• Le ciel, les limites et moi

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    Parmi les questions existentielles qui m'ont pollué occupé l'esprit ces derniers temps, il y a celle des limites, et plus précisément: comment faire la différence entre une limite qu'on franchit pour progresser et une que si tu la franchis,ben tu craques? (c'est joliment formulé, n'est-ce pas?)

     

    Des limites, on en a tous, tout plein. Des limites conscientes, des limites légales, des limites absurdes ou insoupçonnées. Souvent on se limite inconsciemment, à des choses qu'on connaît et qu'on aime, parce qu'on les connaît et qu'on les aime. Pourquoi prendre le risque de choisir autre chose et d'être déçu? C'est le principe de la zone de confort. C'est sûr, calme et sans risques,bref ça a l'air rassurant et bien.

     

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    Il me semble que la première fois que j'ai repoussé mes limites, et que j'ai tenté une incursion hors de ma zone de confort, c'est quand j'ai décidé de reprendre des études. Je ne savais pas du tout à quoi m'attendre, je ne savais pas du tout si ça me plairait, j'ai très vite compris que c'était épuisant physiquement et mentalement, bien qu'en même temps très vivifiant et terriblement excitant. Durant mes deux années de baccalauréat en droit, j'ai accepté les obstacles soudains comme autant de mini-défis imposés. Même si imprévus à la base, ils faisaient au final partie de la partition. Ce n'est à chaque fois qu'après coup que je me permettais de me dire: "punaise, tu as encore repoussé tes limites!", et je me permettais un brin de fierté.

     

    A force de renvoyer les limites jouer plus loin, on s'habitue. Plus rien ne semble vraiment impossible. Alors on continue à empiler les défis, les couches de vie. On accepte de nouveaux challenges professionnels, de nouvelles expériences. On pressent quand même que c'est de moins en moins simple d'accumuler, qu'il faut de plus en plus jongler, et faire des choix. On atteint déjà de premières limites. Il faut accepter de lâcher un peu de lest d'un côté pour mieux combiner.

     

    Moi, par exemple, j'ai dû apprendre et accepter que SuperWoman n'est pas obligée de réussir tout en une fois pour rester SuperWoman. Qu'on peut morceller ses objectifs, revoir ses prétentions légèrement à la baisse sans que ça soit un échec. Et que le fait de le savoir, de l'assumer, le transforme en réussite.

     

    Parfois aussi, un élément extérieur, non prévu à nouveau, vient ajouter au questionnement: que suis-je capable de supporter? Comment vais-je gérer les différents éléments sans me perdre et me rendre malade? Jusqu'où dois-je me battre avant de déclarer forfait?

     

    De la pleine conscience, j'ai appris à me concentrer sur chaque jour, à traiter au jour le jour ce qui peut l'être, et à accepter l'incertitude qui accompagne le fait qu'on ne gère pas tout en même temps. Je me rends compte en l'écrivant que je ne suis pas très claire... :-) En gros: j'ai appris à accepter l'éventualité d'un échec, dans tous les aspects de ma vie. Ca ne rend pas l'échec plus agréable, mais ça permet de le digérer plus vite.

     

    Je ne connais pas encore totalement mes limites, je tâtonne encore pour voir quelles sont celles que je peux encore franchir et celles qu'il vaut mieux laisser dans leur coin. En tout cas, elles me semblent beaucoup plus fréquentables en se dandinant dessus, non?

     

    Lien permanent Catégories : 3615 Ma vie, Réflexion 1 commentaire
  • Le Diable au corps

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    Au cas où vous sortiriez à peine d'un sommeil de cent ans, ou d'un frigo, la Coupe du Monde 2014 a commencé, et commencé pour les Belges aussi (hiiii!). Douze ans qu'on attendait ça, la dernière fois, j'étais aux études (tiens tiens...) et on regardait les matches serrés dans la salle télé de l'immeuble communautaire ou je vivais. Aaaaah, c'était cool, c'était le bon temps *soupir*.

