• Bruxelles, on l'aime, ou pas?

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    Il y a quelques jours, une double page parue dans Libération a suscité un émoi énorme à Bruxelles, et pour cause: le correspondant du journal à Bruxelles y décrit une capitale belge et européenne infernale, moche, sale, embouteillée, bref, invivable et indigne de son rôle européen.

     

    Ayant choisi sciemment et librement de venir m'installer dans une des 19 communes bruxelloises il y a peu, je ne peux pas nier que cet article a provoqué des réactions mitigées en moi.

     

    J'adore Bruxelles. Je la trouve belle, agréable à vivre, facile. Je n'ai pas ce regard extérieur qui vante la chaleur de vivre de la capitale belge (faut sans doute être non-Belge pour le remarquer, nous, c'est juste naturel, en fait ;-) ), mais j'y ai mes ami(e)s, une bonne part de ma vie sociale et ma vie professionnelle.

     

    Si je me suis installée à la capitale (comme on dit avec un accent provincial), c'est pour éviter l'enfer de la circulation. Paradoxal? Non, si on choisit de délaisser en grande partie la voiture pour les transports en commun. Evidemment, ça oblige à des calculs stratégiques (où est-on le mieux désservi en transports? Quelles sont les communes qui me permettent de rejoindre mes spots préférés le plus efficacement possible?), mais rationnellement, ça se défend. Adios la galère pour entrer dans/sortir de Bruxelles, le stress de la route, bonjour la promiscuité dans le tram! (;-) )

     

    C'est vrai que la voiture est omniprésente à Bruxelles, qu'il faudrait des politiques pour en diminuer les nuisances, pour faire de certains endroits de Bruxelles des havres de paix comme on peut connaître à Ljubljana ou Madrid. Aider les gens à changer leurs habitudes en leur proposant des infrastructures séduisantes pour le vélo, la promenade ou les transports publics.

     

    C'est vrai aussi que la ville a encore des progrès à faire en matière de propreté. Mais ce n'est pas uniquement la faute des autorités. Je suis assez frappée de voir l'indiscipline de certains habitants, qui sortent leurs poubelles à tort et à travers (sortons trois kilos de carton le jour des PMC, et trois sacs de bouteilles en verre le jour des poubelles papier, youpie!). Ca passe sans doute par la sensibilisation et la responsabilisation des gens dans leurs quartiers, pour qu'ils se rendent compte que c'est eux qui font du quartier ce qu'il est.

     

    Quant aux pavés descellés et défoncés, qui envoient de l'eau boueuse sur le bas des pantalons, ce n'est pas propre (si j'ose dire) à Bruxelles. On rencontre le même problème partout et c'est aussi râlant à Namur qu'à Schaerbeek, j'ai envie de dire.

     

    Mais Bruxelles, ça ne se résume pas à ça. C'est aussi une ville vivante, une ville/Région qui développe ses quartiers, qui sème des bars trendy un peu partout (un volontaire pour en ouvrir un dans mon quartier, plîîîîze?) et où il fait bon vivre, tout simplement.

     

    Et si vous voulez découvrir la ville, comme Bruxellois, touriste ou "provincial" (no offence ;-) ), je vous conseille le livre "Une vie de Pintade à Bruxelles", d'Elisabeth Clauss. Elle brosse le portrait d'une ville dont les expat's ont du mal à repartir, children-friendly, portée sur la bouffe et la vie sociale. C'est le Bruxelles auquel j'ai envie de croire.

     

    Une p'tite chanson, du coup?

     

  • Le ciel, et je m'enflamme

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    L'avantage de se lever très tôt en blocus, outre que ça aide parfois à réussir, c'est qu'on peut profiter du lever de soleil. Enfin, quand ya du soleil, of course. Et plus tôt en mai-juin qu'en décembre-janvier, certes.

     

    Voir le ciel s'éclaircir progressivement, l'horizon se teinter de jaune, d'orange pour pousser vers un rouge flamboyant ou un rose qui s'assume quand le soleil arrive, c'est le meilleur moment d'une journée studieuse (avec celui où on pose enfin sa tête sur l'oreiller pour dormir du sommeil du juste).

