• Quand la téléréalité se chipote le nombril, ça pue

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    Cette semaine, j'ai repris contact avec la télé-poubelle. Ouéééééé! Coup sur coup, j'ai regardé X-Factor et Carré VIIIP. Quoi? Je mets X-Factor et cet OTNIII (objet télévisuel non iiidentifié) dans le même sac? Oui, parce qu'ils sont tous les deux peuplés de gens s'écoutant parler, persuadés d'avoir le génie absolu et le dessus sur n'importe qui. Le genre qui s'admire le nombril bien profond. Et tout le monde sait que les fonds de nombril, ça pue.

     

    Or donc, ça a commencé avec X-Factor mardi. Je vous l'ai déjà confessé je pense, je n'aime pas la cruauté. Je n'aime pas que certaines personnes en jugent -parfois méchamment- d'autres ou quand la télé ridiculise. X-Factor, c'est tout ça, avec un jury "de stars" qui se prend le chou.

     

    Puisqu'on parle de chou, prenons Christophe Willem. Je l'aime plutôt bien, moi, ce garçon, à la base. Je n'hésite jamais à fredonner une des chansons de son premier album. Ici, subitement, il semble prendre une autre dimension, gonflé de sa propre importance. Euh, gamin, peut-on te rappeler que tu as deux disques et demi à ton actif, que ça fait à peine cinq ans que tu es sorti de l'anonymat et que quand même, un peu d'humilité n'a jamais étouffé personne? Merci.

     

    Les autres jurés ne sont pas forcément mieux. Allez, on va concéder que Padovani, membre de The Police avec Sting, a un brin de légitimité. Mais la Véronic, là, qu'on ne comprend même pas, elle sort d'où? (du Canada, vous allez me dire, oui, c'est facile). Et le Olivier... Son plus grand fait d'arme? Avoir découvert Christophe Maé sur une plage du sud... Mouais, il aurait mieux fait de marcher sur un oursin, ce jour-là...

     

    Et je vous raconte pas le niveau des commentaires. Enfin si, je vais vous raconter: "tu présentes bien et en plus tu chantes pas mal". Ouh! on est sauvé, la gamine a une belle gueule! Ce sera plus rentable dans les journaux que cette demi-demeurée de Susan Boyle. Quoi? Elle chantait bien? Oui, mais elle avait une sale gueule...

     

     

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    Mercredi, j'ai augmenté la dose de crétinerie en laissant la télé allumée et le casque sur mes oreilles pour la rediff de la quotidienne de Carré VIIIP. On m'avait vendu le truc comme une sorte de grand rassemblement de poitrines siliconées qui rendent contente d'avoir des petits seins (sic ou presque). Carré VIIIP, c'est bien plus que ça.

     

    Premier constat: si tu es (Wanna)VIIIP (pourquoi trois I, d'abord? faudrait plutôt trois V...), des chaussures de drag queen tu dois porter. Et vas-y que ça sautille en chaussures ultra compensées et au talon démesuré. Tout le temps, partout. Et même quand on est un mec (enfin, je crois). Hein Thomas que c'est pas facile de marcher avec des talons? 

     

    Notez que c'est débile, parce que quand même, le premier bonheur d'être enfin rentré à la maison, c'est de pouvoir envoyer valser ses chaussures bien loin et de marcher pieds nus, rhaaaaa.

     

    Deuxième constat: pour être (Wanna)VIIIP, mieux vaut ne pas avoir inventé la machine à courber les bananes. On risquerait alors de se rendre compte de la vacuité et de l'inanité dans laquelle on se roule avec allégresse (si tu as compris cette phrase, tu ne pourras jamais entrer dans le Carré, désolée pour toi). Même les phrases les plus simples tournent quatorze fois dans la cavité crânienne des candidats, à la recherche d'un neurone pour percuter.

     

    Troisième constat: la connerie est sans limite. Entre la "féministe" qui pense que la plus grande victoire des femmes est de se faire servir son café par un macho, les VIIIP qui s'imaginent qu'ils ont quelque chose à apprendre à des néo-VIIIP, ces mêmes néo VIIIP qui espèrent devenir "quelqu'un" par la simple grâce d'un programme télé, on n'en sort pas franchement plus savant qu'avant, comme disait l'autre. Plus pessimiste sur le genre humain, sans doute. Et sur certains médias aussi. Etiqueter de VIIIP des gens qui ont eu pour seul mérite de se laisser enfermer pendant des semaines dans une maison truffée de caméras, en se grattant les couilles et en jurant à longueur de journée, ça me dépasse largement.

