• Et Dieu dans tout ça?

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    [note préliminaire: ce billet a été rédigé avant le 7 janvier et les terribles événements de Charlie Hebdo puis de l'épicerie Hyper Casher. Je n'en ai pas changé une ligne depuis son écriture.]

     

    Etre heureux, reconnaissant, connecté au monde, est-ce nécessairement lié à une forme de spiritualité et de religion (ou de religiosité)? C'est une question que je me pose de plus en plus fréquemment, sans arriver à y apporter une réponse.

     

    Quand j'étais ptite, et jusqu'à la fin de mon adolescence, je suis allée régulièrement à la messe. Parfois même, gavée d'histoires de saint(e)s, je me suis dit que peut-être ça serait bien d'être religieuse (oué, bon, ça a duré à peu près trois jours et puis c'est tout). J'aimais l'apaisement de la messe et le partage avec la petite communauté catholique de mon coin. Il fut même un temps où la pire insulte que j'aie trouvé était "et puis d'abord, t'es pas catholique!" (ah oui, moi, j'envoyais du pâté, quand j'étais gamine!)

     

    Et puis j'ai fait des études dans une université libre, j'ai interrogé les dogmes, j'ai envoyé balader les normes morales que je jugeais étriquées (me souviens avoir contesté l'exclusion des divorcés et l'interdiction de cohabiter avant le mariage auprès de celui qui est désormais archevêque de Malines-Bruxelles -j'avais pas plus de douze ans à l'époque). Je me suis mise à détester ces gens qui excluent, excommunient, clouent au pilori sur base de leur religion. J'ai commencé à rigoler en douce en entendant des prêtres dire que "le but du mariage est de porter ses fruits (-> faire des gosses)". Je me suis mise à penser qu'il fallait quand même être vachement culotté pour parler de choses qu'on ne connaît pas et se proposer comme guide spirituel à ce sujet. Je n'aime pas la notion de péché (mortel ou non), de pénitence, de punition divine, etc. Je n'aime pas que des enseignements supposés d'amour et de tolérance soient tordus et interprétés par des gens qui veulent cadenasser la vie et la faire entrer dans une case soi-disant vertueuse.

     

    Alors depuis une dizaine d'années, j'ai grandi sans la religion. En allant chercher en moi la source du changement. En me basant sur l'Homme, sur l'humain pour forger mes repères et mes valeurs. En fuyant les dogmatiques, toujours, et en leur tirant la langue. En accueillant toute évolution favorisant les droits de tous (mariage pour les personnes homosexuelles, droit de mourir dans la dignité, qu'on soit adulte ou enfant éclairé, adoption par des personnes aimantes, etc)

     

    Il reste cependant parfois comme un mini-goût de manque, quand j'ai envie de dire merci au monde. Je dirais bien merci à Dieu, mais j'ai du mal à y croire. Du mal à croire qu'un Grand Architecte a dessiné le moment de grâce que je goûte, qu'un deus ex machina a tout orchestré pour que ça tombe nickel.

     

    Je me rends compte aussi que plus j'avance vers la connaissance de moi, vers des relations apaisées et bienveillantes avec les autres, plus mon chemin est parallèle à celui du bouddhisme. Je vois passer des réflexions bouddhistes sur Facebook parfois et je suis surprise de voir à quel point cela rejoint mon cheminement. Pour autant, je ne me suis pas encore réellement intéressée au bouddhisme. Un jour, peut-être...

     

    Tout ça pour dire qu'il reste une question en suspens: dans quelle spiritualité le développement de soi et de la conscience des autres s'inscrit-il? Peut-on même parler de spiritualité? (bon, si j'en crois Wikipédia, oui, on peut, faudra que je creuse) Chic, ça fera encore plein de billets! :-)

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  • De l'amour et autres désastres

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    Putain, mais la vie quoi...

     

    Avant-hier, je partageais avec vous un billet intitulé "Comme si on devait mourir demain" sur l'urgence de vivre maintenant et de dire ce qu'on doit dire aux gens qui doivent l'entendre. Hier douze personnes tombent sous les balles de... de quoi? De qui? Sans doute parce qu'ils "occupaient le champ de la liberté d'expression", comme l'a dit l'ancien rédacteur en chef de Charlie Hebdo Philippe Val. Parce qu'ils brocardaient joyeusement (et parfois avec un goût discutable, hein) tous les types de conneries et d'extrémismes avec une arme de corrosion massive: l'humour. Parce qu'ils participaient à une rédaction libre, ou en protégeaient les membres. On avait presque fini par oublier, d'ailleurs, à l'extérieur, qu'ils vivaient sous protection policière depuis des années. Fou, dingue, incompréhensible.

