• Rendez-vous à 20h10

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    La Vie commence à 20h10. C'est pas moi qui le dis, c'est un bouquin que M. Léludemoncoeur m'a ramené de sa virée parisienne.

     

    "Elle s'appelle Sophie. Elle a 30 ans. C'est une looseuse, je me suis dit qu'il y aurait matière à identification", m'a-t-il crânement lâché, inconscient du danger (oui, j'étais à quelques heures d'un examen, ça aurait pu faire exploser la cocotte minute) (bon, là, si des gars de la NSA me lisent, je file direct à Guantanamo...)

     

    Bref, M. Léludemoncoeur m'avait rapporté un livre de chicklitt écrit par un mec et illustré (sur la couverture uniquement, on n'est pas dans une BD, merde!) par Margaux Motin.

     

    Ce bouquin, c'est d'abord deux pages de ce que les blogueurs ont pensé du livre. Ca pose le truc: ici, on est dans du MO-DERNE, du truc de dernière génération, tu vois?

     

    Bon, je vous remets le (vrai) pitch:

     

    "Si, si, tout va bien, je vous assure. Après, à trente ans, j'avoue, j'imaginais ma vie un peu différemment. J'aurais bien aimé avoir terminé ma thèse. Avoir un job, un salaire, tout ça. Et si un éditeur avait pu accepter le roman que j'écris en secret...

     

    Quand une productrice propose à Sophie tout à la fois (un job et la promesse que son roman sera publié), ça sort du coeur: oui! Malheureusement pour elle, le job en question consiste à fabriquer un feuilleton télé. Un feuilleton télé? Quelle horreur! En même temps, une double vie, ça n'est pas si compliqué..."

     

     

    Est-ce la science de l'auteur (dans la vraie vie, il est scénariste)? On se laisse en tout cas embarquer très facilement dans l'histoire de Sophie, son amoureux ultra-intello et brillant, sa mère tyrannique et élitiste, sa vie à la fois plan plan et pas banale et puis cette montée à Paris pour collaborer, en secret et avec un peu de répugnance, à la création du feuilleton La Vie La Vraie, un feuilleton très populaire aux dialogues un peu neuneus, aux intrigues rebondissantes et assez incroyables, qui se passe dans le Vieux Nice et est diffusé en prime time (à 20h10, tiens tiens) sur une grande chaîne française. Toute ressemblance avec un feuilleton existant serait évidemment.... voulue.

     

    Le livre fait 500 pages, mais il se lit (très) rapidement. Pour vous donner une idée, je l'ai lu en une journée, en ne faisant pas que ça. Mais c'est bien fichu, on s'attache aux personnages, on a envie de savoir ce qui va leur arriver à la page d'après. C'est très visuel, on attendrait presque que les personnages "pop-uppent" du livre et se mettent à jouer les scènes devant nous.

     

    C'est donc un excellent divertissement de vacances -ou post-examens.

     

     

     

    (dites donc, ça ressemblerait pas au retour du conseil lecture, ça?)

     

    Infos:

    La vie commence à 20h10, de Thomas Raphaël, 505 pages, publié en Poche.

    Lien permanent Catégories : Blog, Livre, Loisirs 3 commentaires
  • Le soulier d'or, c'est moi!

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    Je crois que ça doit remonter à l'enfance, quand ma mère refusait catégoriquement de m'acheter des "chaussures qui brillent" et que j'étais obligée, à la récré, de tanner ma copine pour qu'on échange, brièvement, mes sandalettes en cuir contre ses ballerines vernies. Cinq ans et déjà le sens du bizness...

     

    On aurait pu croire qu'en grandissant, cette attirance pour le brillant disparaîtrait. On crut d'ailleurs -moi aussi- que je n'y pensais plus. Et puis, sans doute gavée par des magazines de mode qui vous expliquent comment avoir l'air trop swag (sauf que ce mot est apparu après) en ayant l'air classique "avec un twist", comment ne pas avoir l'air too much comme une anglaise parée pour aller draguer dans un bar tout en évitant le look bonne soeur dépressive, j'en suis revenue à mon obsession du brillant. Les chaussures vernies bannies de mon enfance, certes, mais aussi le doré.

     

    Car oui, le doré en petites touches, ça rehausse un style (c'est pas moi qui le dis, j'ai dû lire ça quelque part...). On laisse tomber la robe lamé or si on n'est pas invitée sur le tapis rouge de Cannes ou de Hollywood, mais on varie les accessoires.

     

    J'ai donc longtemps cherché LA paire de pompes dorées qui donneraient un air cool mais pas too much, et figurez-vous que c'est au pays des anglaises susmentionnées que j'ai fini par les trouver. Des adorables peep toes lamées or qui, avec une petite robe noire ou un jean's, font juste l'effet qu'il faut.

     

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    Avec filtre

     

    Encouragée par ce succès, j'ai également craqué (récemment) pour des tennis irisées. Ooooooh! Du brillant à mes pieds! Les footballeurs n'ont qu'à bien se tenir!

     

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    Sans filtre

  • Soirée magique

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    J'ai 21 ans et, chaque fois que je vais prendre mon tram pour rentrer chez mes parents ou aller dans le centre-ville, j'attends devant cette maison de maître sobre et mystérieuse. L'enseigne noire et sobre indique que l'on n'est pas là pour rigoler. "La Truffe Noire", c'est pas donné à tout le monde.

     

    De la truffe, je n'en ai jamais goûté, d'ailleurs. Je sais juste que c'est un champignon rare et cher et qu'un restaurant qui porte ce nom ne doit pas être donné. On voit parfois sortir des gens, mais c'est rare. Tout semble feutré, secret. Je me demande ce que ça ferait d'y manger. Et puis mon tram passe, et je m'en vais.

