• Lettre à un enfant qui n'existe pas

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    Cher enfant-que-je-n'aurai-peut-être-jamais,

     

    Si je t'écris aujourd'hui, c'est que j'ai l'impression que le monde est devenu fou. Tu en conviendras, ma démarche est inhabituelle.

     

    D'abord parce quece n'est pas vraiment neuf que le monde a des problèmes. Il ne s'est pas subitement mis à tourner carré, il n'avait pas attendu mars 2012 pour donner raison à la petite phrase de Shakespeare "There's something rotten...". Et puis tu ne le sais sans doute pas encore, mais je ne suis pas du genre à estimer que parce qu'une tuerie succède à un accident de car, le monde entier mérite d'être mis au ban de la société, puni-ça-suffit.

     

    Je crois au hasard qui fait mal les choses, à cette tendance humaine de ne retenir que les trucs qui font mal, à cette incapacité, parfois, de goûter des plaisirs et joies simples. Je le sais, je suis pareille.

     

    Il y a presque dix jours, 22 couples ont perdu un enfant. D'un coup. Certains enfants ont aussi perdu un père ou une mère, ou une grand-mère. Certains hommes, certaines femmes ont perdu un compagnon de vie. C'était dur. Ce jour-là, je me suis un peu réjouie que tu n'existes pas, et que ça m'épargne la peine de me projeter en imaginant si c'était toi.

     

    Mais tu sais, ça ne s'est pas arrêté là. Depuis dix jours, on n'a quasiment pas passé une journée sans long direct montrant des cercueils, des parents en larmes, des "que dire devant tant de douleur?". Oui, moi aussi j'ai pleuré. Et je me suis réjouie de ne pas devoir t'expliquer pourquoi, comment, qui. Je me suis réjouie de ne pas devoir te rassurer avant de monter dans un bus, ou d'aller à l'école.

     

    Parce que oui, c'est arrivé aussi qu'un président, pas chez nous, mais pas loin, dise à des enfants "ce tueur aurait pu être ici; ces enfants tués, ça aurait pu être vous!". Parce que oui, il y a un type, pas chez nous mais pas loin, qui a tué des enfants, en disant que c'était pour en venger d'autres. Je me suis dit que j'aurais eu du mal à t'expliquer pourquoi. Mais il n'y a sans doute pas de pourquoi.

     

    Tu vois, on vit aussi dans un monde où une personne défigurée par quelqu'un qui prétendait l'aimer se voit reprocher d'être laide et d'imposer sa laideur au monde. Un monde où on crucifie d'un regard et d'un commentaire méprisant les gens qui, marqués par le feu, donnent de leur temps aux autres. Tout ça n'est pas joli, vraiment pas, et les plus laids ne sont pas ceux qu'on croit.

     

    Dans le même temps, au  fond de moi, j'ai parfois eu envie de t'avoir, pour t'étouffer d'amour, t'apprendre que le monde, ce n'est pas ça, pas uniquement, lâcher ta main pour te donner confiance. Vivre, tout simplement. Dans un monde follement lui.

     

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  • Les lundis au soleil

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    "Je suis sur les rotules". C'est à peu près ma réponse la plus fréquente ces derniers temps quand quelqu'un demande de mes nouvelles. Je suis absolument claquée. Je n'ai pourtant pas changé grand chose à mon rythme habituel, boulot-cours-dodo, mais là, je n'en peux plus. Je ne suis pourtant pas du genre à me plaindre (du moins, j'aime à le croire ;-) ), mais quand yen a plus, du jus, yen a plus.

     

    Ce qui me rassure un peu, c'est que toutes les personnes à qui j'ai posé la question dans mon entourage me répondent de même: elles sont vidées, lessivées, passées à l'essoreuse. Et on n'est même pas encore au nettoyage de printemps.

     

    Parce que c'est ça, le problème: nous sommes dans les dernières semaines de l'hiver, celles où même gagner quelques minutes de clarté ne suffit plus pour tenir et être optimistes. Les plus looooongues semaines, composées de loooongues heures et de looooooongues minutes, phénomène annuel que l'astro-psyhique n'arriverait sans doute même pas à expliquer. Début mars, comme ça, s'il fait un peu gris, un peu froid, un peu neigeux, c'est franchement et totalement cafardeux.

     

    Et puis un dimanche, puis un lundi, miracle! Le soleil brille plus de cinq minutes d'affilée, sans être chassé par la moindre giboulée et, si on était moins frileux, on sortirait presque sans manteau. Sauf qu'on n'ose pas trop y croire.