     

    Putain, mais la vie, quoi... Dans mes cartons, prêt à être publié, un billet réflexion sur la religion. Ecrit dans la foulée, ou juste avant, celui publié avant-hier. Grave, la So Fille, en ce début d'année 2015. Je le publierai comme prévu la semaine prochaine. Je pensais, entre le billet d'avant-hier et le billet de bientôt, écrire quelque chose de plus léger pour terminer la semaine. Mais il y a eu hier. Le léger viendra plus tard.

     

    En attendant, je vais refuser la haine et la peur. Je vais m'atteler à l'amour, la bienveillance et la liberté. Je continuerai à tiquer face à des points de vue que je ne partage pas, tout en me disant que ça fait du bien de m'y confronter. Que je veux vivre dans une société démocratique et tolérante, une société qui inclut et accompagne. Qui ne voit pas la différence comme un danger ou une menace.

     

    J'ai vu, hier, aujourd'hui, énormément de messages d'amour, d'espoir.

     

    "L'obscurité ne peut pas chasser l'obscurité; seule la lumière le peut. La haine ne peut pas chasser la haine; seul l'amour le peut" (Martin Luther King)

     

    "Nous allons punir le coupable, la punition ce sera plus de générosité, plus de tolérance, plus de démocratie" (le maire d'Oslo après la tuerie d'Utoya)

     

    Vous ne nous aurez pas, Messieurs. Tout à l'heure, en arrivant au boulot, je saluerai mes collègues avec encore un peu plus d'affection que d'habitude. Je ferai mon boulot comme d'habitude, avec juste plus de conscience sans doute que rien n'est acquis, aucune liberté, aucun droit, et qu'en écrivant j'apporte une modeste contribution. Alors écrivons, et aimons-nous, bordel!

     

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  • Comme si on devait mourir demain

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    Mais pourquoi t'arrêtes pas de dire que tu m'aimes? T'as besoin de t'en convaincre?

     

    Il y a quelque chose d'émouvant et d'infiniment triste dans toutes les histoires de personnes ayant découvert, à cause de la maladie ou grâce à elle, qu'il faut savourer la vie. Ces personnes qui réchappent à un cancer et se disent qu'elles vont enfin vivre intensément; celles qui ont perdu un proche, regrettent de ne pas lui avoir dit assez qu'elles l'aimaient, et se jurent de le faire avec ceux qui restent, désormais.

     

    Emouvant parce qu'effectivement, découvrir que la vie est belle et doit être vécue intensément, ça ne peut qu'être salué. Reconnaître qu'on avait les mauvaises priorités et en changer, c'est courageux et c'est beau.

     

    Infiniment triste, aussi, parce que c'est dommage, je trouve, de devoir frôler la mort, ou la regarder en face, pour s'en rendre compte. C'est vrai que la mort, personne n'a trop envie d'y penser. Ca viendra bien un jour, mais si possible le plus tard possible, quand on aura fini de faire tout ce qu'on a envie de faire. Sauf qu'elle est facétieuse, la mort, et qu'elle a un drôle de sens de l'humour. Alors qu'elle semble avoir oublié toutes les taties Danielle du monde, elle fauche parfois là où on ne l'attendait pas du tout. Elle laisse parfois un mini répit genre "vas-y, mets tes affaires en ordre, je reviens bientôt", mais parfois pas. Et on se retrouve tout con de n'avoir pas pu faire ce qu'on voulait, et dire aux gens qu'on les aime.

     

    Je crois que c'est en partie pour éviter ce sentiment de gâchis que j'ai appris à exprimer mes sentiments. Pas uniquement envers M. Léludemoncoeur (qui a toujours l'air surpris, cfr la phrase d'ouverture de ce billet), mais aussi envers mes soeurs, mes parents, mes ami(e)s. J'attache une importance particulièrement à leur dire que j'ai passé du bon temps avec eux, que je les aime, que je suis fière d'eux, que je suis contente pour eux. Je veux pouvoir me dire "si tout s'arrêtait là, demain, je n'ai pas de regrets, j'ai dit ce que j'avais à dire et j'ai fait ce que je voulais faire".

