire onze jours avant la "due date". C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi... enfin, v'voyez quoi. Il n'y a pas eu de cris, il n'y a pas eu de larmes. A un moment je me suis dit "bon, voilà, point final".

     

    Bien sûr, ce n'est pas encore vraiment fini, il reste cette partie que je déteste et qui consiste à repasser sur le texte pour le relire, le corriger, l'améliorer. Je sais qu'il est perfectible, vraiment. Je sais aussi que je resterai là, avec mes doutes et mes insatisfactions, jusqu'au bout. Je les connais, ils m'accompagnent depuis plusieurs semaines. Depuis que j'ai commencé à rédiger.

     

    Il a fallu les reléguer dans un coin de la tête, refuser qu'ils fassent la loi et décrètent un arrêt des travaux (pour cause de cachage sous la couette en attendant que ça passe). Ils fonctionnent comme un aiguillon, un petit point dans les côtes, de temps en temps, pour me rappeler de faire le mieux possible, en pensant-mais-sans-trop-y-penser qu'ensuite, il faudra le défendre, ce travail, justifier les choix, expliquer ce qui s'y trouve, et ce qui manque.

     

    Je ne suis pas novice en matière de mémoire, j'en ai déjà écrit un, c'était il y a un peu moins de dix ans. Ca avait été le chaos, la douleur, les larmes, les cris, la délivrance et puis aussi la blessure: ce n'était pas bon. Et même avec la plus gentille des délicatesses, quand on vous le fait remarquer, ça pique, beaucoup. C'est resté, pendant des années, ce rouge aux joues dès que j'y repensais. Alors, pensez! Me replonger dans une torture pareille, JA-MAIS. Sauf que nous y voilà, le mémoire, ça reste un passage obligé pour être diplômée...

     

    Il y a eu les aléas, cette tragédie grecque qui s'intensifie au moment où il faudrait vraiment s'y mettre, amputant les week-ends et les soirées. Il y a eu les blocages, ces heures à me demander comment aborder au mieux une matière. Il y a eu l'envie de procrastiner, il y a eu la procrastination, il y a eu l'envie de s'évader et puis quelques jours d'évasion.

     

    Mais on est resté, je suis restée, loin du drame, des cris et des larmes (jusqu'ici... O:) ). Je suis arrivée à m'astreindre à la discipline nécessaire pour tenir, avancer, continuer. J’entraperçois ce que les joueurs de tennis ressentent quand ils doivent rester concentrés alors que la victoire est à deux ou trois jeux. Eviter de se projeter, de crier victoire trop vite, mais savoir aussi que ça se rapproche et qu'on peut y arriver.

     

    Je pense encore à mon mémoire d'il y a presque dix ans. J'y repense pour m'émerveiller de la sérénité de cette période-ci. J'y repense pour savourer ce que je vis, même si ce n'est pas forcément hyper agréable, ce mélange de sentiments entre le ras-le-bol, la peur et la fierté de ce que j'accomplis. Les prochains jours ne seront pas de la tarte (déjà, j'écris ce billet plutôt que de me plonger dans mes corrections...) parce qu'il faudra me remettre en question, accepter la critique, prendre du recul et améliorer mon travail. Défaire certains trucs pour mieux faire ensuite.

     

    Je n'ai pas vraiment de conclusion pour ce billet. Pas de phrase frappée au coin du bon sens. Je n'ai pas non plus écrit ceci pour récolter des "ouah! trop balèze ce que tu fais!" Pour le coup, j'avais juste besoin de poser ça quelque part avant de me replonger dans mes joyeusetés. Sur ce, je vais juste me retirer sur la pointe des pieds, me foutre un coup de pied virtuel au cul et retourner bosser, bordel.