     

    Le foot, j'ai toujours bien aimé: je ne suis pas une acharnée, mais je garde un oeil sur les résultats du championnat, et j'aime bien regarder l'un ou l'autre match à la télé. Avec M. Léludemoncoeur qui, lui, me regarde d'un air inquiet hurler quand les Belges marquent (et se qualifient pour la Coupe du Monde, par exemple).

     

    C'est de famille: quand j'étais gamine, on regardait, mes soeurs et moi, le foot avec notre papa. Lui restait impassible, commentant les phases de jeu d'un "ouh! bien joué!" ou autre "mmmh, mal embarqué!" tandis qu'à côté de lui, cinq furies criaient, dansaient, s'énervaient et sautaient dans le fauteuil. Depuis, les études, le départ du nid familial et, surtout, l'absence de l'équipe nationale dans les grandes compétitions ne nous ont plus vraiment permis de vibrer de concert.

     

    Alors quand, mardi, Massoeur n°5 m'a proposé qu'on regarde le premier match des Diables Rouges ensemble, je n'ai pas hésité. Hop l'apéro et quelques Ciney (c'est pour les origines) et on commence le match la main sur le coeur pour l'hymne national.

     

    Ah! Je n'ai pas été déçue! On a frémi, on a pesté, on s'est levées, on s'est rassises, on s'est arraché quelques cheveux et puis à la septantième minute, on a explosé de joie, hurlé, dansé, on s'est congratulées. On a trinqué, aussi, et ri, et puis on a refait pareil dix minutes plus tard.

     

    A la fin du match, un simple sms, "ouf!", m'a ramenée une quinzaine d'années en arrière, avec un papa placide et cinq furies. Là, on n'était que deux (et une troisième au bout des doigts sur Facebook), mais les émotions étaient presque les mêmes.

     

    Et toi, t'aimes le foot? L'ambiance qu'il y a autour? Tu connais les règles du hors-jeu? ;-)

     

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  • Une soupe au débotté

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    Depuis quelques semaines, j'essaie d'aller chaque samedi faire un tour chez le primeur, au marché près de chez moi. J'adore son étal coloré: tomates multicolores, courgettes jaunes, radis blancs, il a de tout pour faire saliver et activer l'imagination.

     

    La semaine dernière, je me suis laissé tenter par une énoooorme botte de radis blancs, autant pour les radis en eux-mêmes (ils sont légèrement plus piquants que les radis "normaux") que pour leurs fanes. Tu crois que ces machins verts au bout des radis ne servent à rien? Détrompe-toi, c'est quasiment le meilleur.

     

    Parce que des fanes, on peut en faire de la soupe. Et perso, je suis très très fan(es). Pour vous dire, la soupe de fanes de radis est ma préférée depuis... ouh! tellement longtemps que je ne sais plus quand. C'est bon, c'est un peu piquant, ça ne ressemble à rien d'autre. Ca faisait également extrêmement longtemps que je n'en avais plus mangé (et encore moins préparé). En voyant toutes ces fanes, je me suis dit que je ne pouvais pas laisser passer l'occasion de replonger dans une casserole d'enfance.

     

    Comment que ça se prépare?

     

    Tu prends tes fanes de radis, que tu vas bien nettoyer pour enlever le sable et les crasses éventuelles.

    Tu prends un peu d'oignon, un peu de beurre, un peu de pomme-de-terre (perso, je suis plus du tout une adepte des patates dans la soupe, alors j'en mets juste une ou deux pour lier le tout).

    Tu prends deux cubes de bouillon de légumes et de l'eau.

     

    Tu fais revenir tes oignons, tes patates et des fanes dans le beurre, puis tu mouilles avec ton eau et tu ajoutes tes cubes de bouillon. Tu laisses cuire jusqu'à ce que tes pommes-de-terre soient cuites, et puis tu mixes. Ya même pas forcément besoin d'ajouter du sel, rapport que la soupe a déjà du caractère en elle-même.

