• Obéissance, fidélité, soumission, toussa

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    Tout a commencé il y a quelques jours quand la presse -et le monde entier avec elle- s'est gaussée d'une petite phrase glissée par Clarence House: Kate Middleton, dans ses voeux de mariage, ne prononcerait pas le voeu d'obéissance. 

     

    KOUAAAAA? OH. MY. GOD.!. Cette petite... dévergondée bourgeoise allait faire fi de la tradition?!?! Et tout le monde de rappeler en choeur que Diana la première avait omis de jurer obéissance à son mari, avant que ses (ex) belles-soeurs, Sarah puis Sophie, s'engagent elles à obéir à leur husband. Je veux pas être méchante langue, mais on voit ce que ça a donné...

     

    Je trouve ça dingue qu'en 2011, on souligne le fait qu'une jeune femme moderne omette de jurer obéissance à son mari. Qu'on l'ait fait pour Diana, ça peut encore se comprendre. C'était une attitude presque aussi rock 'n roll que de voler un baiser à son tout frais mari au balcon de Buckingham, surtout pour une jeune femme dont on s'est plu, à l'époque comme maintenant, à rappeler la pureté et la virginité jusqu'à la nuit de noces (tout en rappelant, à l'époque comme maintenant, que son futur, lui, n'avait pas attendu la nuit de noces pour tremper son biscuit, AHAHAH, James, amenez le cigare!).

     

    L'"information" des voeux a été reprise en boucle, ad nauseam, par tous les envoyés spéciaux à Londres, qui n'avaient de leur propre aveu rien de vraiment neuf ou croustillant à se mettre sous la dent. Jusqu'à ce matin où, course à l'audience oblige, il fallait bien meubler depuis 9h du matin heure belge pour essayer de choper les premiers les téléspectateurs de tout poil (et en chapeau à plumes).

     

    La télé en direct, c'est dangereux, ça mène à toute sorte d'envolées lyriques que le bon goût a parfois du mal à suivre. Et vas-y qu'on meuble à grands coups de clichés en attendant ZE moment que forcément toutes les midinettes du monde veulent voir arriver: la découverte de la robe. Et vas-y qu'on entend "c'est forcément le plus beau jour de sa vie, ah là là, elle s'en souviendra toute sa vie!" "Et voilà, elle va vivre le moment dont elle a rêvé depuis toute petite: rejoindre le prince William et l'épouser..."

     

    Une fois dans l'église, c'est le prêtre qui prend le relai des âneries. Je crois que c'est à cause de ça que j'ai de plus en plus de mal à imaginer un jour me marier -en tout cas à l'église- : le nombre de sornettes qu'on peut dire et de schémas "trop-ditionnels" qu'on perpétue au nom de la religion, ça m'affole.

     

    On a quand même souligné qu'une bonne épouse devait être douce, soumise et fidèle à son époux. Bizarrement, rien de tel dans l'autre sens (d'ailleurs, je veux pas être méchante langue, mais... hein). On lui a rappelé que se marier, ça sert à faire des enfants qu'on élève dans la crainte de Dieu. Moi, à ce moment-là, j'avais déjà la main sur le téléphone pour appeler ma gynéco et lui demander si, lors de mon prochain rendez-vous, on pourrait pas en profiter pour faire une petite intervention chirurgicale très simple: enlever tout ça.

     

    Je suis toujours frappée, quand j'assiste à des mariages, de voir le message sous-jacent négatif: il faut éviter le péché, et déjà en se mariant, on redresse une situation de péché (bouh, habiter ensemble avant le mariage, c'est mal!). Certains prêtres n'avaient même que ce mot-là à la bouche (le premier qui fait une plaisanterie graveleuse là-dessus peut sortir ;-) ) pendant toute la cérémonie. Un mariage sous le signe du péché, pas mal, n'est-ce pas?

     

    Ici, bon, pas trop, mais un mariage sous le signe de sa fonction principale: faire des gosses. D'ailleurs, Kate, en devenant Catherine, est désormais réduite à une seule partie de son corps: son ventre. C'est là qu'on va jauger si elle remplit bien sa nouvelle mission: attendre famille. Oui parce que désormais, travailler, c'est exclu. Elle peut éventuellement cuisiner en attendant que Wills rentre de la base, créer une fondation à son nom, mais gagner de l'argent, over. Les prochaines années vont être longues...