     

    Carré VIIIP m'aurait au moins permis de découvrir une chose: Je suis contre l'enfermement des animaux, fût-ce dans une maison aménagée par un décorateur sous LSD. (au moins, ils ont récupéré la vaisselle de Secret Story).

  • Le procès qui m'a fait grandir

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    Parfois, je me dis que j'aurais bien aimé être avocate. Je suis assise à ma table avec mon carnet de notes, je les vois s'apprêter à plaider, ils sortent du "Monsieur Le Président" ou "Mon Estimé Confrère" (oui, on entend les majuscules quand ils parlent), ils parlent "in tempore non suspecto", "quod non" et "intuitu personae" puis ponctuent par un gros mot bien senti pour réveiller la salle. Je me dis que ça me plairait sans doute aussi, d'être payée pour parler beaucoup et saupoudrer d'un peu (beaucoup?) de mauvaise foi mon discours.

     

    Bon, bien sûr, je redescends très vite sur terre. Pour être avocat, il faut en avoir bavé  avoir fait cinq ans d'études (maintenant c'est cinq pour tout le monde, mais A MON EPOQUE c'était quatre pour les gens normaux et cinq pour les malades motivés). Et il faut aussi, peut-être, un esprit légèrement plus juridique que le mien, qui me permettait de passer en rase-motte, voire de tester la seconde session.

     

    Et puis je me rends compte aussi que ma place, là, dans le fond ou sur le côté, avec mon carnet de notes et mon bic, elle est quand même formidable et, parfois, plus enviable. Ma place, au milieu de tout le monde, me permet de rencontrer chacun, d'aborder le sujet de plusieurs points de vue.

     

    Le procès Ghislenghien, deuxième du nom- touche à sa fin. Là, ce sont les juges qui vont trimer comme des fous (encore plus) pour rendre un arrêt motivé et bétonné. J'ai eu la chance de tout suivre. A force, j'ai reconnu les gens, eux ont fait pareil avec moi. Petit à petit, je suis entrée dans leurs histoires, j'ai écouté leurs problèmes, j'ai découvert la souffrance physique, six ans et demi après. J'en ai tiré un article, que vous pouvez lire ici ou ici (c'est le même, avec un titre différent).

     

    J'ai aussi rencontré d'excellents avocats. J'ai assisté à des cours de droit qui ne disent pas leur nom, par des sommités reconnues dans leur domaine. J'ai entendu plaider ceux qu'on appelle "les ténors de la cour d'assises", de ceux qui peuvent faire basculer un jury et sauver la tête de leur client. J'ai eu des coups de coeur humains, des clins d'oeil complices, des explications.

     

    Je me suis aussi rendue compte que je suis une sorte d'entre deux. Qui connaît un peu des deux versants. J'ai été frappée de constater que les avocats, qui travaillent parfois depuis des années sur ce dossier, n'ont aucune idée de ce qu'ont vécu et vivent encore les victimes. Qu'ils repèrent parfois des têtes, sans pouvoir y accoler un nom.

     

    Hier, j'ai lu l'histoire de Stéphane Delfosse, un inspecteur de police d'Ath grièvement brûlé dans l'explosion de cette conduite de gaz à Ghislenghien le 30 juillet 2004. Il l'a racontée à un -ancien- journaliste du Soir, Marcel Leroy, un monument d'humanité. Au milieu de ma lecture, je me suis écroulée, en larmes.

     

    Je savoure ma chance d'avoir un jour pu suivre ce procès. Il m'a fait progresser, c'est sûr. Je vous en reparlerai sans doute, après l'arrêt, pendant les vacances d'été sans doute. La page ne se referme pas tout à fait.

  • De la musique, de l'égo, de l'écho et un peu de vide peut-être

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    Par où commencer?... Par le début sans doute, ce serait plus compréhensible: je suis en train de regarder le concert 2011 des Enfoirés. Ils ont l'air de bien se marrer.

     

    Ca fait au moins quarante personnes qui se marrent ce soir. Cool. (sauf à considérer que ça a été enregistré, donc c'est même pas sûr que ce soir, ils se marrent, c'est dire).

     

    Récolter des fonds pour aider une association comme les Restos du Coeur, ça partait d'une intention plus que louable. Même si l'opération des Enfoirés n'était pas destinée à durer, Coluche pensant qu'une fois lancée, l'action serait reprise à terme par le gouvernement.