     

    Et pourtant, c'est bien un lundi au soleil, avant d'autres jours ensoleillés et des températures qui donneraient envie à nos orteils de se montrer, pour un peu. Je me prends à espérer que très vite, je sortirai requinquée, ravivée par la douceur. Sauf que je ne vois pas trop comment, vu que j'ai décidé d'être une étudiante appliquée-qui-recopie-ses-notes-le-week-end. Pour se donner le kick nécessaire, il reste alors la musique. Courage les copains, nous vaincrons!

     

     

     

    (notez le rappel subtil au 34e anniversaire de la mort de Claude François. Si ça ça ne mérite pas un tsunami -boum tchik- d'applaudissements...)

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  • Hommes, femmes, c'est pas facile

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    C'est pas facile, d'être un homme en 2012. On te regarde bizarrement si tu es père au foyer ou quand tu travailles tellement que tu ne vois pas tes gosses grandir. On attend de toi que tu jongles mieux entre vie privée et vie professionnelle, mais que tu t'impliques à fond dans ton boulot pour être épanoui dans ce que tu fais. Tu dois être viril mais tendre, à l'écoute mais protecteur, directif mais te laisser faire, soigné mais pas efféminé, galant mais pas muffle, respectueux mais pas carpette, papa poule sauf qu'on te reprend le ptit des bras dès qu'il geint, responsable mais déresponsabilisé.

     

    Non, c'est pas facile.

     

    C'est pas facile d'être une femme non plus, en 2012. Il faut avoir envie de faire carrière sans faire de l'ombre ni à ses boss ni à son mec et sans négliger ses enfants. Faut être sexy, certains trouvent ça normal, mais pas trop, certains trouvent ça louche. Faut pas être moche, ni grosse, parce que les blagues sur le physique, c'est tellement plus facile sur une femme. Faut vouloir des enfants, faut vouloir s'en occuper, faut pas négliger son boulot. Faut être spirituelle, faut avoir de l'humour, faut se mordre les joues pour pas embrayer sur les sous-entendus sexistes concernant celle qui a eu une promotion. Faut se défendre quand on mène des luttes accessoires des grands combats féministes, mais pas trop, parce que sinon, on est qualifiée de pasionaria. Il paraît qu'on se crêpe toujours le chignon, ce sont les autres qui le disent. On gagne moins, sans vraiment pouvoir expliquer pourquoi. On risque plus d'être pauvre, une fois vieille, si on a privilégié ses enfants et quitté son mari. On est toujours suspecte, quand on est féministe.

     

    Et puis faut se farcir les blagues grasses pendant toute une journée et ça, c'est vraiment dur.

     

    (Ceci est la participation que j'aurais aimé avoir le temps d'envoyer à la Libre Essentielle à l'occasion de la journée des femmes)

  • De la blogojalousie et autre apologie

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    Si ya bien une fille dont je suis jalouse, c'est Anne Lowenthal: elle pète les compteurs d'amis Facebook, elle est spiritueuse sur Twitter et surtout, elle a un tellement gros Klout que les concepteurs du site réfléchissent sérieusement à augmenter le plafond à 200, pour être sûrs qu'elle ne l'explose pas trop vite.

     

    En plus, elle arrive à attirer des milliers de lecteurs avec ses billets blogs gauchistes, militants et intelligents. Je le sais, je ramasse les miettes quand elle daigne citer mon blog sur son Facebook. Mais c'est pas souvent, parce que je suis rarement assez spiritueuse moi-même pour mériter une mention, voire -honneur suprême- un coeur pour tout commentaire.

     

    Mais Anne et moi, on a (quand même) un point commun: après un tour de la blogosphère féminine (hihi kikoolol keur), un blog lié à un média belge n'est même pas passé dans notre quartier bloguesque. Je me demande même s'il a réussi à entrer dans le pays. Ca parle mode, ça parle cuisine, ça parle humeur ou "lifestyle", mais c'est toujours un peu "anecdotique"* genre "regardez ce qu'elles arrivent à nous faire: c'est tout doux, c'est tout girly (bon vivement qu'on reparle -vraie- technologie, trucs de geeks et bières entre vrais couillus!), hihihi".

     

    Alors voilà, on a un peu décidé de s'unir pour nous aussi, l'an prochain, être mises à l'honneur lors de la journée des droits de la femme.