     

    En général, il règne encore un silence épais, ou égayé de quelques sifflements d'oiseaux tombés du lit. J'adorais ce moment béni vers quatre ou cinq heures du matin quand, étudiante, je rentrais d'une fête avec les pépiements pour rythmer la marche et le soleil qui se préparait à se lever. J'aime toujours ces moments, en tête-à-tête avec mon café et moi-même.

     

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    Mais ce n'est pas propre à l'aube, bien que ces matins suspendus me donnent toujours l'impression qu'une journée si bien commencée ne pourra jamais être totalement mauvaise.

     

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    Je suis une fan du ciel, de sa beauté, de son bleu azur sans un nuage, de ses nuages tourmentés consentant parfois à laisser filtrer un rai de lumière, de son cocktail de pluie et de soleil qui me fait chasser l'arc-en-ciel et rire comme une gamine, de cette lumière si belle, si douce, si rosée qui donne aux façades arrières, vues de la fenêtre de la cuisine, une coloration qui me bouleverse chaque jour. "Regarde, M. Léludemoncoeur!! Tu as vu? Cette lumière magnifique et, par-dessus, ce ciel si bleu qu'on le croirait piqué au sud!"

     

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    Même en vacances, j'adore

     

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    J'aime quand soudain, par la vitre opaque de la porte du séjour, je vois le couloir tourner à l'orange. Comme je suis une fille de mon temps, je file alors chercher mon iPhone et je vais immortaliser les couleurs flamboyantes d'un coucher de soleil.

     

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    Et je vis, bordel, et c'est tellement bon.

     

    (Si j'ai un article à vous conseiller ces jours-ci, c'est celui qui dit (qui est) que le bonheur, c'est une question de savoir-être. Vous me croyez si je vous dis que je suis totalement d'accord? ;-) )

  • Il me connaît trop bien...

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    - Snifff   *écrase une larmichette ou deux*

     

    - Ooooooh toi, tu étais en train de regarder Grey's Anatomy!

     

     

     

    (Mais... comment il sait?! O_o)

     

     

    (La saison 9 est vraiment trop trop trop bien, et ils en annoncent une dixième! Avisée comme je suis, je me suis dépêchée de voir tous les épisodes avant d'entrer en blocus, pour éliminer une tentation)

     

  • Un air de Déjanire

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    C'est comme une petite gêne, une couture mal faite, ça gratte un peu la peau, et puis de plus en plus à mesure qu'on prend le temps d'y penser.

     

    Je ne sais pas vous, mais depuis quelques jours/semaines, je me surprends à me tordre le cou pour regarder les étiquettes de mes vêtements. Je les retourne dans tous les sens, je traque le fameux "Made in" qui nous donnait le sentiment vertigineux de savoir l'anglais quand on venait seulement d'apprendre à lire le français. "Made in China, Maman, t'as vu, je parle anglais!"

     

    J'ai encore vérifié ce matin: sur mes jean's, il est marqué "Made in Bangladesh". On aurait pu aussi indiquer "Made in awful circumstances", mais ça aurait pris trop de place sur le mini bout de tissu. J'ai un peu honte, j'avoue.

     

    J'ai honte parce que je suis parfois enchantée d'acheter à très bas coût des T-Shirts, des pantalons, des pulls, dont je sais que la qualité n'est pas forcément terrible mais-pour-ce-prix-là-c'est-pas-grave. J'ai honte parce que parfois, je repose en soupirant une tunique un peu plus cher en me disant "pfff, je vais pas mettre ce prix-là pour ça..."

     

    J'ai honte parce que jamais je ne me dis que ces vêtements-là, je fais le choix de ne pas les acheter parce que les petites mains qui les produisent à la chaîne le font dans des conditions dantesques, au mépris de tous droits fondamentaux, parqués comme des bêtes, sachant qu'ils risquent de mourir à tout instant, dans un incendie ou l'effondrement de leur immeuble. Ils savent et ils n'ont pas le choix. Et ils triment pour des salaires de misère, quand nous dépensons en un battement de cils trois mois de leur salaire pour un T-Shirt pas cher.

     

    Le 24 avril, un immeuble résidentiel s'est effondré près de Dacca, au Bangladesh. Il n'avait pas été conçu pour abriter des usines textiles et de lourdes machines. C'est pour cela que plus de 1.100 personnes sont mortes, et qu'on ne les a pas encore toutes identifiées. Qu'il a fallu des semaines pour excaver les corps, dans la puanteur de la putréfaction.

