• La ville est belle

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    Les voyages, c'est le mal absolu. Si! Parce que, qu'ils soient longs ou courts, ils sont addictifs. Plus t'en fais, plus t'as envie d'en faire (et plus les autres t'étalent leurs photos de New York ou de Rome, plus t'as la bougeotte). Là, ça fait deux mois qu'on est rentrés de vacances et je vous dis pas comme je suis en train de me gratter. Ca me démange, ça me manque, physiquement.

     

    Je pense à la magnifique Amsterdam fin novembre, ses canaux, son ambiance fébrile et bon enfant, le temps merveilleux qui nous avait accompagnées l'an dernier. J'ai envie d'y être, là, maintenant. Snel!

     

    Je pense à la Londres parcourue cet été sous le soleil (et à cache-cache avec les "riots", ces émeutes jamais vues, finalement). Elle me manque aussi, la bougresse. Ses English breakfast, son Dorothy Perkins (bah oui, quoi), ses "large avenues" et son grain de folie. C'est physique, aussi.

     

    Parfois, c'est un coin de rue de Stockholm qui me pop-uppe dans la tête, un coin de verger bio au milieu duquel on mangerait une soupe de pois en profitant des rayons du soleil de printemps. Temps suspendu. Bonheur.

     

    Alors -c'est presque vital- il faut que je m'accroche, que je me forme de nouveaux projets. Comme des bouées de sauvetage. M. Léludemoncoeur, lui, il hallucine. "Quoi? Un voyage à Londres? Bah oui, pourquoi pas, on en parlera le moment venu..." Oui, mais le moment venu, c'est nous qui ne le serons pas (venus, tu suis?) faute d'Eurostar pas trop cher et de logement disponible.

     

    Alors c'est moi qui prends en otage. Le trip à Londres? booké (ouf oui, quand même). Et le trip à Copenhague? réservé aussi. Après, on organisera des séances de "voyageurs anonymes" avec mon amie Bab's pour essayer de soigner notre dépendance, mais c'est pas grave: on arrête demain.

     

    Pour tenter de tromper le manque à coût raisonnable, il reste une solution: balader des "étrangers" dans une ville belge. Au hasard: des Australiens à Bruxelles. Faire la touriste dans sa ville, s'arrêter aux endroits "must-see", redire que l'architecte de l'hôtel de ville s'est suicidé en voyant que la tour n'était pas très centrée, s'extasier devant un mur "BD", bref, revoir la ville avec des yeux neufs, ça n'a pas de prix.

     

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    Détail de l'église Notre-Dame du Sablon

     

    Entendre des "Amazing!" et autres "c'est vraiment superbe", ça permet, si on l'avait oublié, de se souvenir que la ville est belle, que ce n'est pas étonnant que les touristes l'aiment. Et quand on se partage un macaron Pierre Marcolini en buvant une bière spéciale, on se dit que vraiment, il ne faut pas aller très loin pour s'évader.

     

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    Encore merci aux Twittos qui m'ont suggéré des itinéraires de balades dans Bruxelles!

  • Une question de flotteur

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    Il y a quelques semaines, on s'était quittés sur une impression d'imposture, un petit moment de panique à l'idée d'un passage inattendu en deuxième. C'était il y a trois semaines et demi, déjà. J'étais tétanisée et galvanisée, désespérée et motivée, je passais de la joie à la peur en trois dixèmes de seconde. Bref, j'étais passée en deuxième.

     

    Aujourd'hui, je suis particulièrement zen. Je ne maîtrise pas encore absolument tout (bon dieu, l'importance des plannings distribués par les profs en début d'année!), mais je suis rassurée sur un point: la matière, bien qu'abondante, est tout à fait accessible. Et là, mon flotteur de confiance fait un sacré bond!

     

    Je suis même arrivée, sans larmes de sang, menaces de suicide ou cheveux blancs, à rendre une ébauche de travail dans les temps. L'obligation de jongler entre les horaires de boulot, les plages "bibliothèque only", les cours et un minimum de détente/vie sociale m'est assez bénéfique, j'ai l'impression. Je me connais mieux qu'à 18 ou 23 ans, même si j'arrive encore à m'impressionner :-)

     

    Les gens de ma "nouvelle classe" sont au moins aussi sympas que ceux de première et la solidarité est déjà bien rôdée. Je trouve ma place petit à petit dans l'échange.

     

    Je progresse, je le sens, dans tous les domaines. Je quitte ma zone de confort, peut-être un peu trop testée, et ça me donne des ailes. J'aurais envie de plein d'autres projets, d'ouvrir un deuxième blog plutôt consacré à mes découvertes en droit, de me lancer dans plein de trucs. J'essaie de jalonner.