     

    Je me suis déjà dit que je voudrais une épitaphe du genre "elle a Vécu". Ca peut paraître morbide, mais le fait de jouer avec l'idée que tout peut s'arrêter permet de chercher à vivre en accord avec soi-même, sans attendre que la vie, ou la mort, nous envoie une piqûre de rappel. Et de ne jamais regretter d'avoir vécu trop peu, ou trop tard.

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  • Qu'est-ce qu'on attend?

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    Fin d'une période, début d'une autre, on fait une sorte de bilan, c'est la tradition... Je l'ai ébauché dans certains billets du #31bloggingdays (retour sur un événement marquant de l'année, une bonne résolution pour l'année qui vient), mais j'y repensais à nouveau, et je me suis rendu compte d'un truc: mon année 2014 a été placée sous le signe du "Just do it".

     

    Je n'avais pas fait d'autre bonne résolution pour 2014 que de voir mes amies un peu plus, parce que je n'ai pas l'habitude de me pourrir le moral avec des choses inatteignables (perdre 20 kilos, devenir docteur en physique, obtenir un corps de rêve en seulement deux semaines de programme et gnagnagna).

     

    Mais un jour, j'ai senti que j'avais besoin, et envie, de lever mon cul de mon fauteuil et d'aller courir. Je l'ai fait. J'ai aimé. Et je le fais toujours. C'était au début 2014, c'était ma première non-bonne résolution tenue. Je ne sais pas si ça a changé ma vie. Je sais juste que ça a apporté plus de joie, de fierté, de sérénité, d'énergie, d'envie de mieux faire encore. Et qu'en ce début 2015, je me dis que je m'inscrirais bien à ma première course "officielle". Je vais encore réfléchir un peu, mais dans ma tête c'est déjà presque tout vu. Objectif 10 km cette année.

     

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    Un autre jour, j'ai arrêté de me dire que "j'allais garder mes congés pour pouvoir étudier" et j'ai choisi de réserver une semaine de vacances all in. J'ai cessé de reporter à plus tard ces moments de pur farniente. Et tant pis si ça entame (un peu) les finances et si ça rogne sur le "capital congés". Au final, ça a fait un bien fou.

     

    Un autre jour encore, j'ai pris un abonnement de six mois pour apprendre le suédois en ligne. Le suédois? Oui, un de mes vieux rêves: je crois que j'ai toujours admiré le fait que la reine de Suède parlait sept langues, dont -of course- le suédois. J'adore apprendre de nouvelles langues, commencer à repérer des mots dans des conversations et comprendre ce qui se dit. Cela fait quelques mois (trois?) que je me suis lancé ce défi et ça commence à rentrer.

     

    Hej! Jag heter Sophie och jag talar lite svenska. Jag tar gärna en kanellbulle (huhu)

     

    Fin septembre aussi, je me suis inscrite à une formation en communication non-violente (qui aura mieux fin du mois, on en reparlera certainement). J'ai un peu tergiversé et puis à la question "mais qu'est-ce que tu crains?" je n'ai pas pu répondre grand chose de convaincant. Alors je me suis lancée et j'ai marqué mon intérêt. Intérêt que j'ai depuis des années, et que je vais enfin pouvoir concrétiser.

     

    J'ai aussi enfin sauté le pas de la nourriture bio et locale, un projet caressé depuis longtemps.

     

    J'ai donné mon sang pour la première fois, après des années à me dire que j'allais le faire (bientôt).

     

    J'ai encore pris un peu d'avance sur ma bonne résolution 2015, en faisant un saut à la dernière soirée des Nocturnes des Musées bruxellois. J'ai découvert le Musée des instruments de musique (MIM), qui me faisait de l'oeil depuis trèèèèèèès longtemps et que je n'avais jamais pris le temps de découvrir. Il suffisait juste de décider d'y consacrer un peu de temps, en fait.

     

    Alors je crois qu'en 2015, je vais garder ces exemples en tête et me dire "au fond, qu'est-ce que t'attends, hein?" pour sauter le pas et faire des trucs dont je rêve depuis longtemps (ou moins longtemps). Une petite pierre posée à chaque fois, pour finalement une vie plus riche et de plus en plus en phase avec moi-même.