     

    Il y a quelques jours, sur France 2, on voyait la vie reprendre dans les autres usines textiles. Les jumelles de celles qui ont disparu dans l'effondrement du bâtiment. Des gens parqués comme du bétail, des voies de secours sans issue. Dans l'indifférence quasi générale.

     

    Les grandes marques de vêtements pas chers ont annoncé qu'elles avaient signé un accord avec des syndicats pour veiller à l'amélioration des conditions de travail des Bangalais. Mais qui vérifie? Qui s'intéresse? N'est-ce pas aux consommateurs de dire "pas en notre nom!"? N'est-ce pas à eux de se scandaliser que la part d'un salaire dans le prix d'un vêtement soit si ridiculement basse et la part "profit" si scandaleusement élevée?

     

    Ces vêtements à l'odeur de putréfaction me rappellent cette tunique offerte par Déjanire à son mari Hercule, celui qui avait survécu aux 12 travaux. A peine enfilée, cette tunique l'empoisonne et le brûle, jusqu'à le tuer. Le centaure Nessos tenait là sa revanche sur l'homme qui l'avait tué d'une flèche empoisonnée.

    Edit: Pour info, le chiffre d'affaires du groupe Inditex (Zara) et Hennes & Mauritz (H&M) à retrouver ici.
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  • Rester assis sans bouger

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    J'irais bien lancer une lessive...

     

    Oh non! t'as vu la vaisselle d'hier soir? Je peux pas laisser ça comme ça...

     

    Tant qu'à faire, je ferais pas un peu de café et de jus d'orange?

     

    Mmmmmh, mais je peux pas rester comme ça, faut que j'aille prendre ma douche et m'habiller. Tant qu'à faire, je regarderai si je ne peux pas pendre le linge.

     

    Quelle heure il est? Ouaouh! Déjà 10h30? Mais je suis debout depuis 6h00 j'ai pas encore commencé à étudier... et il va bientôt falloir penser à aller faire des courses pour manger, là...

     

     

     

    Voilà à peu près le genre de dialogue interne que je mène avec mon moi-même dès que j'entreprends d'étudier ou de -plus modestement- bosser sur mes cours. Comme si j'étais montée sur ressort, il suffit que le bouton "on study" s'allume pour qu'automatiquement mes jambes fourmillent, mon esprit gambade et mes yeux voient les milliaaaaards de trucs à faire dans la maison.

     

    C'est une maladie bien connue des gens qui doivent rester assis et se focaliser sur une seule tâche pendant un long moment: la bougeotte, doublée d'une sérieuse envie de se laisser détourner l'attention.

     

    A cela, un seul remède, si on en croit Elizabeth George: la collaku. La collaku, c'est le procédé mental qui permet de visser son derrière à sa chaise et de ne rien faire d'autre que ce qu'on a à faire d'urgent. Dans mon cas: étudier à fond.

     

    C'est un blocus d'un genre un peu spécial qui s'ouvre devant moi, le premier où Maman Léludemoncoeur n'est pas là pour gérer presque absolument tout et où je suis chez moi (enfin, dans plus de 9 mètres carré, si je me rappelle la mythique époque de mes premières études). Il a fallu que je convoque un conseil de guerre, composé de M. Léludemoncoeur et de moi pour l'investir des pouvoirs de fée au logis jusqu'à la fin de mes examens.

     

    L'affaire est ultra sérieuse, il va falloir que je compense durant les prochaines semaines ce que je n'ai pas pu travailler durant le quadrimestre. J'aurai besoin d'une sacrée dose de collaku pour rester assise et bosser d'arrache-pied.

     

    Tout ça pour dire que je vais sans doute (re)mettre la pédale douce par ici. On ne verra certes pas trop la différence par rapport à d'autres périodes de mutisme moins annoncées, mais je vais essayer de préparer ça mieux. Gardez les doigts croisés, histoire qu'on puisse faire péter le champ' dans un gros mois, ok?

  • Une soirée presque parfaite

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    Chose promise, chose due: voici un mini compte-rendu de la soirée pipolo-bloguesque du printemps: les Weekend Blogs Awards! (aaaaaaah!)

