• Là-bas d'ici

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    Ca doit être les vacances, du moins celles des autres. L'envie de partir, de s'évader, même quelques jours, revient et frappe au ventre.

     

    Je le sens, c'est physique, ce manque de mes villes. De mes souvenirs, de mes coups de coeur, de ces endroits que je retrouve comme des petits cailloux semés sur le chemin. Je n'ai pas besoin de me forcer pour sentir sous mes doigts le métal des potelets parisiens, l'odeur de Saint-Michel, la caresse du papier et la promesse du plaisir de lecture chez Gibert Jeune. Je me rappelle le plaisir d'un resto, d'un tour au Marché des Enfants rouges, le goût de cette assiette de charcuterie et le daïquiri qui l'accompagne, je salive à leur souvenir.

     

    Je sens Oxford Street, la fébrilité du métro, la douceur de Swiss Cottage, la gageure pour trouver quelque chose de bon, qui nous plaise à tous les deux, qui ne soit pas trop trop cher. Je revois ces english breakfasts, ces siestes à Hyde Park, le sourire de triomphe en exhibant une pièce griffée en seconde main ou des chaussures tellement différentes de ce qu'on voit ici. Le vent pique sur mon visage le long de la Tamise, il reste tellement de choses à découvrir, tellement de Londres à aimer.

     

    Je sens l'air marin de Stockholm, ces larges avenues laissant une large place aux piétons, et puis ces ruelles flanquées de maisons colorées. Je salive du saumon, du déjeuner salé, de l'eau, des gens tellement gentils, d'un jardin en ville où il est tellement bon de manger.

     

    Je rêve Amsterdam, mais plus tard, quand le froid s'emparera de ses canaux. Je patiente pour m'y projeter et là, vraiment, réserver une escapade.

     

    Je ne pars pas, mais je m'évade, et c'est délicieusement douloureux.

  • Papoue aux pieds nus

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    J'ai dû être une papoue aux pieds nus, dans une autre vie. Ou une princesse romaine qu'on baladait uniquement en chaise à porteurs. Ou peut-être fakir marchant sur des braises, jusqu'à s'en niquer les pieds pour quatre réincarnations.

     

    Car -c'est ma grande malédiction- j'ai mal aux pieds, du moins quand je dois mettre des chaussures. Je suis un vrai cas désespéré, d'autant qu'en bon cliché ambulant, je suis totalement fan des chaussures, et encore plus des sandales en tout genre.

     

    Déjà, je fais du 39,5. Pas du 39, pas du 40, non, du 39,5. Vas-y, toi, pour trouver du 39,5 dans des marques mainstream! (non parce que tu penses, j'ai regardé: chez Louboutin, ils en ont, du 39,5, et chez Sergio Rossi aussi) La seule marque à laquelle je pense, c'est Converse: eux, ils proposent du 6,5. Ca donne des scènes cocasses à Londres, où je partais à la recherche de Converse mauves: "Hello, do you have these in six and a half?" répété à l'envi, je te raconte même pas comment je tenais bien le "hâââââââlf" à la fin de ma quête désespérée. Donc me voilà chaussée confo en Converse, c'est bien.

     

    Sauf que des Converse rose saumon avec une little black dress, c'est pas... comment dire? Le top de la sexytude. Il faut donc (quel dommage!) étendre la gamme de chaussures disponibles et, comme vous l'avez compris ci-dessus, ce n'est pas très difficile. Enfin, ce n'est pas très difficile de craquer pour des modèles tous plus jolis les uns que les autres. C'est une autre histoire d'arriver au bout de la journée sans grimacer de douleurs parce que la Petite Sirène, à côté, c'est une petite joueuse*.

     

    Entre les lanières qui frottent et chauffent les orteils et les talons qui, au bout de la journée, font protester la plante des pieds, c'est le casse-tête casse-pied devant l'armoire à chaussures le matin pour élaborer une stratégie "feet-friendly" quand je dois me balader toute la journée.

     

    J'ai bien essayé les Birkenstocks, sacrifiant une once de glamour au profit du confort ultime. Je peux donc vous annoncer que je suis la seule personne sur cette planète à boitiller jusqu'à une pharmacie sicilienne afin d'aller quémander de quoi panser mes cloques causées par mes Birkenstocks (poète, jusque dans la douleur, tu noteras).

     

    Pleine d'espoir, j'ai aussi opté pour des Bensimon, choisies irisées pour ne pas tout sacrifier niveau coquetterie. Bilan d'une petite trotte dans le centre: une cloque à vif et une pour chaque orteil. C'est compris, je suis maudite!

     

    Alors quand j'ai vu ces petites merveilles chez Comptoir des cotonniers, le genre de sandales qui ont le mérite de cumuler confort, esthétique et prix raisonnable, j'ai foncé (et fait une petite danse de la joie).

     

    La suite, vous la connaissez: mes genoux se chargent encore aujourd'hui de me rappeler que, décidément, je devrais demander une chaise à porteurs (et les porteurs assortis) pour mon prochain Noël...