     

    J'ai 31 ans et c'est mon anniversaire. Ce matin, au réveil, M. Léludemoncoeur m'a annoncé, comme ça, que ce soir on mange à La Truffe Noire. Je ne sais pas trop si je dois me réjouir (c'est quand même un sacré resto, mettant en valeur un produit que j'ai appris à connaître et que j'aime) ou avoir peur (les prix sont tellement élevés que je crains d'être déçue).

     

    M. Léludemoncoeur et moi, on a commencé à tester quelques restaurants étoilés, ces dernières années. On essaie de profiter des Restodays, où on peut manger dans un étoilé pour un prix modéré, et on prend prétexte des occasions festives -son anniversaire, le mien, le nôtre- pour réserver dans des "une étoile". Il y a eu Kamo, il y a eu l'Eveil des Sens, il y a eu le Pouic-Pouic. A chaque fois, un enchantement pour les papilles, l'envie de battre des mains, de bonheur. Un service aux petits soins, mais sans trop de chichis. Juste ce qu'il faut pour prendre pleinement conscience qu'on a de la chance d'être là.

     

    J'ai 31 ans et tout au long de la journée, je balance entre joie par anticipation et appréhension. Et puis dans le Bois de la Cambre, alors que nous sommes bloqués à un feu rouge où les voitures faisaient déjà la file il y a dix ans, alors que je me dis que le type qui fait la manche a changé, que bientôt j'apercevrai la fenêtre de mon kot, par où je pouvais voir ces automobilistes sortant du Bois (en sentant le vent à travers les châssis tout déglingués ;-) ), je prends conscience qu'il y a dix ans, jamais je n'aurais imaginé pouvoir manger dans ce restaurant étoilé, et jamais aussi "vite". J'ai de la chance...

     

    La suite de la soirée m'a totalement rassurée et enchantée. Voiturier dès l'arrivée, service aux petits soins, menu truffé-mais-pas-trop, sommelier pas chiche pour partager sa science et surtout Luigi, le patron, qui vient parler de ses bébés, ses truffes, les montre, les fait sentir. Lui non plus ne se montre pas avare de commentaires ou d'explications sur les plats qu'on vient de manger, sur la meilleure façon de faire un risotto savoureux ou de réaliser une sauce à l'estragon.

     

    Bref, j'ai eu l'impression d'un moment privilégié, dans un cocon un peu kitsch (les oeuvres exposées qui changent au gré des ultraviolets!) mais vraiment cosy. J'aurais bien envie d'y retourner juste pour goûter leur Truffe du Périgord, qui m'a l'air particulièrement impressionnante et délicieuse! :-)

     

    la structure narrative de ce billet est inspirée de MA Papote

  • Un si subtil équilibre

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    Je suis une fan de cocktails, mais pas n'importe lesquels. Je suis super exigeante et sélective.

     

    J'aime -que dis-je, j'adooooore!- le daïquiri "de base", celui au citron vert. Ne me parlez pas de daïquiri fraise, kiwi ou banane! Non, une dose de rhum, une dose de sirop de sucre de canne et une dose de citron, c'est tout ce qu'il me faut. J'aime sentir l'acide du citron me titiller les papilles et le sucre de canne venir juste derrière les rassurer. J'aime cet équilibre subtil, si subtil, que beaucoup n'arrivent pas à reproduire. Car il faut que le rhum se sente, sans trop en faire, et que cette réaction acide/sucré se fasse naturellement.

     

    Entendons-nous bien: on ne met pas de triple sec dans un daïquiri. Le triple sec, c'est pour les margaritas, l'autre cocktail dont je suis dingue, quand je préfère le piquant du sel à la douceur du sucre. On ne fait PAS une margarita avec du sucre! Non, il faut pouvoir lécher le sel sur le bord du verre, avant de prendre une gorgée de tequila citronnée. Le principe de la tequila boom boom, en plus chic, en somme.

     

    Je dis souvent pour plaisanter que quand j'aurai fini le droit, je me lancerai dans des cours de mixologie. Car oui, faire des cocktails s'apparente visiblement à une science, ou un art, ce qui n'est pas donné à tout le monde (hélas...). Combien de fois me suis-je écriée "mais c'est pas un daïquiri/une margarita, ça!" en faisant la grimace. Tout est une question d'équilibre, toujours.

     

    Et imaginez ma surprise le jour où un serveur m'a dit "le daïquiri fraise, je sais faire. Le daïquiri kiwi aussi. Le daïquiri bananes, pas de problème non plus. Mais le daïquiri au citron, j'ai jamais appris..."

     

    Si j'ai deux endroits à vous conseiller pour boire ce daïquiri-qui-titille-les-papilles, c'est Roxi, à Bruxelles, et Anges et Démons, à La Louvière. Clairement ceux qui respectent le plus cet équilibre que j'aime tant.

     

    Sur ce... santé! :-)

  • Un bain, du vin et trois bougies

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    Je ne suis pas très "bains". Me prélasser pendant des heures dans l'eau en ajoutant du chaud quand ça devient trop froid, ça m'a toujours laissée relativement indifférente.

     

     

    Mais ici, dans notre chez-nous, on a le choix, douche ou bain, séparés. Et le coin baignoire, avec baignoire en coin, invite un peu plus à la relaxation.

     

     

    Alors oui, voir l'eau chaude monter doucement, la mousse du bain crème odorant se former au fur et à mesure, allumer quelques bougies et poser un verre de vin blanc sur le rebord, ça permet de toucher de l'orteil une forme de nirvana. Etre seule avec le silence aussi. Et savoir qu'après attend une serviette moelleuse d'une marque belge, c'est la cerise sur le gateau.