     

    Bon, tuons tout suspense: j'ai pas gagné (ooooooooh!), mais le blog faisait partie des trois finalistes, ce qui est déjà franchement cool, et c'est ma copine Marie qui a remporté le magnifique award en bois (c'est durable, Madame!). Mais pour le reste, la soirée a tenu les promesses que je m'étais faites :-)

     

    Mon but, finalement, c'était de retrouver de chouettes gens que j'ai plaisir à voir, de papoter, de réseauter, de saluer d'autres blogueuses dont je suis régulièrement le blog, d'en découvrir d'autres. Mission largement accomplie! Dorothée, Gwendoline, Nadia, Mélissa, Madame/Monsieur, Valérie, Blanche, on dirait (oh!) la liste des chouettes blogs que je vous avais conseillés! ;-)

     

    La soirée se déroulait dans le temple du chic louboutinesque Smets et on pouvait bien sûr découvrir les derniers cocktails/glaces/chips à la mode, tout en bavardant et en s'en payant une bonne tranche. On pouvait admirer les looks des blogueuses mode même-qu'on-n'oserait-jamais-porter-la-même-chose, boire (un peu), rire (beaucoup) et admirer des Louboutin et des Manolo Blahnik.

     

    J'vous raconte pas comme le coeur s'accélère quand on voit qu'on est dans les trois derniers, c'était juste super. Et c'était pareil pour les copines de blog, dans les autres catégories. Chaque fois des petites montées d'adrénaline et puis la fête aux lauréates et aux autres.

     

    La soirée aurait été parfaite si la remise des prix pour les blogs francophones s'était déroulée... en français plutôt qu'en anglais, et s'il y avait eu des goodie bags pour tout le monde.

     

    Partie relativement tôt pour aller travailler (bonjour le monde des nuits*!), j'en ai eu un et mon dilemme à présent, c'est de savoir si je choisis les vertes ou les bleues pour aller affronter le crachin bien installé. ;-)

     

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    *ça explique le style un peu décousu du billet, sorry.

  • L'arnaque de la propriété

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    Quand tu deviens propriétaire, c'est souvent après avoir entendu de nombreux "c'est quand même dommage de donner de l'argent à quelqu'un d'autre" et autres "au moins, quand t'es propriétaire, tu paies pour toi".

     

    Du coup, tu as retenu la deuxième partie de la phrase (le "pour toi") tout en occultant bien que tu allais surtout payer. Le brave gens du coin (celui qui est assis devant sa porte sur un tabouret) te dira "on n'a rien sans rien, que voulez-vous!" et autres "ah ça! plus rien n'est gratuit de nos jours!" et ce sera le bon sens même.

     

    Mais évidemment, comme tu paies cher et vilain pour toi (et aussi beaucoup pour la banque, hum), tu te dis que cette fois, c'en est fini d'ikea, merde quoi, tu mérites mieux et ton chez-toi aussi. Alors tu te mets à chercher de l'inspiration.

     

    Tu découvres avec surprise que tu as extrêmement bon goût puisque tu adoooooores (sans le savoir) des designers américains genre Ray et Charles Eames (rhaaaa, leurs chaises DSW et leur porte-manteaux Hang it All...), voire aussi Arne Jacobsen (c'est Danois, c'est bien). Tu deviens incollable sur les styles, tu reconnais la patte d'un designer au premier coup d'oeil et tu feins d'ignorer le prix des pièces originales.

     

    Et puis tu as toujours un magazine de déco sous la main pour te ramener gentiment à la réalité (soit en affichant un prix à 4 chiffres soit, pire!, en indiquant "prix sur demande", ce qui veut dire très très très très très cher-n'y-pense-même-pas). Ils te font des propositions que tu ne peux pas refuser, genre deux chaises pour le prix incroyable de 850 euros au lieu de 1.200 et tu commences à te demander si elles sont vraiment solides, ces chaises, parce qu'à ce prix-là, tu n'en prendras que deux, de chaises, et tu assoiras tes invités sur tes genoux pour le repas festif "pâtes au beurre à volonté".

     

    Ouais, t'avais oublié que dans "tu paies pour toi", il y avait surtout "tu paies". Mais c'est pas grave, t'as 25 ans pour arriver à t'offrir un porte-manteaux. Si ça, c'est pas un beau projet de vie! :-)