     

     

     

     

    *on rappelle que dans la version non-disneyienne, la Petite Sirène a l'impression de marcher sur des lames de rasoir, avec ses pieds tout neufs

  • Reine de la chute

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    Tu connais l'histoire de la blonde qui va chez le coiffeur?

     

    C'est une blonde qui va chez le coiffeur. Elle demande une coupe, mais elle garde ses écouteurs et son iPod pour aller au shampooing. Le coiffeur lui demande de retirer son iPod. Elle refuse. "Je ne peux pas l'enlever, sinon je meurs!" Le coiffeur insiste, elle finit par le retirer, et tombe effectivement raide morte. Le coiffeur, étonné, porte les écouteurs à ses oreilles et entend "iiiiinspire, eeeeexpire! Iiiiinspire, eeeeexpire!"

     

    C'est (pas) drôle, hein!

     

    Moi, c'est un peu pareil, sauf que j'ai pas besoin d'un iPod pour me dire de respirer, mais plutôt de marcher droit, et de pas me planter (surtout). Ok, je suis un peu blonde (un beau blond vénitien, paraît), mais tout de même, ça devient un peu gênant...

     

    Je suis la pro du vol plané dans les escaliers, de préférence en public, sinon ce serait moins drôle.

     

    Il suffit d'une plaque de verglas pour que je parte en arrière. Mon coude droit tremble encore de la dernière chute, mi-mars.

     

    Et voilà-t'y-pas que cette semaine, en deux jours, je fais exactement la même chute: ma cheville se tord, je perds l'équilibre et je m'étale de tout mon long sur le trottoir en jurant un bon coup. Effet garanti (surtout sur mes deux genoux, qui pensent sérieusement à une grève au finish).

     

    Le pire, dans l'histoire, c'est qu'en général, je me répète des trucs du style: "bon, fais gaffe, tu sais qu'il y a de la neige gelée et que c'est glissant. Tu ne veux pas finir à l'hosto comme tous ces maladroits dont on parle au JT! Aaaaah! Enfin l'objectif est en vue, et tu n'as pas glissé, bravOOOOOOAAAAAAAÏEEEE BOUM!" ou bien "ouh! Attention, des pavés pas super planes, fais des petits pas, ce serait con de tomber alors que tu as un sac de courses avec toi. Bravo, tu as passé l'obstacle, oh! les beaux fruIIIIIIIITTS BOUM AH PUTAIN BORDEL!"

     

    Je ravale ma fierté, quelques larmes de honte, je souris au seul monsieur qui se demande si ça va et puis je claudique jusque chez moi.

     

    L'idéal, maintenant, ce serait d'arriver à transposer ce talent à mes billets blog et mes articles. Ce jour-là, je pense, je serai la Queen of zîî écriture.

     

    Boum!

    Lien permanent Catégories : 3615 Ma vie, Futilités 0 commentaire
  • Rétroviseur

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    Voilà. Moins de deux ans après avoir pris une grande respiration et sauté dans l'inconnu, dans ces études de droit en horaire décalé, me voilà bachelière. Diplômée avec distinction. Même dans mes rêves les plus fous, je n'avais pas imaginé cela. Mais en avais-je rêvé?

     

    Si on avait dit à l'ado que j'étais à 18 ans qu'un jour elle ferait des études de droit.

    Si on lui avait dit qu'elle se passionnerait, qu'elle s'en délecterait, qu'elle aimerait décortiquer la procédure devant le Conseil d'Etat, que la trilogie Flandria-Anca-Ferrara lui parlerait plus que celle de Star Wars, qu'elle aimerait le droit de la famille, et aussi celui du travail, et aussi le droit pénal, tout comme le droit administratif;

    Si on lui avait dit qu'elle ferait des blagues de juriste, et ferait des RT de "ahahah, un confrère m'a envoyé des conclusions "in nomine litis", RT si tu as ri aussi!", et qu'elle comprendrait avec deux ans de retard des subtilités de l'arrêt Ghislenghien;

    Si on lui avait dit que, non contente de prendre son pied à découvrir le droit, elle réussirait ses examens et ferait une distinction deux années d'affilée;

    Si on lui avait dit tout ça, à la nana de 18 ans, elle aurait rigolé, je crois, et aurait appelé un psy.

     

    Mais le fait est là, j'ai aimé ce rythme de fou, ce sentiment, parfois, d'être dépassée par plus grand que moi, et puis de reprendre le dessus progressivement. Je me suis habituée aux journées, aux semaines, aux mois de malade, au point d'en vouloir plus, de me sentir capable de plus, et de me coller sur le dos d'autres obligations, d'autres challenges.

     

    J'ai mené de front un boulot, des études, un mandat syndical, l'achat d'un appart puis l'emménagement, une vie amoureuse et un brin de vie sociale. Quand je regarde en arrière, j'ai un peu le tournis. Mais putain que c'est bon!

     

    J'ai faim, soif, de connaissances, d'apprentissage. J'ai 31 ans, il me reste tellement, tellement à découvrir!