lundi, 18 avril 2011

Six mois après, côté maison

Dans dix jours, cela fera six mois tout pile que nous nous sommes repliés chez Papa-Maman Léludemoncoeur. Quand nous sommes revenus, épuisés par le déménagement, nous avions trouvé LA maison où nous nous sentions tous les deux bien, celle où on se voyait bien faire une bibliothèque, un bureau et un dressing (ou alors des enfants), celle où il y avait juste assez de travaux manuels pour me satisfaire sans effrayer M. Léludemoncoeur.

 

Il ne s'agissait donc plus que d'une question de semaines avant d'apposer nos deux noms en-dessous d'un document officiel qui nous lierait et nous appauvrirait pour trente ans. Nous étions heureux (et pour tout dire franchement stressés, du moins moi). J'imaginais déjà la méga-pendaison de crémaillère dans le jardin, avec un barbecue à la hauteur, après des heures passées à poncer les planchers. Ca serait la belle vie, ouais!

 

Et puis bardaf! L'embardée. Ou plutôt les embardées. D'abord on reçoit la confirmation que l'agence immobilière nous traite avec désinvolture. N'ayant pas de nouvelles de notre offre (très basse, il est vrai), je les appelle peu avant la fermeture et m'entends répondre par le directeur: "votre offre est refusée, d'ailleurs yen a une plus élevée qui a été refusée aussi. Bonne soirée au revoir". Clac. Pas plus d'explications sur les attentes du proprio, ni de possibilité de faire une nouvelle offre. Renseignements pris auprès d'une collaboratrice, le propriétaire voulait au minimum le prix qu'il en demandait, ce n'était donc pas à négocier à la baisse comme on nous l'avait annoncé. Aujourd'hui, je ne sais toujours pas si l'électricité était conforme, ni le montant exact du revenu cadastral, ni le montant estimé par les assurances des dégâts occasionnés par une tempête à la toiture, malgré mes nombreuses demandes...

 

On n'aurait sans doute pas lâché l'affaire trop vite (après tout, cette maison nous plaisait VRAIMENT) si quelques jours plus tard, on n'avait pas appris que le CDI espéré pour M. Léludemoncoeur se transformait en fait en nouveau contrat de 3 mois sans aucune certitude derrière.

 

Voir son horizon se rétrécir à trois mois et tous les projets s'envoler, c'est dur. C'est très dur. Même les projets les plus banals -"est-ce qu'on partirait pas en vacances cette année au mois d'août?"- sont suspendus à trois petites lettres, CDD, et une échéance.

 

Comment choisir une maison, un lieu de vie, quand on ne sait pas où on travaillera à court terme? Comment obtenir l'accord d'une banque avec le gros point d'interrogation qui flotte au-dessus d'un avenir professionnel?

 

Il a fallu faire le dos rond, attendre que l'orage passe, serrer les dents, se retenir d'écrire les angoisses et attendre, toujours attendre.

 

Evidemment que c'était la meilleure chose à faire, la plus sage, puisque nous travaillons désormais tous les deux à Bruxelles, et que s'enterrer s'installer à La Louvière n'a plus aucun sens. La pratique régulière de la (non) circulation ferroviaire entre La Louvière et Bruxelles suffirait à convaincre n'importe quel Louviérois rabique. (Ou alors, faut acheter une deuxième voiture et... ça va comme ça, hein!)

 

Nous voilà donc, six mois plus tard, toujours au point mort, mais réorientés. Parfois, je me dis qu'on aura vraiment eu un timing de merde jusqu'au bout: on a raté le prêt tremplin (pour aider les jeunes à acheter leur première maison), on a raté la crise de l'immobilier, on ratera sans doute aussi les taux plancher (ça a déjà commencé à remonter) et tout ce qu'on arrivera à économiser sur un an -ne nous leurrons pas, on est encore partis pour au moins six mois au même rythme- ne sera sans doute même pas suffisant pour payer les droits d'enregistrement et les frais de notaire.

 

Elle existe cependant sans doute quelque part, cette maison, notre maison. Sauf qu'elle ne le sait pas encore. Et nous non plus.

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17:47 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Ce pauvre M. Léludemoncoeur, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : immobilier | |  Facebook |

Commentaires

Pas évident aujourd'hui d'être propriétaire...Je prend la ligne La Louvière/Binche (Tubize/Bruxelles pour moi) tous les jours et c'est vrai qu'entre les retards et les grèves (encore jeudi passé d'ailleurs!) il faut être motivé...
Etant originaire de Tubize nous avons acheté là il y a un peu plus de trois ans...Cher c'est vrai mais quand on compte le prix d'une deuxième voiture + l'essence+les assurances...Le calcul nous a semblé en notre faveur...
Bon courage pour nous la 28 ème a été la bonne!

Écrit par : Laurence | mardi, 19 avril 2011

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28e?


Arghl. Plus que vingt avant de trouver la bonne, alors... :D

Je pense aussi qu'être propriétaire, c'est le bon calcul au final. Ya plus qu'à... (attendre d'abord et puis se lancer)

Écrit par : Sophie | mercredi, 20 avril 2011

Courage Sophie!
L'horizon finira par s'éclaircir, j'en suis certaine.
(PS, nous aussi on va rater les taux intéressants vu comme on est partis :-)
Flo

Écrit par : Flo | mardi, 19 avril 2011

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On se lamentera de concert sur nos taux de merde dans nos baraques de rêve! Bientôt!!

Écrit par : Sophie | mercredi, 20 avril 2011

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