     

    Je vous dirai juste que je suis allée tester le nouveau jeu vidéo trop tendance de la mort qui tue, mais que j'ai arrêté d'y jouer après cinq minutes parce que j'aime pas les jeux vidéo, c'est trop bête (hihi). Après j'ai bu du champagne (beaucoup) et mangé des ptits fours (trop bons) en comparant les étiquette de mes vêtements avec ceux des blogoscopines. C'était fun!

     

    But you know, I have other problems in life: I MUST lose weight because I am too fat. I am going to put a recipe with my new photographer, but not tonite bicoz I have another evening of folaïe!

     

    A pluche, les biches, I know you love me! xoxo

     

    (bon, disons-le, ce côté un peu bisounours-inoffensif-rose-keurkeurkeur-regardez comment elles s'occupent pendant leur temps libre c'est trop meugnon, ça me saoule. Et ça m'inquiète un peu quand un stagiaire -normalement jeune et peut-être un peu plus conscientisé- pond un papier tarte et keur keur. Il reste du chemin, les (blogo)copines!)

     

    (bon, ceci est donc une réponse à Anne, et peut-être à Marie. Désolée pour le côté private joke)

     

    *pas les blogs cités, le ton général de l'article.

  • On ne demande pas son âge à une femme...

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    La semaine dernière, j'ai eu la chance d'aller rencontrer la nouvelle commissaire générale de la police fédérale quelques heures avant qu'elle ne prête serment.

     

    Ils sont comme ça, à la police: bien organisés, limite militaires. L'héritage gendarmerie, sans doute. Alors quand la prestation de serment est prévue à partir de 14h30, les médias sont invités pour un moment presse vers midi, pour qu'images, sons et notes soient mises en boîte à temps, et que la nouvelle cheffe puisse se concentrer sur son discours en temps voulu.

     

    Si je dis que j'ai eu de la chance, c'est que l'événement n'est pas anodin. Pour la première fois, c'est une femme qui devient la big boss de la police. Et c'est aussi le plus jeune commissaire général qu'ait connu les forces de l'ordre. Tout ça valait bien une mention.

     

    Alors évidemment, je me suis très vite rendu compte qu'on avait à peu près tous les mêmes questions. "Qu'est-ce que ça vous fait d'être la première femme à accéder à ce poste?" "Quelles sont vos priorités?" "Qu'allez-vous faire pour restaurer l'image de la police?". Visiblement, elle s'y attendait, elle était extrêmement bien préparée. Même si le large sourire qui illumine littéralement son visage à la première question n'est ni feint ni préparé.

     

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    Crédit photo: police fédérale

     

    On était une bonne dizaine de journalistes, hommes et femmes, flamands et francophones, télé, radio, ou presse écrite. Certains plus versés dans les sujets de sécurité et posant donc des questions plus précises.

     

    Mais c'est un homme qui a lancé la charge. "Vous êtes maman, comment allez-vous concilier la vie de famille et votre nouvelle vie professionnelle?" A ça aussi, Catherine De Bolle répond patiemment. Qu'elle a longuement réfléchi, mûrement préparé sa candidature, beaucoup parlé avec son mari, qu'elle bénéficie d'un réseau efficace et solidaire. Mais que, sans doute, la question de l'équilibre vie privée-vie professionnelle se serait posée aussi si un candidat masculin avait été choisi.

     

    Sans doute, c'est vrai. Mais sans doute aussi, ce journaliste -qui a posé d'autres questions sur l'aspect vie privée de la nouvelle cheffe de la police- n'aurait pas demandé à un candidat homme comment il s'était arrangé pour continuer à voir ses gosses et leur faire à souper, une fois de temps en temps.

     

    Un peu plus tard, alors que je traînais à reprendre mes affaires, Catherine De Bolle et son attachée de presse m'ont dit qu'elles s'attendaient à ce genre de questions, qu'elles s'y étaient préparées, que c'était presque logique.

     

    Par contre, et je bats ma coulpe aussi, personne ne lui a demandé comment, en tant que "jeune", elle envisageait de se faire respecter des vieux briscards de la police.

     

    2012, pour une femme, en fait c'est ça: on n'ose toujours pas te parler de ton âge, mais on s'inquiète encore du fait que tu pourrais négliger tes gosses en privilégiant ta carrière.

