• L'enfance au fond du sachet

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    Ca n'a pas manqué quand j'ai vu les baraques de foire s'installer pour le carnaval de la commune sur la place près de chez moi. Une lueur gourmande s'est allumée au fond de mon regard et j'ai su, oui j'ai su, que je succomberais à la tentation.

     

    Oh non! Pas la tentation des "autoscooters" (à prononcer "autoscotères" évidemment ;-) ), ni celle du manège avec des vrais poneys, qui me paraissait si génial quand j'étais enfant et si triste et pitoyable maintenant.

     

    Non non! Celle de la gourmandise pure, du sucre plein les doigts, la tentation des croustillons.

     

    Ah! ces boules de pâtes jetées dans l'huile de friture, ces beignets sans fruit, avec juste une maxidose de sucre impalpable, qui tombent sur l'estomac sitôt enfournés, mais diable que c'est bon!

     

    Quand j'étais petite et que mes parents nous emmenaient, mes soeurs et moi, au dernier jour de la Foire de Namur, nous pouvions choisir chacune deux attractions et un truc à manger. Après les poneys susmentionnés et puis une attraction qui chatouille le ventre (montagnes russes, au hasard), je choisissais souvent ces croustillons qui faisaient briller les doigts (de graisse) avant de les faire coller (de sucre). Et c'était boooooon.

     

    Depuis, l'adolescence, la puberté et le régime M&M's (Meight Matchers, vous vous souvenez? ;-) ) sont passés par là et il est un peu plus difficile de regarder un paquet de croustillons avec le seul regard de la gourmandise insouciance.

     

    Mais soit! Mardi soir, prête psychologiquement, je m'en suis allée jusqu'au vendeur de croustillons pour aller chercher ma dose (et la ramener pour la manger dans mon fauteuil, on vieillit, que voulez-vous...). Sept croustillons dorés, sucrés plus qu'il n'en faut, nichés au fond de leur cornet de papier. Brûlants, moelleux, ils m'ont replongée dans les goûts de l'enfance. Des goûts de ravissement, de découverte, de musique "boum boum", d'activité privilégiée et exceptionnelle (non, je ne fais pas ma Cosette, non, mais oui, aller à la Foire, c'était pas tous les jours tout le temps ;-) ).

     

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    Et rien que pour cette attraction-là, ce retour dans le temps, mes sept croustillons ont valu leurs (milliers de?) calories :-p

  • Tu veux être ton copain?

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    Je me suis rarement perdu de vue: je me suis détesté, je me suis adoré -puis, nous avons vieilli ensemble (Paul Valéry)*

     

    Dans les nombreuses conversations qui occupent mes soirées revient souvent le thème de la façon dont on se traite soi-même, de la façon dont on s'accepte, ou pas.

     

    Ce n'est pas toujours facile de composer avec sa propre gueule, ses défauts, ses ambitions avortées et ses rêves à moitié avouables et parfois totalement abandonnés. Qui n'a jamais eu envie de se foutre une baffe pour avoir dit ou fait (ou pas) quelque chose? Qui ne s'est jamais insulté d'un bon gros sonore "mais quel(le) con(ne)!!"?

     

    Si tu y penses parfois et puis qu't'oublies, c'est normal, c'est la vie (c'est la vie). Le problème, c'est quand ça commence à te bouffer, à déformer ton regard sur toi-même, que tu finis par te persuader que tu ES nul, forcément nul, et tellement moins bien/plus minable que les autres.

     

    Le problème aussi, c'est qu'on nous apprend très tôt à être exigeant avec nous-mêmes, à se dépasser, à ne pas se laisser de répit ni à se laisser aller, à ne jamais se satisfaire de ce qu'on a obtenu. "C'est bien, mais tu peux faire mieux."

     

    Alors on souffre. On s'invective. Parfois même on se cogne littéralement la tête au mur pour se punir d'être tellement nul. Cette anecdote, c'est Christophe André qui la raconte dans "Imparfaits, libres et heureux - Pratiques de l'estime de soi". Un de ses patients se tapait la tête au mur en s'insultant au moindre événement qu'il considérait comme un échec. Il a pris conscience de la violence de ce comportement quand il a vu son fils reproduire la même chose.

     

    Est-on condamné à s'engueuler soi-même à longueur de vie? Non. La clé, c'est la bienveillance. De celle dont on fait preuve avec ses amis. Aucun de nos amis n'est absolument parfait, doté uniquement de qualités sans aucun défaut ou caractéristiques qui nous font tiquer (non, même pas vous, mes ami.e.s, même si vous êtes formidables). Et pourtant on les aime. On passe sur ces (mini) défauts et on continue à les voir sans les insulter. On compose avec les côtés négatifs parce qu'on préfère les côtés positifs, et qu'on sait que personne n'est parfait, alors pourquoi nos amis le seraient? On les regarde avec tendresse, on s'émerveille parfois que malgré tous nos défauts ils soient heureux d'être là, en notre compagnie, et on sait qu'ils pensent la même chose, peut-être, de leur côté. On se sourit.