     

    Et puis j'essaie de faire mienne la citation "Better ask forgiveness, than permission". J'avance à pas de géant.

     

    Allez, j'y retourne, mon cours de droit constitutionnel III se sent tout seul ;-)

  • Moi, j'aime pas être gentille

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    J'étais partie dans l'idée de vous écrire un ptit billet du dimanche, comme ça, parce que vous le valez bien. Chuis comme ça, moi: pas de nouvelles pendant une semaine, et puis l'envie de m'y remettre et d'écrire quatre trucs par jour. Tout ou rien (et souvent rien, donc).

     

    Et puis, sur Twitter et Facebook, j'ai vu fleurir cette horrible nouvelle: aujourd'hui, c'est la journée de la gentillesse. Rien que ça. Bon, ils se sont pas foulés, la plupart des gens grasse-matent jusqu'à des midis du matin puis font une sieste crapuleuse jusqu'à des 14h00 du soir, puis passent sur la rediffusion de Place Royale avec le Grand Duc héritier du Luxembourg et comatent jusqu'à Desperate Housewives où ils sont même pas obligés d'être méchants puisqu'elles le font à leur place.

     

    Bref, organiser la journée de la gentillesse un dimanche, c'est un peu comme faire un concours de Miss T-Shirt mouillé par 30 degrés: un challenge mou du zizi.

     

    Je ne peux donc pas écrire de billet blog, parce que franchement, sans un peu de mauvaise foi et de méchanceté bien tassée, hein, ça n'est plus drôle! Si je peux pas me moquer des gens de Secret Story (trop facile) ou des sexistes, ou des folles du supermarché, moi, je fais quoi, hein???

     

    Ben je suis en chômage technique le jour du Saigneur.

     

    Alors pour que vous rigouliez un peu, et en parlant de Seigneur, je vous conseille d'aller lire cette planche de BD. Profitons-en tant qu'on peut encore en rire (et le dessiner).

     

    Et parce que la Journée de la Gentillesse (regardez, je suis gentille, je mets des majuscules*) n'empêche pas un peu de méchanceté par procuration, un peu de musique et un hommage à un grand Monsieur décédé ya trente ans.

     

     

     

     

    *et majuscule, ça rime avec ridicule

    Lien permanent Catégories : 3615 Ma vie, Futilités 0 commentaire
  • Le 11/11/11, rien à signaler, vraiment?

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    Hier, c'était donc le 11/11/11, si vous aviez pas remarqué cette donnée-trop-méga-génialement-délirante-que-tout-le-monde-se-souviendra-ce-qu'il-faisait-ce-jour-là. Si vous l'aviez pas remarqué, c'est sans doute qu'on vous a sorti du congélo ce matin (ça va? pas trop froid?) et que, comme nous tous, vous avez survécu à ces menaces d'apocalypse totale (ze riteurne of, après le bug de l'an 2000 et avant le 12/12/12 et le 21/12/12, merci les Mayas).

     

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    Soulagés, les journaux télévisés ont consacré des sujets au fait qu'à 13h, puis à 19h(30) on était toujours tous vivants (sauf ceux qui sont morts, dirait M. La Palice), genre "ahahah, ce 11/11/11 ne nous aura pas eus!".

     

    Sauf qu'à mon avis, ils ont tort. Si. Jugez plutôt:

     

    - Par deux fois d'affilée, hier et aujourd'hui, je fais le "tard" au boulot, sans même en avoir formulé le souhait.

    - Par deux fois (j'anticipe, oui), je me réveillerai le lendemain avec un mal de tête qui me poursuivra toute la journée.

    - La cruche de ma cafetière est plus que fêlée, elle est totalement cassée, cette fois. Et le dealer de Moulinex "ne fait pas dans les cafetières". Et le revendeur de pièces détachées ne fait pas dans le petit électro. Et me voilà, à la veille d'un dimanche, avec ma belle cafetière jaune soleil inutilisable. Si ça c'est pas un signe...

    - Dans les magasins d'alimentation, c'était lendemain de fin du monde, ou à peu près. Genre "ya la file jusqu'aux fruits et légumes, c'est l'horreur" et autres "ya eu une émeute quand une bonne femme a essayé de doubler tout le monde à la caisse", selon une prédicatrice qui nous conseillait de ne pas entrer. Si ça c'est pas la fin du monde, j'y connais rien, mais je ne veux pas connaître, non plus.

    - Pas grave, me suis-je dit: je ferai vivre le petit commerce près du boulot! Tu parles, tout est fermé aussi (vive le pont) et tu finis par te retrouver condamnée à manger des chips du pain avec de la soupe en conserve payés rubis sur ongle au paki du coin.