     

    Sans doute qu'il faut aussi se renouveler, susciter chaque année l'étonnement du public pour l'inciter à acheter CD et/ou DVD. Chaque année c'est mission remplie, vu que ce sont les CD les plus achetés en France et en Belgique. 18 repas offerts par CD ou DVD acheté, c'est pas négligeable.

     

    Oui, mais.

     

    Ca ne profite qu'aux Restos du Coeur français, pas aux belges. Alors qu'en Belgique aussi, l'association en aurait sans doute besoin, et qu'en Belgique aussi les gens achètent les "goodies".

     

    Et puis le show, faut se le farcir. Intermèdes pseudo-drôles, sexisme latent, chorés à la rien à voir, artistes-qui-sont-trop-des-amis-tu-vois-on-s'entend-tous-bien-c'est-trop-génial. Je découvre, en fait, parce que je crois n'avoir jamais regardé un spectacle jusqu'au bout. J'arrête pas de me dire que c'est bien qu'ils aient éliminé les temps morts et autres transitions, sinon, je crois qu'on terminerait momifiés dans nos fauteuils. Malgré les sourires pepsodent et autres pouces levés "oué c'est trop fun!", perso, je peux pas m'empêcher de regarder l'horloge. Pourquoi je change pas de chaîne? Parce que les autres savaient que la compétition était perdue d'avance et ont foutu leurs dernières merdes qu'ils n'ont même pas honte de proposer puisque personne les regardera.

     

    En fait, Les Enfoirés, ça me donne juste l'impression d'artistes qui se donnent bonne conscience et une image d'altruiste à bon compte. En plus j'ai repéré au moins deux paires de Louboutin. Ca vaut combien de repas aux Restos, ça?

     




  • Quelqu'un a le numéro d'un homme riche?

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    Faire des études universitaires, mais choisir de ne pas entrer dans la vie active: en Italie, une universitaire sur cinq (!!) a fait ce choix. Pourquoi? La plupart du temps pour se marier et devenir "la casalingua ideale" (la mère au foyer idéale). Ca me fout les boules.

     

    Bon, ok, l'Italie n'est pas précisément réputée pour ses grands principes et son progressisme en matière d'égalité hommes-femmes. La télé italienne n'en finit pas de montrer de délicieuses (?) et surtout très refaites idiotes, juste là pour décorer et mettre en valeur la vraie star de l'émission, le présentateur (homme, faut-il vraiment le préciser?). On peut même y entendre un chef de l'Etat conseiller à une jeune femme de 24 ans qui l'interpellait sur la difficulté de trouver un job de se trouver un petit ami riche "puisqu'elle était jolie".

     

    Je passe évidemment sur l'influence encore très forte de l'Eglise catholique sur la société italienne, après tout, on est sur un blog d'humeurs, pas à une conférence sur la sociologie de la femme italienne.

     

    J'ai du mal à comprendre comment ces femmes éduquées, lettrées, se privent volontairement d'un monde du travail auquel elles se sont quand même un minimum formées pour se placer en situation de dépendance vis-à-vis d'un homme. Comme le dit l'article de l'Espresso repris par le Courrier International (et que j'ai lu grâce à Anne Löwenthal -si vous ne connaissez pas encore son blog, ses coups de gueule, son écriture fine et ses combats, foncez!), ces femmes reviennent au modèle du couple des années 50, à ceci près qu'il n'y a plus le garde-fou: à l'époque, on ne divorçait pas. Maintenant oui, même en Italie.

     

    Voilà donc ces femmes totalement dépendantes du salaire que rapporte leur mari, entièrement vouées à l'éducation de la progéniture, à la cuisine, à la satisfaction du mâle et au bichonnage de soi-même, qui n'est jamais qu'une façon de satisfaire et garder son homme. Sortez les manuels de la parfaite épouse des années 60, vous savez? ceux qui nous ont tant fait rire quand ça circulait sur Facebook... Voilà!

     

    Et si les étiquettes soigneusement calligraphiées sur le pot de confiture ne plaisaient soudainement plus à Monsieur? Et si les bavardages sur les enfants commençaient à le lasser? Et si cette petite secrétaire, cette péronnelle qui a l'idée saugrenue de bosser, devenait soudainement plus appétissante que Madame? 38 ans, cinq enfants, à la rue sans le sou? Elle tirera une drôle de tronche, la casalingua...

