lundi, 03 octobre 2011

L'enfer, c'est le voisin

Je me rends compte que je ne vous ai pas encore parlé du tout de mes lectures de vacances (sans doute parce que, contrairement à il y a deux ans, rien ne m'a vraiment fait flasher au point d'avoir le bout des doigts qui brûle de vous les faire partager...). Aujourd'hui, je vais me concentrer sur un seul bouquin, et vous allez très vite comprendre pourquoi.

 

J'ai notamment lu "Le Voisin" de Tatiana de Rosnay. Bon, autant le dire tout de suite, je n'avais pas DU TOUT accroché à ce que d'aucuns avait appelé son "chef d'oeuvre": "Elle s'appelait Sarah". Trop léger, trop parisien dans le mauvais sens du terme, trop "moui bof, enfin ça casse pas des briques". Dommage, sur un sujet comme ça (la déportation des Juifs pendant la Seconde guerre mondiale). C'est donc avec circonspection que j'ai ouvert celui-ci, plus pour le thème du bouquin que pour le style de l'auteure. Que dit le 4e de couverture?

 

"Un mari souvent absent. Un métier qui ne l'épanouit guère. Un quotidien banal. Colombe Barou est une femme sans histoires. Comment imaginer ce qui l'attend dans le charmant appartement où elle vient d'emménager? A l'étage supérieur, un inconnu lui a déclaré la guerre. Seule l'épaisseur d'un plancher la sépare désormais de son pire ennemi... Quel prix est-elle prête à payer pour retrouver sommeil et sérénité?

Grâce à un scénario implacable, Tatiana de Rosnay installe une tension psychologique extrême. En situant le danger à notre porte, elle réveille nos terreurs intimes."

 

Tout un programme, n'est-ce pas? On reconnaît le dithyrambe de l'éditeur qui veut vous broyer le coeur et attirer votre attention. Il aurait un côté marseillais, cet éditeur, que ça ne m'étonnerait pas. Mais ça m'a donné envie de lire, car Tatiana de Rosnay a réussi au moins une chose: traiter d'un sujet que bon nombre de locataires/propriétaires d'appartement connaissent bien: le voisin dérangeant (et ici, dérangé).

 

Je ne crois pas en avoir déjà parlé sur ce blog, parce qu'à l'époque, ça me touchait tellement que j'aurais été incapable d'en rire. Maintenant que j'ai pris du recul, que le temps a fait son oeuvre, essayons de mettre des mots.

 

Vous vous doutez bien de la suite: nous aussi, on a eu droit à notre voisin chiant. Enfin, plus exactement: à un lot de clients chiants, souvent involontairement.

 

Quand nous nous sommes installés dans notre premier (et dernier) petit nid d'amour (appelons-le comme ça), celui que nous avons quitté il y a presque un an, nous avons vu la luminosité de l'endroit, la cour intérieure, l'espace, l'entrée relativement privée, la chouette salle de bain. Nous avons cru le propriétaire quand il nous a assuré que tout était particulièrement bien isolé, acoustiquement parlant. D'ailleurs, c'est vrai, pendant longtemps, nous n'avons rien entendu en-dessous de chez nous. Normal, puisque la salle (oui, ce mot est important) était vide.

 

Le propriétaire a ensuite décidé d'en faire une salle des fêtes, qu'il a cherché à louer. Les rares fois où ça a fonctionné, on a très vite pu se rendre compte que l'isolation acoustique n'était pas aussi bonne que prétendu. Tout cela n'aurait pas eu beaucoup d'importance (après tout, une journée/soirée tous les 36 du mois, on peut gérer) si le propriétaire n'avait pas eu la lumineuse idée d'augmenter la rentabilité de la salle... en la louant à un restaurateur de la commune, qui cherchait une salle plus grande.

 

Cela, on ne l'a appris par hasard que trois jours avant l'ouverture. Quand un livreur de vins hollandais (le livreur, pas les vins, enfin, j'espère...) nous a demandé si c'était bien ici, l'adresse du resto. "Non, monsieur, il y a erreur, c'est dans le centre de la commune!" "Mais regardez, il est marqué que c'est ici..."

 

Ah ben oui, c'est ici. Le vendredi 13 novembre 2009 -un signe- a marqué la fin de notre tranquillité. Brouhaha midi et soir, odeurs de bouffe, voire de brûlé à toute heure du jour dans notre appart, gens qui squattent notre perron et le cendrier de M. Léludemoncoeur. Impossibilité de profiter du soleil sur la terrasse pour cause de cuisiniers reluquant et de clients sans gêne. Notre mobilier de jardin devient LEUR mobilier de jardin. Au point qu'un gamin un peu plus retors que les autres s'amuse, un beau dimanche, à casser méthodiquement les lattes en plastique de ma table de jardin.

 

Les récriminations, on ne sait plus à qui les faire. Le patron du resto nous écoute d'une oreille pseudo-compatissante et nous renvoie au proprio, après tout, c'est à lui qu'il loue le bâtiment, c'est à lui de faire les travaux d'insonorisation. Le proprio tente de nous convaincre que la convention de bail prévoit que ce type de frais doit être pris en charge par le restaurateur, et s'assied sur cette mauvaise foi pour ne rien faire. DU TOUT.

 

Ces onze mois en vase clos ont avivé les tensions, ont perturbé notre sommeil (au point que je dors désormais tout le temps avec des boules Quies), ont pourri notre réveillon de 2009-2010 et ont fait en sorte, au final, qu'on soit contents de quitter cette galère pour retrouver la chaleur du foyer parental.

 

Rien que d'y repenser, je sens à nouveau ce sentiment de rage impuissante qui m'étreignait presque chaque jour. Sauf le mercredi, le samedi midi et le dimanche soir, quand enfin, le restaurant fermé, on pouvait jouir de quelques moments de répit.

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11:19 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Ce pauvre M. Léludemoncoeur, Futilités, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | |  Facebook |

Commentaires

Bien d'accord sur le "chef d'oeuvre"... un peu téléfilm de l'après-midi sur RTL, mais agréable et rapide lecture...

Écrit par : Anne Löwenthal | lundi, 03 octobre 2011

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Ben voilà un billet qui, pour te faire renouer avec ce "sentiment de rage impuissante" n'en a pas moins, du moins je l'espère, des vertus curatives !
Et ce livre, alors, tout aussi "bof" que "Elle s'appelait Sarah" (que j'ai pour ma part adoré) ?

Écrit par : Caro la Vie en rose | lundi, 03 octobre 2011

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Hou, l'horreur !
Toute proportions gardées, j'ai un voisin qui possède un chien qui aboie sur tout et tout le temps, même contre le vent. Dès qu'on sort de la maison, il commence !
Le voisin de l'autre côté s'est déjà barricadé par haies et parois en bois.
Mes propres voisins à moi (deux maisons) voulaient bien me payer la même chose pour être tranquilles !
Aaahh ! Les voisins canins !

Écrit par : Roger Lhoest | lundi, 03 octobre 2011

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Je suis restée bouche bée en lisant ton billet. Je n'avais aucune idée que c'était à ce point...!
J'y repenserai à deux fois en ralant contre les soirées d'en face (qui ne réveillent de toutes façons pas les deux jolies) ou contre le dealer d'a-coté dont les visiteurs nocturnes s'acharnent sur sa sonette comme si leur vie en dépendait (bon, dans leur cas, c'est peut-être vrai...).

Ceci dit, quel est ton avis sur le bouquin? :-)

Écrit par : Naàlia | lundi, 03 octobre 2011

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