     

     

    (baïdewéy, je retire ma candidature pour quand si jamais ils divorcent dans dix ans. Je préfère un M. Léludemoncoeur et pas de prêtre, si possible, merci.)

     

    Edit du matin même: j'avais, j'avoue, pré-écrit ce billet hier, pour garder bien fraîches dans ma tête les "meilleures" expressions entendues à la messe. Je ne pensais pas si bien écrire quand, en me réveillant ce matin et en faisant un tour sur les réseaux sociaux, j'ai vu que la photo qui resterait dans les mémoires 2.0 serait celle-ci:

     

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  • "Violer", c'est encore humilier

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    Quand un stagiaire, homme ou femme, débarque dans une rédaction, la question inévitable arrive tôt ou tard: "et toi, pourquoi tu as choisi le journalisme?". Parfois, faut bien le dire, il n'y a même pas besoin de demander. Le journaliste en herbe vous avoue, les yeux brillants "moi, j'ai toujours voulu être grand reporter et partir couvrir tous les conflits dans le monde".

     

    Poliment, le journaliste qui reçoit cette confession mange son sourire et réprime son gloussement. Pauvre enfant, s'il (ou elle) savait qu'il se retrouvera bientôt à téléphoner aux zones de police et aux pompiers d'une petite zone géographique pour savoir s'il y a eu des accidents depuis le dernier coup de fil...

     

    Mais parfois, le rêve se réalise, pour quelques Happy Fews particulièrement tenaces. On les voit alors, le micro à la main et des scènes "exotiques" en arrière-plan, conclure leur intervention en direct au "Journal" par un "C'était XX, en direct de Bagdad/Téhéran/Misrata/Le Caire pour la chaîne Machin".

     

    C'est le cas de Lara Logan. Chef du réseaux de correspondants régionaux de CBS, c'est une journaliste reconnue.

     

    Le 11 février dernier, elle se trouvait sur la place Tahrir, au Caire, pour suivre le mouvement populaire de protestation contre le régime en place. Soudainement, elle a été séparée de son équipe et emmenée par des hommes. Ce jour-là et d'autres aussi, d'autres journalistes -des hommes- ont été victimes d'enlèvement ou de violences (Serge Dumont, correspondant du Soir à Tel Aviv, notamment).

     

     

    journalisme, viol, coup de gueule

     

     

    Les premières nouvelles de Lara Logan se bornaient à faire état d'une agression sexuelle brutale. Evidemment, les réactions de tout genre ont fusé. Indignées, choquées. Et indécentes, parfois. Comme le journaliste américain Nir Rosen, qui a blagué sur la "mésaventure" arrivée à sa consoeur. Sur les forums aussi, les commentateurs se sont déchaînés, se demandant si elle ne l'avait pas cherché, finalement, belle blonde non voilée sur une place musulmane.

     

    Aujourd'hui, Lara Logan sort de son silence et va raconter ce qu'elle a subi, ce qui ramène le sujet sur le devant de la scène médiatique. On apprend qu'elle a été violée "avec les mains" par deux à trois cents hommes, qui l'ont battue et déshabillée.

     

    Pourquoi je vous en parle aujourd'hui plutôt qu'au mois de février? Parce que je suis choquée par le titre Le Soir en ligne a choisi. "La journaliste Lara Logan raconte son "viol" place Tarhir". En fait, je ne suis choquée que par les guillemets. Mais ce sont des guillemets qui ont valeur de points de suspension, chargés de sous-entendus. Oui, bon, elle a été "violée" quoi. On imaginerait presque les doigts (encore eux) dessiner des guillemets dans l'air en même temps qu'on le dit. 

     

    Je me doute bien qu'il s'agit plus d'une maladresse qu'autre chose. Mais le viol, techniquement, c'est un acte de pénétration sexuelle, de quelque nature que ce soit, commis sur une personne qui n'y consent pas. Une pénétration avec les doigts est donc bien un viol, et pas un "viol".

     

    Moi, je me sens humiliée en tant que femme, en tant que cible potentielle, en tant qu'amie de victime potentielle, de lire qu'on peut être "violée", c'est-à-dire violée mais pas trop, quoi. Pour être sure, je suis retournée voir la dépêche AFP d'origine, pour en vérifier le titre et non, on ne parle pas de "viol" mais plutôt d'agression sexuelle (ce qui est le cas aussi).