     

    Verdict: Même M. Léludemoncoeur en a mangé (c'est mon maître mètre étalon de la mangeabilité) et il a trouvé que ça ressemblait un peu à de la soupe au cerfeuil, ma deuxième soupe préférée (coïncidence? mmmmmh...). On dira donc que cette recette super simple et écolo (bah oui, au final on jette rien) est adoptée :-)

     

    Et si tu cherches quoi faire avec des fanes de carottes, ma copine Belle Ginette a une recette ici!

  • Prendre distance et être présente

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    Je me suis souvent demandé si la félicité que je ressens la plupart du temps n'était due qu'au fait que ma vie est relativement tranquille et épargnée ou si elle s'ancrait plus profondément. Bref, si elle était conjoncturelle ou structurelle.

     

    J'ai eu l'occasion, ces derniers temps, de l'éprouver dans quelques difficultés. Oh! Rien d'insurmontable! D'ailleurs, j'ai l'impression que c'est à peu près surmonté (bien qu'on ne puisse jurer de rien :-) ). Mais quelques semaines où tout de même on se demande comment on va gérer, si on va s'en sortir, et si ça vaut la peine. Des doutes, de la peur, parfois une pointe de désespoir (c'est le pire, me semble-t-il, mais on reviendra peut-être un jour là-dessus).

     

    La plupart du temps, j'ai eu l'impression de pouvoir passer à travers cela relativement sereinement. Sans me perdre. Sans trop m'écorcher. En y repensant, je crois que la pleine conscience y est pour beaucoup.

     

    La pleine conscience, je l'ai découverte il ya deux ans, à mon trentième anniversaire. Je cherchais une technique de méditation qui m'aide à me reconcentrer, à regrappiller ces parcelles d'attention crapuleusement détournées par la vie moderne (aka l'iPhone et ses congénères). J'ai reçu "Méditer, jour après jour" de... tadaaaam Christophe André (mais il dort quand, hein?!), et j'ai commencé à m'initier à la méditation de pleine conscience. Respirer, habiter son corps, se rendre présent à l'instant, observer ses pensées, accepter ses émotions, toutes des bases de la pleine conscience.

     

    Ca a l'air facile, comme ça, mais ça demande de la pratique (normalement, il faut s'exercer quotidiennement). Autant dire qu'en ce qui me concerne, on oublie la pratique quotidienne. Le livre est devenu une de mes béquilles intellectuelles, de celles qu'on reprend en main quand on est un peu fatigué. Mais je laisse infuser les préceptes depuis deux ans, en combinaison avec d'autres, comme la bienveillance ou l'alternance du positif et du négatif.

     

    J'aime particulièrement l'idée d'accueillir ses émotions, positives ou négatives, sans les critiquer ni les juger. Se recueillir, s'observer, accepter de ressentir ce que l'on ressent. Si c'est positif, s'en emplir; si c'est négatif, regarder. Regarder, observer, c'est déjà prendre distance, c'est éviter de se laisser envahir. C'est acter cette émotion comme un fait, et ne pas lui accorder plus de place que ce qu'elle mérite.

     

    J'aime aussi l'idée d'être intensément dans le moment présent. Pas dans les soucis qui minent l'esprit, pas dans les projets qu'on caresse pour après. Juste dans le moment. En remarquer les détails, et il y en a toujours bien un qui enjolive le tout. Même légèrement, même provisoirement.

     

    Alors pendant les semaines plus difficiles, j'ai appliqué cela. Parfois sans vraiment le chercher, juste en appliquant obstinément mon credo de chercher le beau et le bon partout. J'ai essayé d'accepter mes émotions, positives ou négatives, de me concentrer sur l'instant présent, sans me rendre trop malheureuse sur ce que je ne pouvais pas changer.

     

    J'ai goûté plus que jamais l'amitié, la sollicitude, l'amour, l'aide. J'ai ressenti des émotions incroyables, gratitude, amour, complicité, espoir, qui me font dire que globalement, cette période n'a finalement pas été vraiment négative. Du coup, j'ai redoublé d'efforts dans la "vraie" pratique de la méditation, en m'accordant régulièrement des moments de pause pour souffler et me recentrer. Et parce que le bonheur et la zenitude, c'est mieux à plusieurs, j'essaie de convertir M. Léludemoncoeur ;-)