     

    Et s'il arrive que l'un s'épanche sur un échec, un malheur, une erreur, on lui tapote l'épaule, on lui caresse les cheveux, on lui dit que ça arrive, que c'est pas si grave, qu'il s'en remettra et apprendra de cela, même si c'est pas facile à entendre et à croire au début. On assure qu'on sera là, au bout du fil, juste au cas où. Qu'il n'hésite surtout pas. On fait preuve de bienveillance.

     

    Je suis persuadée que la bienveillance est la clé. Celle qui permet d'avancer sans se démolir, d'être exigeant avec soi-même sans se faire (du) mal, d'avoir une relation apaisée avec le monde et avec soi. Après tout, devoir vivre jusqu'à la fin de sa vie avec quelqu'un qu'on ne peut pas saquer et/ou qu'on maltraite, c'est un peu glauque, non?

     

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    Self hug, trouvé sur Pinterest

     

    Si le sujet vous intéresse, je ne peux que vous conseiller chaleureusement (une fois de plus) Imparfaits, libres et heureux, de Christophe André. Plus je lis ce qu'il écrit, plus j'éprouve de l'admiration et de la gratitude d'arriver à toucher si bien au coeur des choses et le coeur des  gens.

     

     

    *cité dans le livre

    Lien permanent Catégories : 3615 Ma vie, Réflexion 2 commentaires
  • Les conséquences inattendues

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    Aujourd'hui, ça fait presque tout pile* deux mois que je me suis mise à courir. Sept semaines d'entraînement et un premier objectif atteint: courir cinq kilomètres sans pleurer ma mère ou cracher mes poumons. Ca représente environ une demi-heure de course pure, et puis un peu de marche mêlée à quelques foulées supplémentaires ensuite car, oui, ça me file une énergie de dingue. Mais le jogging a quelques autres conséquences auxquelles je ne m'attendais pas forcément:

     

    Je ne culpabilise plus (trop): je ne compte plus le nombre de fois où je me suis surprise à penser "je peux, je suis allée courir hier/ce matin" ou "pas grave, j'irai courir pour éliminer" au moment de tendre la main vers une part de tarte au citron meringuée ou autre douceur. Ya pas photo, c'est quand même mieux de manger avec délectation et gourmandise, ces chouettes copines, qu'avec gêne et culpabilité, ces rabat-joie. Je crois que je mange moins, aussi, même si je ne suis pas (encore) parvenue à supprimer grignotages et cochonneries (et là, c'est pas super simple de pas culpabiliser).

     

    Je craque sur des baskets: oui oui, ces horriiiiiiiiibles trucs pour courir! Je me surprends à chercher les plus jolis modèles (si si! ça existe!) et à envisager d'en porter parfois même quand je ne fais pas de sport. *tombe à la renverse*

     

    Je fais systématiquement un détour par le rayon sport de mon H&M: shorts sympas à 9,95 euros, top léopard, couleurs flashy ou neutre, ils ont étoffé leur gamme (ya même des baskets, mais pour courir, comment dire... je ne ferais pas trop confiance ;-) ) et tout fait envie :-)

     

    Le soleil me donne des fourmis dans les jambes: c'est irrésistible. J'aurais envie d'aller courir tous les jours, juste pour le plaisir de profiter du soleil. Quoi? En terrasse avec une bonne bière, c'est aussi profiter du soleil? Certes...

     

    Je regarde les joggers d'un oeil neuf: Non, pas avec gourmandise (quoique...) (juste pour l'activité physique, on se calme!) Je regarde le type de foulée, la façon de poser les pieds (et yen a certains, c'est fun, mais ça doit être douloureux sur le long terme), et je me demande à chaque fois s'il existe un signe de reconnaissance et de solidarité. Dans le doute, je me contente de sourire béatement.

     

    Ca me colle le smile: ça file une banane d'enfer, et durable. Augmenté d'une confiance en ses capacités boostée, bonjour le cassage de baraque! :-)

     

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    (source: pinterest)

     

    Je suis tout bonnement incapable de courir en musique: parce que je suis alors tellement concentrée sur la musique que je respire n'importe comment, et si je respire n'importe comment, je cours n'importe comment aussi. La seule chanson sur laquelle j'arrive à courir sans mourir étouffée, c'est Beneath your Beautiful.

     

     

     

     

     

    * c'est à peu près exactement la bonne expression, tu vois?