     

    Comme Naàlia le faisait remarquer sur Facebook, les guillemets peuvent indiquer l'ironie, la distanciation avec les propos tenus. Moi, j'y vois aussi le choix d'un mot "faute de mieux", parce qu'on ne savait pas comment dire d'autre. Dire de quelqu'un qu'il a l'air "sympa" parce qu'on n'arrive pas à définir si c'est parce qu'il est charismatique ou juste à l'écoute. Elle a été "violée" parce qu'elle ne l'a été "qu'avec les doigts". Merde à la fin, c'est pas comme si elle risquait d'être enceinte ou de choper le sida, non plus!

     

    Aux oubliettes l'aspect psychologique de cette agression, la problématique du viol comme arme de guerre, l'intolérable de l'atteinte à l'intégrité physique de la femme, qu'elle soit blonde ou brune, belle ou pas. Ca nous ramène à notre condition de sac à foutre (pardon), d'objet de satisfaction des besoins masculins (si inévitables, n'est-ce pas), à notre condition d'allumeuse (et je vous parle même pas de quand on met une mini-jupe ou un décolleté, on devient des appels au viol). C'est nous rappeler que finalement on l'a cherché, c'est excuser l'agresseur, atténuer sa responsabilité -si ça tombe, ça ne lui a même pas déplu, à la bougresse. C'est nous salir toutes, ces guillemets.

     

     

    Lara Logan a été violée, mettez-vous ça dans le crâne. A moins que ça "viole" votre façon de penser.

     

     

    (je vous conseille l'excellent blog d'Olympe, qui consacre un billet aujourd'hui à Lara Logan et lui avait déjà consacré un sujet en février

  • Des VIB en goguette

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    J'ai cherché en vain une excuse pour reporter à demain l'écriture de ce billet, mais -zut!- c'est aux pieds que j'ai mal, pas aux doigts. Bordel, encore un post où elle va se plaindre, se dit le lecteur lassé. Que non mon ami! Aujourd'hui je vais me vanter! C'est mieux, non? :D

     

    Or donc hier, j'ai fait l'aller-retour avec Paris. Un graaaaand aller-retour, aller au lever du soleil, retour au coucher. J'avoue que quand Valérie de Skynet m'a envoyé un mail demandant "ça te dirait d'aller à Paris fin du mois?" j'ai pas hésité deux minutes. J'étais l'heureuse bénéficiaire d'un repêchage de dernière minute. Une des gagnantes de cette journée (le tirage au sort avait eu lieu à la soirée VIB de début décembre) avait dû déclarer forfait. J'ai donc dit OUI et puis j'ai commencé à réfléchir. Han! Yallait y avoir des blogueuses mode... Mais moi, je suis pas une blogueuse mode. Ni même une modasse, ni une modeuse.

     

     

     

     

     

    (en fait, j'ai procrastiné, finalement, et on est jeudi déjà, alors que cette note aurait dû être terminée hier, puisque Paris c'était mardi, vous suivez? Bon allez, on reprend)

     

    Depuis hier (mercredi), je ne suis pas subitemen devenue une modeuse ni une modasse. Etrange... Bref. En réalisant que cette virée à Paris serait peuplée de blogueuses mode (Dorothy, SmartyZabou, LA Blogueuse Mode, Nadia), j'ai commencé à flipper: mais qu'allais-je bien pouvoir porter pour pas paraître sortie d'un Flair spécial rondes de l'année 2004? Pour éviter tout fashion faux-pas, toute faute de goût impardonnable? Ca ne m'a pas filé d'insomnies, mais presque. Je me suis même fixé comme objectif (manqué, au final) de perdre un ou deux kilos patiemment accumulés cet hiver... La totale pression quoi! (bon, brisons le suspense, finalement, le seul élément mode, c'était l'imprimé liberty de mes ballerines tue-les-pieds -j'ai même des cloches sous les petits orteils!).

     

    Au final, ça a donné une journée vraiment sympa, en composition réduite (trois annulations de dernière minute), avec Emme, Julie et la toute fraîche Pauline pour couver les poussins VIB (LA Blogueuse Mode, Nadia, Delphine-la-gastronome et moi). Une journée sans prise de tête mais avec mal aux bras (c'est lourd, les sacs shopping!), aux jambes et aux pieds, avec de chouettes découvertes (I love désormais le bain dissolvant express de Sephora), d'émouvantes retrouvailles (Gibert Jeune power, j'ai à nouveau ramené onze bouquins...) et de belles rencontres. Une journée pleine d'idées de billets blogs, littéraires ou non.