  • Hedi, l'âne du slim

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    C'est LE feuilleton qui tient le milieu de la mode en haleine. On ne parle que de ça aux semaines de la mode des quatre coins de la planète: les départs et arrivées chez Yves Saint Laurent. Pour vous donner une idée (les mecs), c'est un peu l'équivalent du mercato d'hiver, sauf qu'on dit AW (Autumn Winter) parce que c'est pluss in. Le mercato AW, ça donne ça: des rumeurs (Hedi Slimane pourrait arriver à la tête de la maison de mode!), plus ou moins pas confirmées, puis la confirmation d'un départ (Stefano Pilati quitte YSL), puis l'entretien du vrai faux suspense, avant la confirmation aujourd'hui: Hedi Slimane prend les rênes créatifs d'Yves Saint Laurent (enfin, sa maison de couture, on n'est pas dans du SM, ici!).

     

    Je vois quelques sourcils interrogateurs se lever doucement: quoi? Mais qu'est-ce qui lui prend, à cette So Fille? Elle va commencer à nous faire des photos avec les pieds en dedans et une bouche en canard? Plus de billets furieusement spirituels et drôlatiquement drôles? Et puis c'est QUI, ce Hedi Slimane, hein??

     

    Hedi Slimane a 43 ans, il a le regard clair (il paraît), il travaillait chez Dior, pour les hommes, et maintenant chez Yves Saint Laurent. Si je vous dis ça, c'est parce que je l'ai lu sur l'AFP. Je parcourais sa bio d'un oeil distrait quand une phrase anodine a attiré mon regard.

     

    "Largement copié par les marques de prêt-à-porter partout dans le monde, c'est lui qui a imposé les pantalons slim, qui ont connu un engouement massif y compris chez les femmes."

     

    QUOI? me suis-je dit. C'est à lui qu'on doit la généralisation du slim? cette espèce de peau de boudin qui n'est beau, en réalité, que sur des brindilles taille 32 (et limite 34), bref des filles dont le tour de cuisses et le tour de mollet sont identiques au centimètre près, mais que toutes les nanas, jusques et y compris les tailles 48, ont adopté sans réserve. Moi-même, j'ai succombé, après avoir résisté ("noooon, slim! tu ne passeras pas par moi!"), parce qu'à défaut d'être joli, le slim a le mérite d'être pratique, surtout pour mettre des bottes par dessus.

     

    Pas besoin de plier la jambe du jean's dans tous les sens pour essayer de la faire rentrer dans la botte, puis de pousser un cri de désespoir en voyant le miroir réfléchir une sorte de moujik (t'as vu qu'on continue à se culturer, hein? c'est pas parce qu'on parle de mode qu'on devient bête) avec le pantalon bouffant dans les bottes fourrées. Ajoute une chapka et c'est le pompon, si j'ose dire...

     

    Un slim sur un mec, c'est presque au moins aussi pire. Bon, le premier jour, il y avait Julien Doré, mais lui, on lui pardonne puisqu'il mettait aussi des barrettes dans ses cheveux. Mais les autres... POURQUOI? On voit rarement un type fourrer son slim dans ses bottes, à part peut-être le Baron de la Rombière quand il enfile sa veste Barbour et ses bottes Aigle pour faire le tour de son domaine. Et désolée, mais quand on porte du Barbour et du Aigle, on s'en fout de son look et en général on fourre son pantalon en velours côtelé, quitte à ressembler -c'est vulgaire- à un moujik. On ajoute une casquette en feutre pour la "gentleman's farmer" touch et on va faire copain avec les chevreuils.

     

    Alors voilà, c'est lui, c'est Hedi Slimane qui est responsable de ce gâchis visuel, de ce viol collectif des yeux, de ce détournement du bon goût. Moi, je serais qui de droit, je le traînerais devant les juridictions internationales pour crimes de guerre contre l'humanité. (Après tout, les gilles de Binche sont bien patrimoine mondial et immatériel de l'humanité...)

     

    Parce qu'il ne faut pas être très porté sur l'humanité pour imaginer un vêtement qui, en soulignant la finesse des chevilles, renvoie au volume des cuisses qui surplombent. Et surtout, d'imposer ça à la vue du plus grand nombre.

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  • La Foireuse du Livre

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    "Dites, vous, mistinguette fan de livres et experte en "event people", vous ne seriez pas intéressée par 2 entrées pour l'inauguration de la Foire du Livre?"