     

    Bon évidemment, ce 11/11/11 a eu la mauvaise idée de tomber un jour férié, et juste avant le week-end, en plus! Quel mauvais goût! En attendant, moi, l'an prochain, c'est clair, je reste cachée sous ma couette entre le 11/12 et le 23/12, histoire d'éviter les conséquences de ces futures non-apocalypses.

     

     

    PS: et pour relever un peu le niveau de ce billet, sachez que (11/11)/11 = 0,0909090909

  • Pour 2.000 euros, t'as plus rien...

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    Ca ne vous aura pas échappé: nous n'avons toujours pas de gouvernement, mais les négociations ont glissé de l'institutionnel (réglé) au socio-économique, avec grosses décisions sur les recettes et dépenses futures et confection du budget. Ya pas que le gouvernement fédéral qui s'y colle: les régions et les communautés se sont pliées à l'exercice aussi. Et je ne peux pas m'empêcher de me dire que l'hiver sera rude.

     

    Bon, si on y réfléchit bien, ce sera sans doute plutôt le printemps ou l'été prochain, qui le seront, parce qu'il faudra le temps que toutes les décisions se mettent en oeuvre, mais on va grimacer sévère. En même temps, c'est pas vraiment une surprise: ça resserre les ceintures un peu partout en Europe, Grèce en tête. Nous, du fin fond de notre ouate étiquetée "affaires courantes", on regardait ça d'un peu loin, comme des bienheureux qui n'entendaient pas trop. Mais cette fois, ça y est.

     

    On regardera l'eau devenir plus chère, la banque nous répercuter d'énièmes frais pour compenser la taxe sur les distributeurs, on payera peut-être notre électricité ou notre gaz (encore) plus cher, sans parler du diesel pour aller au boulot ou du mazout pour éviter de mourir de froid chez soi. Et en évoquant tout cela, on n'a même pas encore vraiment touché aux matières qui concernent le budget fédéral*.

     

    Je dois bien avouer que quand je lis la plupart des mesures qu'on nous présente, je suis assez pessimiste. Pas que je ne m'y attendais pas, non. Mais je crois que ça va faire mal par où ça passe. Et encore, je m'estime très chanceuse: j'ai un boulot qui paie plutôt bien, un M. Léludemoncoeur, qui a lui-même un boulot qui paie plutôt bien. A nous deux, même le jour où on aura un prêt hypothécaire sur le dos (si la banque daigne nous l'accorder), on devrait pouvoir s'en sortir.

     

     

    qualité de vie, coup de gueule,

    Migrant Mother, photographie de Dorothea Lange (Grande dépression, USA, 1936)

     

     

    Mais je m'inquiète pour mes amies mamans célibataires, celles qui triment à temps plein, qui ne gagnent pas forcément mal leur vie, mais qui, très vite dans le mois, se retrouvent avec quasi rien. Là, déjà, maintenant. Pour qui une dépense imprévue ou extra-ordinaire se transforme vite en catastrophe budgétaire. Qui seront peut-être les premières touchées par cette augmentation des frais sur le découvert bancaire, elles qui ne le creusent pas parce qu'elles sont accros au shopping mais plutôt pour nourrir leur gamin. Ce sont elles qui seront touchées de plein fouet, une fois encore.

     

    Elles ou les couples qui gagnent petit, parce qu'ouvriers ou femme de ménage. Les intérimaires. Les pensionnés. Les jeunes en stage d'attente et qui n'auront peut-être bientôt plus de stage pour attendre. Les licenciés d'Arcelor ou d'ailleurs, et les chômeurs en fin de droit. Ceux qui cherchent un emploi là où il n'y a qu'une offre pour cinquante chômeurs.

     

    Eux, c'est peut-être nous, moi, demain ou après-demain. On n'est pas à l'abri de toucher une pension de 927 euros pour une carrière complète. On n'est pas à l'abri d'un patron bénéficiaire mais qui préfère licencier préventivement pour assurer son matelas financier. Et désolée, mais ça me fait rigoler doucement -et surtout amèrement- quand j'entends le ministre-président wallon "déconseiller" (sic) aux banques de répercuter la taxe sur les distributeurs automatiques de billets sur leurs clients. Nul doute que les patrons de Fortis et d'ING (au hasard, hein, deux banques qui annoncent des licenciements, "mais pas en Belgique") ont les genoux qui s'entrechoquent après cette menace-à-peine-voilée...

     

     

     

     

    *je suis d'accord que l'énergie et les produits pétroliers sont influencés par la politique fédérale, mais ils n'attendent pas vraiment les mesures budgétaires 2012 pour... s'enflammer.