     

    Je signe des deux mains et des deux pieds cloqués pour la prochaine virée VIB! :-)

  • Comment avancer dans la vie si t'es fauché, pingre ou les deux

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    Dans la série "je n'arrive pas à trouver ma maison tout seul", examinons une dernière possibilité d'assistanat assumé: la maison gratuite. Oui, vous avez bien lu, GRA-TUI-TE. Encore mieux que la maison toute pourrite retapée par Marc-Emm' ou celle dénichée par un expert pour vingt mille de plus et aucun de vos critères impérieux, hein?

     

    Attention, c'est pas tout à fait tout à fait gratuit. Je vous entends penser d'ici qu'on ne vous la fait pas, à vous, et que vous saviez bien qu'une maison totalement gratuite, c'est impossible. C'est vrai qu'à moins d'avoir tué l'occupant de la maison que vous convoitez en faisant croire qu'il est parti sur une île déserte sans relais GSM, il faut toujours mettre un minimum la main au portefeuille. Ici, cependant, c'est très simple: il suffit d'investir dans quelques journaux, toujours les mêmes, ceux de Sud Presse. Ca demande aussi un investissement en temps, parce qu'il faut découper des vignettes et les coller sur le bulletin de participation, mais qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour une baraque gratos. Bon, il faut aussi parfois supporter des articles un peu sexistes, mais il y a aussi plusieurs éditions régionales, ça fait de la variété.

     

    Evidemment, tout le monde ne gagne pas. Ils n'en distribuent pas à la chaîne. Non, c'est une maison par opération. Valeur: 200.000 euros, quand même. J'imagine qu'il faut avoir à l'avance le terrain sur lequel construire la bicoque, parce qu'avoir 200.000 euros virtuels qu'on ne peut pas utiliser faute d'espace pour placer la maison, ça doit être assez frustrant.

     

    Mais si on a le terrain et que hop! La chance tombe sur nous, bicoque payée, on peut passer à la suite: le mariage gratuit. (entre-temps, vous aurez pris le temps d'appeler le rouleau compresseur de peinture Valérie Damidot en lui disant que vous voulez réaménager votre intérieur -menteurs! vous venez de faire construire une baraque gratos!- et que vous n'avez pas d'idées, mais que vous voulez un truc de bon goût. Vous ne serez jamais déçus)

     

    Le mariage gratuit, donc. C'est LE gros buzz du moment, par Les Pages d'Or (et en tout petit, Club RTL). En gros, faut s'inscrire, inviter les gens à voter pour votre couple (évidemment le plus génial de toute la Belgique, c'est ça le principe) et le couple ayant reçu le plus de votes remporte un mariage d'une valeur de trente mille euros. Avec trente mille euros, ya déjà franchement moyen de moyenner, non? Enfin, je dis ça... j'en sais que ce les déjà-mariées ou soeurs-de-déjà-mariées ont bien voulu lever comme coin du voile sur ce dossier hautement stratégique...

     

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    Depuis le lancement de cette opération de pub (KEWAA, c'est pas de la philanthropiiiiiiiie?), mon newsfeed facebook se partage en deux catégories: les candidats déclarés qui te demandent de voter pour eux et les déjà mariés qui pestent d'avoir dû payer le leur et qui votent rageusement. Ah non, ya une troisième catégorie: Massoeur n°5 et son amoureux, qui trouvent les descriptions les plus "savoureuses" et les partagent dans la joie et l'allégresse.

     

    Seul inconvénient de l'opération: t'as pas le choix dans la date (ma contrepéterie préférée <3 ). T'es obligé de te marier le 10 septembre. Clac, comme ça! Bon, t'as de la chance, ce jour-là, je serai tout juste revenue de vacances, éclatante de beauté et bien bronzée (on y croit, hein!) et je pourrai venir illuminer ta cérémonie (mais grouille-toi de te porter candidat, il te reste 4 jours pour péter les scores!). Mais début mai-dix septembre, ça fait assez short pour tout organiser, et un mariage en short, c'est moyen, surtout s'il pleut.

     

    Reste l'autre option: Sud Presse, toujours, qui propose de t'offrir ton mariage (mais faut répéter le même genre d'opération que ci-dessus, avec collage de vignette et tout le tralala). Valeur du cadeau: 50.000 euros. Bon, tu peux pas choisir tes intervenants: tu seras obligé d'arriver en limousine et de choisir un des plats du traiteur imposé, même si t'aimes pas sa cuisine. Mais c'est potentiellement gratuit, alors on va pas chipoter, si?