     

    Quand Céline m'a envoyé cet e-mail (oui, même mes amies me vouvoient depuis que je suis une blogueuse en vue...), je me suis dit deux choses:

    - Chic, des bouquins partout et faudra même pas payer pour les palper/caresser/humer/acheter (si si, ya une logique)!

    - Moi, experte en event people? C'est fortement exagéré! Surtout que PERSONNE ne répondait à mes tweets désespérés genre "qui va à l'inauguration de la Foire du Livre? :-)" "QUI va à cette p*tain d'inauguration de la Foire du Livre????"

     

    Mais si j'avais su ce qui m'attendait, jamais je n'aurais pensé ça.... (vous voyez comme c'est chiant, ces teasings à la R.J. Ellory?)

     

    Salut! Tu *mouah* vas *mouah* bien *mouah* ?

    La Foire du Livre, c'est l'événement people par excellence, en fait. Et je ne vous parle pas d'aller faire la file pendant deux heures pour aller admirer de près le rouge à lèvres carmin d'Amélie Nothomb, hein! Non non! Se balader à la Foire du Livre, c'est l'assurance de tomber sur un collègue, un confrère, un pote de guindaille et un bon paquet de twittos. L'autre moitié du paquet ayant fait le tour dans le sens inverse du nôtre, on les a malheureusement loupés.

     

    En fait, c'est tellement people que vers 22h50, mercredi, on s'est regardés avec stupeur, M. Léludemoncoeur et moi. QUOI? Dans dix minutes ça allait fermer et on n'avait même pas encore vraiment regardé un bouquin? Pire, à part une petite salutation de dix minutes en arrivant, nous n'avions pas passé beaucoup de temps avec Céline, notre hôte de la soirée. Le "on va faire un petit tour et puis on revient" avec duré genre 2h30. Genre. On s'est dit qu'on reviendrait.

     

    On est revenus, vendredi soir. Et on a répété le même schéma. "Cette fois on va voir un peu des livres avant d'aller écouter un débat sur la censure": c'est ça OUAIS! "ooooooh, mais vouziciiiiiiii! On va boire des coups ensemble?"

     

    Santé!

    Oui, parce que c'est l'autre truc typique de la Foire du Livre: on boit. Le mercredi, bon, c'est normal: l'inauguration, ça se fête à tous les stands et ça se partage. Sauf chez Delcourt, cet endroit gênant où tu veux regarder un peu ce qu'ils proposent d'autre que Pénélope Bagieu (parce que tu as ENVIE d'être open minded, merde quoi, c'est la Foire du Livre) et où tu te fais barrer le passage parce que derrière le type qui t'arrête, c'est une réception sur invit', tu comprends.

     

    Parce qu'on avait plutôt bien aimé le concept "je papote avec des potes un verre à la main", on a récidivé vendredi soir. Bam! Champagne de la Champagnothèque de Bruxelles, puis ravitaillement pendant le débat... il y a des façons plus désagréables de commencer un week-end.

     

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    Et les bouquins?

    Les quoi? ahah. Pour tout vous dire, on en a royalement acheté un à nous deux. Un tout fin, mais avec un titre puissant et particulièrement parlant...

     

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    Et c'est une excellente maison d'édition de théâtre!

     

    Pour le reste, ce sont les mêmes prix qu'ailleurs en Belgique, c'est à dire assez cher dès que ça dépasse le format poche. Et je suis quand même arrivée à relever, sur les 5 bouquins que j'ai feuilletés, deux livres avec des bugs: une erreur flagrante de date sur le quatrième de couverture d'un Code pénal (oui, je sais...) et des erreurs d'impression énormes dans un bouquin sur la prostitution.

     

    D'autres choses à ajouter?

    Bah, tant qu'on parle de prostitution, rappelons que le thème de la Foire cette année, c'est Sex, books et rock 'n roll. Ce qui m'a permis de comprendre que la masse de mecs bavant et aux yeux exor-bite-és devait cacher Clara Morgane, attendue vendredi soir en dédicace. J'en ai eu la confirmation un peu plus tard en voyant une paire de fuck me shoes surmontée d'une petite bonne femme dans un pull rayé et suivie d'une caméra-perche de son-meute de bavants.

     

    M. Léludemoncoeur, lui, en était tout ému. "C'est beau de voir autant d'hommes jeunes s'intéresser comme cela à la littérature!"


    Si vous voulez y aller, c'est encore possible jusqu'à lundi! foncez voir sur le site! (lien ci-dessus)