• De là-bas, d'ici

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    (Voici un billet rédigé avec mes tripes le 1er avril -mais ce n'est pas une blague- en réaction à une information que vous pourrez lire ici, qui n'est pas une blague non plus. J'avais décidé de le garder pour moi et puis... en fait, ce genre de cas se multiplie en Belgique et ça me révolte et ça me fait peur. Alors voilà mon ressenti.)

     

    Mon amoureux n'aime pas le foot. Il peut me regarder m'enflammer pour un match en gardant l'œil torve et légèrement inquiet de celui qui voit sa copine prendre un coup de folie.


    Mon amoureux n'aime pas les melanzane alla parmiggiana, ni la saucisse au fenouil, ni même la pasta al forno, encore moins les cannoli. Il aime le steak sauce roquefort, les frites à tous les repas (si on l'écoutait), la bière spéciale, le pain steak de chez Yani (les Louviérois savent).


    Mon amoureux parle l'italien comme à Rome, il sait aussi le sicilien, mais au téléphone et en vrai, souvent, on lui demande s'il est français. Non, comme ça, pour rien, ton accent, là...


    Mon amoureux est né ici, mais sa nationalité le rattache à là-bas, d'où ses parents sont partis pour tenter leur chance et puis faire tourner l'économie d'ici, aussi. Comme une bonne partie de la famille.


    C'était les prémisses de l'Europe, la Communauté de l'acier et du charbon, ou juste après. De l'immigration économique, de l'intégration réussie, mais un lien de cœur avec le pays. Une nationalité, un symbole. D'ailleurs à la génération suivante, c'est la nationalité belge qui l'emporte. Aussi parce que la double nationalité n'était pas permise.


    Il y a quelques temps, on a commencé à voir fleurir les histoires d'européens, français, italiens ou espagnols, sommés de quitter la Belgique parce qu'ils étaient une charge déraisonnable pour l'Etat: sans revenus, ou avec un statut ou un emploi précaires, ils entraient dans les conditions posées par l'Europe pour se faire virer de Belgique. Va traîner ta (supposée) misère ailleurs étranger.



    Aujourd'hui, je lis qu'un Italien né ici a lui aussi reçu un ordre de quitter le territoire. Parce qu'incapable de prouver des revenus suffisants, parce que des trous dans son parcours administratif entourent sa vie d'un peu de flou. La solution pour pouvoir rester? Que sa compagne se porte garante pour lui.


    Et là, bam. Cette histoire, ça pourrait être nous. On n'est jamais à l'abri d'un coup du sort, d'un différend avec son patron, d'une restructuration, d'une envie de créer son job, avec un temps de flottement financier. Que devrions-nous faire?


    Nous marier pour lui assurer de pouvoir rester en Belgique? Et risquer un refus de l'officier d'état civil pour fraude au titre de séjour? Faire un gosse et plaider le regroupement familial? Faire les démarches pour devenir Belge? Ça coûte 150 euros, le prix d'une certaine tranquillité, sans doute.


    Mais quand même... Personnellement, je suis très contente de ce mélange de nationalités, je trouve intéressant cette histoire, ce marqueur du parcours personnel. Et si un jour j'ai des enfants, j'aimerais qu'ils aient cette double nationalité, pour moi un excellent moyen aussi de leur faire prendre conscience de leur bagage et d'où ils viennent.



    Mais peut-être que cette déclaration, je devrais la faire dans un minuscule village de Sicile, où je suivrais bien entendu mon expulsé d'ici.

  • Happy in the rain

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    Une jolie robe portefeuille et des chaussures à talon. L'imper d'été ressorti pour la première fois de l'année. Le genre de tenue qui attire le compliment ambigu par excellence "oh! mais t'es toute belle aujourd'hui!" (quoi, d'habitude chuis toute moche, c'est ça?? :-o :D). Il est vingt heures quand je sors du tram. Je viens de promettre à M. Léludemoncoeur que dans dix minutes grand max je suis là.