     

    Quand tu auras franchi ces deux grandes étapes dans la vie d'un être humain, tu pourras faire des gosses (avant le mariage? tu n'y comptes pas, j'espère!). Tu pourras essayer de rogner sur les frais en exposant leur tête (et leur sourire) dans des concours sur Facebook. Tu gagneras au choix: du matériel de puériculture, du lait maternisé, des bons d'achat chez prémaman ('ttention, 50 euros, ça rigole pas!) et des commentaires genre "rho là là, trop mignon!! On en croquerait bien un bout!"

     

    A propos de croquer et de sourires, tu pourras aussi tenter ensuite de gagner une brosse à dents électrique! Eh oui! Si tu es le plus beau sourire de Belgique, tu as toutes tes chances...

     

    Et puis pour d'autres biens de consommation relativement courante, suffit de rejoindre le club des testeurs de la DH et promis, votre budget "achats divers" va sérieusement diminuer. Ils ont même offert l'apéro pendant tout le mois d'avril  dans des cafés bruxellois...

     

    Si avec tout ça, t'e encore dans la dèche le mois prochain, je ne vois plus qu'une seule solution: postuler dans une émission de téléréalité (Carré VIIIP0, Secret Story 7) et essayer d'acquérir la célébrité. Gratuitement, sans avoir jamais rien fait pour la mériter.

  • Tous Ensemble, la solidarité avec un grand "ouaaaaaiiiiis!"

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    Reprenons. On disait qu'entre hier et aujourd'hui, vous avez trouvé -ou l'expert(e) vous a trouvé- une maison qui a l'air sympa. En tout cas, elle a du POTENTIEL. Oui, pour votre budget, vous pouviez pas avoir direkk' la maison de maître aux plafonds moulurés et aux sols mosaïqués mais soit, la petite maison 1920 avec ses planchers et ses murs repeints de frais, il faut le souligner, a un charme assez typique.

     

    Mais -et c'est là que l'image vire soudainement au noir et blanc- très vite, vous vous rendez compte que le charme typique s'effrite au même rythme que le nouveau plafonnage. Ah là là!! Tout est pourri. Comme vos parents, vos beaux-parents, vos frères, soeurs, beaux-frères et belles-soeurs sont tous morts dans le crash du charter qui les ramenait de leurs vacances en Turquie, vous vous retrouvez coincés dans cette baraque miteuse. Point culminant de votre moral: moins 8.000.

     

    Heureusement, vous avez des amis, des vrais. Des qui se disent que c'est pas possible, vous ne pouvez pas rester dans ce trou à rats. Quoi? Venir vous aider à faire les travaux? Peuvent pas, zont piscine/manucure/atelier décorations de Noël, trop bête. Non! Ils ont bien mieux que ça, pour vous. Parce que ce sont des amis, des vrais. Ils ont appelé Marc-Emmanuel pour qu'il rameute lui-même tous les bénévoles de la région (sauf eux, zont piscine/manucure/atelier de décorations de Noël, pour rappel) et qu'ils fassent, "Tous Ensemble", de votre taudis un petit paradis (ouh, la rime riche!).

     

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    Pour faire bonne mesure et faire pleurer dans les chaumières des téléspectateurs de TF1 (et parce que ce sera plus facile aussi pour convaincre les gens de venir bosser gratos sur votre chantier pendant au moins une semaine), vous vous préparez à la venue de Marc-Emm' et quand il vient sonner chez vous "par surprise" (la quinzième prise, celle avec les larmes, était la bonne), vous "attendez famille". Et M. Léludevotrecoeur a encore augmenté sa consommation de tabac, afin de pouvoir passer pour cardiaque ou cancéreux potentiel.

     

    A partir de là, quand tout le monde a séché ses larmes, Marc-Emm' prend les choses en mains. Enfin, il se prend d'abord la tête dans ses mains, pour bien montrer à tout le monde, même les sourds ou ceux qui ont coupé le son, que oui Madame Monsieur, c'est pas joli-joli. C'est même catastrophique. Il accompagne ça de "Oh là làààà! Haaaaaan! Mais c'est tout pourri, là!!!!! C'est tout pourri!!!!" et vous n'avez plus qu'à acquiescer en baissant le nez un peu, oui oui, c'est tout pourri. Mais bon, ce n'est plus votre problème pour très longtemps, parce qu'une fois fait le tour du propriétaire (toujours en s'arrachant les cheveux et en se tenant la tête dans les mains), Marc-Emm' vous expédie ailleurs, à la piscine, chez la manucure, à l'atelier de décorations de Noël. Où vous voulez, mais pas dans ses pieds.

     

    Lui, il court dans tous les sens, chercher des bénévoles qui viendront vous aider, même s'ils vous connaissent pas. C'est beau la solidarité! <3 Il tient les gens par l'épaule, scelle les accord par de grandes claques dans les paumes comme au marché aux bestiaux de Ciney, il se frotte les mains, il fait de grands moulinets quand il se lance dans les explications. Et toutes ses interventions au groupe se soldent par un grand "ouaaaaaaaaaiiiiiiiiiiiis!" commun, les bras levés (putain, rien que pour ça, je refuserais d'être bénévole, moi).

     

    Et vas-y que les artisans maçons, menuisiers, électriciens, plaqueurs, couvreurs, chauffagistes, carreleurs, plombiers, peintres, se mettent à travailler de bon coeur, et vite avec ça. Tu les payerais pour avoir le même rythme que t'y arriverais pas. En cinq jours, il ne reste plus qu'à aller se faire offrir des meubles et à donner un dernier coup de balai. Ca, évidemment, c'est le rôle des femmes. Elles allument encore plein de bougies, pour que la maison ait encore l'air plus cosy, et puis on va vous chercher. Vous pouviez pas être à la piscine, parce que vous avez pas les cheveux mouillés, mais on dira que vous avez des ongles impecc'.

     

    Attention, il est conseillé d'avoir une forte capacité lacrymale, parce qu'arrivé à ce point-ci, vous êtes censés (tous les deux) verser moult larmes d'émotion. Vous pouvez vous exprimer par mots, aussi. Pas besoin de vous casser la nénette, un simple "c'est troooop beau" répété à l'envi suffira. Vous pouvez aussi mettre les mains devant la bouche en signe d'incrédulité. Veillez alors à faire des grands yeux, pour que les sourds et ceux qui ont coupé le son ne se demandent pas pourquoi vous n'allez pas vous coucher si vous êtes si fatigués.

     

    Une fois que vous avez fait le tour de votre maison new look, vous rejoignez les bénévoles, qui attendent depuis des plombes dehors (par tous les temps) pour crier une dernière fois "ouaaaaaaiiiiiiiiiiiiis!" en levant les bras. Vous, vous fondez en larmes et vous essayez de dire un truc intelligent. Par exemple: "on ne se connaît pas.... mais.... merci!" Vous voyez, simple, concis, efficace.

     

    Et si dans le fond de votre coeur, vous maudissez ces imbéciles qui vous ont peint le salon en beige et la salle de bain en bleu, ben vous attendez quelques mois et vous appelez Valérie Damidot!

     

     

    (ceci dit, "Tous Ensemble" ne fait pas que des heureux: à lire ici et ici)

     




  • L'expert qui écoutait vraiment vos envies

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    Puisqu'on a décidé que j'étais dans ma semaine à thème "parlons d'immobilisme d'immobilier", envisageons aujourd'hui et demain les solutionspour trouver une maison si jamais j'étais vraiment désespérée, un jour.

     

    Depuis hier, je suis rassérénée*. Je sais que si au bout de deux ans de recherches intensives, je ne trouve pas de baraque, je pourrai toujours nous inscrire à la saison 4 de "A vendre A acheter". Bon, d'ici là, faudra qu'on mette en route M. Léludemoncoeur Junior (1&2) pour dramatiser un peu le brol, mais vous voyez le concept. "So Fille et M. Léludesoncoeur rêvent de trouver le foyer dans lequel ils pourront élever avec amour leurs deux mâââgnifiques bambins, le nid d'amour qu'ils pourront leur transmettre après les avoir aidés à se construire de superbes souvenirs d'enfance" (vous avez une minute pour sortir vos mouchoirs, go!)

     

    Vous l'avez deviné, "A vendre A acheter" ne constitue pas le parfait petit manuel de la vente sur eBay. Notez, ça pourrait être concept, non, une émission à suspense sur les enchères eBay. "Marc et Virginie arriveront-ils à vendre le salon plaqué chêne de leur grand-mère? Anthony et Jérémy emporteront-ils l'enchère sur la lampe tiffany qui s'intégrerait si bien dans leur intérieur? Vous le saurez la semaine prochaine..."