     

    Et puis d'un coup, la pluie. Non, pardon, pas la pluie, la drache. Je pourrais courir, comme le font les autres, mais j'ai des talons, et puis je suis chargée. Pas de parapluie, pas vraiment d'endroit pour m'abriter et espérer que ça passe.

     

    Alors j'accepte. J'accepte que je serai trempée, comme à la sortie de la douche. En fait, ce n'est pas vraiment désagréable. Il ne fait pas froid, je ne suis pas gelée.

     

    Je souris, je rigole, même. Et je chantonne. J'ai la chance de vivre quasiment la scène mythique de mon film préféré. On n'est pas à Los Angeles, je ne prends pas le temps de danser, mais qu'importe! Là, je suis Gene Kelly souriant à la pluie.

     

    Dans quelques minutes, on rigolera de mon air piteux, j'irai me changer, faire sécher tous mes vêtements. Mais là, cette pluie battante, la musique en tête, c'est un moment de bonheur inattendu.

     

  • Un pied devant l'autre

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    Juste parce que le lundi est le début de la semaine (sans blague!) et donc à ce titre le début idéal ou fantasmé des bonnes résolutions. On a déjà parlé ici des débuts du jogging et aussi des conséquences inattendues, genre le compliment qui fait du bien par où il passe "tu as maigri, toi, non?".

     

    Je vois fleurir sur Instagram et sur Facebook des selfies post-courses, des stats, des commentaires plein de fierté, et j'adore ça! Les conversations s'alimentent avec les collègues, les copines, les voisins. "Et toi, tu cours combien?" Il y a de l'émulation, de la solidarité, j'aime bien :-)

     

    Alors si toi aussi, tu voudrais bien, mais que tu ne sais pas trop par où commencer, voici ici le plan d'entraînement que j'ai suivi pour arriver en sept semaines à courir 5 kilomètres en (environ) une demi-heure. Mais le site propose plusieurs timings différents, pour s'adapter à toutes les conditions physiques et tous les rythmes.

     

    Et si tu ne commences pas aujourd'hui, bah... pas grave, yaura d'autres lundis! ;-)

     

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    Source: pinterest

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  • Douce heure

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    Il flotte dans l'air un parfum de violette. Sur la table, les restes de la conversation du soir. Trois verres à cocktails, deux tasses, un infuseur à thé. C'est lui qui exhale la violette. De ce fameux thé senti au Cha-Hû-Thé alors que je m'extasiais sur des théières (mon prochain achat cocooning, c'est certain).

     

    Je sentais cette violette, ce matin, et j'étais bien. C'est difficile de ne pas être bien en sentant ce parfum si doux, si familier. On ferme les yeux et on est dans une vieille salle de cinéma, un bonbon à la violette fondant dans la bouche au rythme du film. L'achat des violettes était au moins aussi important que le film qu'on allait voir. C'était bon, même si ça coûtait quasiment le prix du ticket.

     

    La violette, c'est aussi cette odeur en ouvrant le pot de Météorites de Guerlain. Le plaisir de s'envelopper d'un parfum délicat, d'une féminité, d'une sorte de rendez-vous secret avec soi-même.

     

    Et maintenant, la violette, c'est encore ce thé, propice aux confidences et à la bienveillance. Le genre de moment qu'on peut s'offrir à soi-même comme une pause, ou partager avec une ou des amies. Il faudra, c'est obligé, cette théière qui invite à prendre le temps, qui dit qu'il en reste encore, qu'on va partager, qui permettra de soulever le couvercle pour sentir avec gourmandise l'arôme du thé. On reprendra les discussions.

     

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    Je veux celle-là, oui!

     

    (Je vous conseille vraiment le Cha-Hû-Thé si vous passez par Louvain-La-Neuve (ou leur e-shop, bien que je ne l'aie pas encore testé). Ils ont un choix de thés absolument impressionnant, et de la vaisselle à ne plus savoir où donner de la tête.

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