     

    Nan, sans déc', "A vendre A acheter", ça met donc en scène quatre Experts (oui, on peut mettre une majuscule, ils sont un peu des super-héros) en immobilier qui volent à la rescousse de pauvres gens comme vous et moi, démunis face à la recherche de ZE maison. Enfin, yen a aussi des un peu moins démunis, et un peu moins comme moi (vous, je sais pas): genre le type qui cherche une petite maison dans la grande banlieue bruxelloise à environ 1,5 million d'euros.

     

    Je dois cependant bien avouer que je suis restée perplexe face au rôle joué par ces experts. Enfin, par l'experte. Comble du hasard, elle exerce visiblement dans la région où j'habite. Par visiblement, j'entends les strass incrustés sur ses cuissardes en daim camel, la ceintue "bronze scintillant", la tunique bariolée en synthétique et... les faux-ongles décorés de minuscules cerises. Ce sont des signes qui ne trompent pas: on a devant soi un magnifique spécimen d'Italienne de la Région du Centre (pardon à toutes les belles-soeurs, cousines et copines qui ne rentrent pas dans le schéma, on n'est pas fâchées, hein?).

     

    La première pensée qui m'est venue, en la regardant mouliner des bras, c'est que ça a l'air facile, conseiller en immobilier. Tenez, je ferais même bien pareil. Il suffit, en gros, d'écouter les critères des gens (chacun sa chambre, jardin, lumineux, pas de chauffage au mazout), de les répéter pour voir si on a bien compris et puis... de ne pas les respecter.

     

    Exemple: le couple-deux-enfants-deux-ans-de-recherches-infructueuses va voir une "supeeeeeeerbe" maison à Haine-Saint-Pierre, dénichée par Mme Strass et cerises. Dès l'entrée, "ah oui! bon, euh, en fait, ya un mini-problème, c'est un chauffage au mazout!". Ting! En regardant les images, j'ai l'impression de l'avoir déjà vue, cette bicoque. Bingooo! Je l'avais regardée sur immoweb et sur immovlan. Ouh dis dooooonc! Le bien exclusif! Je me demande pourquoi ces braves gens ne l'avait pas repérée, tiens...

     

    Oh! Deuxième surprise une fois passé la porte de la cuisine: ya une cour carrelée, pas de jardin. Deuxième critère pas respecté. J'adore. Mais bon, comme ils disent, c'est pas mal, et puis si on veut, on casse une partie du carrelage pour en refaire un jardin. Oui oui, les zamis, mais ça fait des frais, aussi.

     

    La visite se poursuit à l'étage. Oh! une des trois chambres reçoit les deux escaliers. Autant dire que c'est un couloir amélioré, quoi. Sympa pour l'intimité du gamin qui voudra, un jour, ramener sa copine dans sa chambre pour faire des "expériences". "Bonjour chéri, fais pas attention à nous, on monte juste se coucher! Bonjour mademoiselle, on n'a pas été présentés, je crois..."

     

    Les finitions bof bof et l'escalier super raide pour atteindre le dernier étage douchent quand même sérieusement le couple-deux-enfants-deux-ans-de-recherches-infructueuses et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'il n'affiche pas un enthousiasme débordant au moment de débriefer dans le salon.

     

    On récapitule jusqu'ici: pas le bon mode de chauffage, pas vraiment de jardin, une "pas vraiment chambre". Mme Strass et cerises a l'air assez contente d'elle et leur dit que bon, acheter une maison, c'est une affaire de compromis (ahah, la bonne blague). Et là, elle sort l'argument massue: le prix. Vingt mille (20.000!!) euros plus chère que le budget maximum fixé par le couple-deux-enfants-gnagnagna. Une bagatelle, vingt mille.

     

    Le couple-deux-gnagnagna s'en sort par une pirouette: "moi, ça me gêne, la salle-de-bain en bas: imaginez que les enfants aient une gastro, faudra qu'ils descendent deux étages pour arriver à la salle-de-bain..." T'as pas tort, Totor. Ce ne sera pas celle-là, same player try again.

     

    Mais ça ne décourage pas Mme Strass et cerises, qui a un autre couple pourri sur les bras. En quatre mois, Madame et Madame On-attend-des-jumeaux-et-on-sait-même-pas-où-on-dormira-après-l'hosto doivent trouver une baraque sans travaux, avec suffisamment d'espace pour 4, un jardin et toute la clique. Pour 150.000 euros maximum frais de notaire compris. Un défi à la hauteur de notre experte qui, après leur avoir fait visiter un truc pourri de chez pourri (genre 50 ans de travaux et t'es même pas sure après que l'humidité sera partie),... leur propose la même maison déjà visitée ci-dessus!

     

    Aaaah! Elles aiment bien, Madame et Madame! Elles s'y verraient bien élever leur progéniture, et tant pis pour l'escalier méga raide que même un alpiniste risquerait de s'y rompre le cou. A la fin de la visite, elles seraient presque prête à signer le compromis, là, tout de suite. Mais on sent bien que quelque chose va clocher (oui, après tout, il reste encore quelques émissions, où va-t-on si au bout de la troisième tout est déjà réglé, hein?). Et bardaf, c'est l'embardée!

     

    Ici aussi, Mme Strass et cerises a visé trop haut dans le budget. Beaucoup trop haut. Elle dit "attendez, cette maison était à 185.000, elle est déjà descendue à 175.000... maintenant, je peux encore essayer de la faire baisser un peu..."

     

    (petit intermède éducato-pédagogique: à cette somme de 175.000, il faut encore ajouter les frais de notaire et les droits d'enregistrement, mettons un bon bon dix mille euros)

     

    Nous voilà donc avec un couple à qui on propose une maison à 185.000 euros, alors que son budget est de maximum 150.000. Bravo l'experte! Mais elle essaie de trouver des solutions. "Vous ne pouvez vraiment pas mettre dix mille en plus? Parfois, ça vaut la peine de faire un effort supplémentaire, vous savez, quand on veut vraiment quelque chose..." Mais les Madame et Madame ne peuvent pas: elles ont déjà un crédit en cours et ça les bloque très très fort. Et ça énerve très très fort Mme Strass et cerises. Non mais franchement, quoi! Quelle idée aussi d'acheter une bagnole à crédit! Ca vous bloque l'obtention d'un prêt! Mais faut être débile (bon, ça elle le dit pas, mais elle le pense si fort que ça fait pleurer les Madame et Madame).

     

    Vous le voyez donc, être expert, ça consiste à vous trouver la maison qui est totalement hors de vos critères et hors de prix. Moi je dis, ça vaut la peine d'en consulter un!

     

    Demain, on abordera la maison toute pourrie que l'expert, ou vous-même, vous avez trouvée en pensant faire une excellente affaire! Stay tuned!

     

     

     

    *ça veut dire que je suis plus sereine, note-le, on sait jamais que t'aies un dîner de famille bientôt!

  • Le Belge moyen les a, les moyens

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    Ce qui est bien, dans mon métier, c'est qu'on apprend souvent des choses qu'on ne savait pas avant (j'ai passé un diplôme en vérités vraies pendant mon long silence, je vous avais pas dit? :D). Par exemple, ce matin, j'ai appris que le Belge moyen a en moyenne 66.000 euros sur son compte épargne.

     

    Je me suis arrêtée un moment, puis j'ai continué comme si de rien n'était. En rentrant, je suis quand même retournée vérifier sur mon compte épargne à moi. Merde, j'en étais sure! Je ne suis pas une Belge moyenne. Même pas une demi-Belge moyenne, ou une Belge demi-moyenne.

     

    Réflexion faite et à vue de nez, je ne connais pas beaucoup de Belges moyens dans mon entourage. Mes parents? Euh, non. Mes soeurs? Pas mieux. Mes amies proches? Hum, j'pense pas non plus. Les potes Facebook? Mmmmmmh.... peut-être, mais alors ce ne sont pas les plus commenteurs. D'ailleurs, s'ils pouvaient se manifester, ce serait bien, parce que si on élimine déjà toutes les personnes que je viens de citer -mettons au moins une vingtaine de personnes-, mes contacts Belges moyens doivent être plutôt "moyens supérieurs".

     

    66.000 euros, ça me laisse rêveuse. Au rythme où je suis partie, il me faudrait trois ans et demi pour amasser cette somme.

     

    Et devinez quoi? Je suis sure qu'à ce moment-là, on nous dira que l'épargne du Belge moyen est à 180.000 euros!

     

    Et vous, vous êtes moyens? Vous les avez? :-)

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