     

    Bon, évidemment, on sait que l'Histoire, c'est une histoire de cycles. Qu'après les années 50 et "trop de soumission tue la soumission", il y a eu le féminisme, jusqu'au pur et dur. Que les femmes se sont parfois mises à bosser comme des hommes, à s'habiller comme des hommes, à se comporter comme des hommes. Et puis "trop de féminisme tue le féminisme", et on a certaines femmes qui veulent revenir aux traditions. C'est sans doute dans l'ordre des choses. Ou alors on n'a pas encore réussi à faire évoluer les mentalités de nos filles (et de leurs frères).

     

    Mon mantra à moi, que je partage avec certaines amies, c'est "surtout, ne jamais dépendre (financièrement) d'un homme". Pouvoir payer ses factures, remplir sa déclaration d'impôts, démonter une armoire (même si parfois ça fait mal), (s')assumer. C'est pas facile tous les jours, c'est un apprentissage quotidien.

     

    Mais faut pas oublier que les femmes sont les premières touchées par la paupérisation des personnes âgées. Pourquoi? Parce que quand il faut mettre sa carrière entre parenthèses pour s'occuper des enfants, c'est souvent elles qui s'y collent. Et quand le mariage se défait, c'est elles qui morflent le plus. Faudrait ptêtre leur dire, aux Italiennes...

  • La vengeance se consomme glacée

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    Merde, il fait beau! Depuis quelques jours, je scrute, inquiète, les données météo et le ciel, par la fenêtre. Le temps restera-t-il au beau ou va-t-il -enfin!- repasser dans le froid, l'humide, le déprimant?

     

    KEWAAA?? tu n'aimes pas le soleil, la promesse des terrasses, les rayons qui réchauffent et les gens qui -enfin!- sourient un peu plus franchement?? Si si, j'aime bien! Là maintenant tout de suite, j'ai bien envie, un de ces 4 matins (ou midis, plutôt) d'aller siroter une blanche au soleil...

     

    Mais le beau temps, ça n'apporte pas que de la joie, eh non! Chez moi, dès que les températures grimpent au-dessus de 5 degrés et que le soleil fait une apparition, même timide, c'est le même refrain: la cucaracha en boucle, de neuf heures du matin à 22h. Là, il est 20h39, et je l'entends encore.

     

    Ne préparez pas le bûcher! Je ne suis pas folle! Non! Dans mon bled, dès que les conditions climatiques sont réunies, le camion de glaces sort et tourne. On entend la musique se déformer au fil de ses pérégrinations puis s'éteindre à mesure qu'il s'éloigne. On se prend à espérer qu'il finira par péter un pneu en rase campagne, là où il n'emmerderait personne. Ou que, d'un coup, il y ait une telle file devant son camion qu'il ne reparte plus pendant des heures.

     

    Et que la musique FERME SA GUEULE.

     

    Mais non, chaque année, de février (oui, cette année, ça a commencé tôt, j'emmerde le réchauffement climatique, moi!) à fin octobre, Môôôôôôôssieur tourne dans le bled avec son camion et sa cucaRHAAAAAAAcha. Depuis que je connais M. Léludemoncoeur, je connais ces notes aigrelettes distillées savamment par un type que je n'ai jamais vu, à qui je refuserais par principe d'acheter une glace, même si j'étais en train de mourir de chaud, et qui pourtant est l'objet de certains de mes fantasmes...

     

    Pensez! Quand j'étais en blocus, à l'université (pour les Français zéventuels, je précise que le blocus consiste à essayer de rattraper son retard de l'année en deux semaines et à apprendre un tas de pages par coeur en pleurant des larmes de sang), quand j'étais en blocus donc, en plein été, alors qu'il faisait super chaud (et donc pas un temps à étudier), j'étais poursuivie sans courir par cette musique de malheur. RHAAAAAA, qu'est-ce que j'aurais pas donné pour qu'il se taise, qu'il s'arrête, qu'il me laisse me casser la tête en paix!!

     

    Chaleur + fatigue + énervement + examens = Boum!! Oui, boum, tout à fait. J'ai rêvé de me procurer un lance-flammes ou un bazooka, de le poursuivre, de le viser et BOUM!! d'entendre la musique mourir dans un souffle.

     

    Oui mes amis, je vous le dis: ce soleil annonce des jours sombres, de looooooongs mois à réentendre cette cucaracha de malheur, à risquer de croiser cette camionnette ridicule décorée de Schtroumpfs et remplie de glaces même pas artisanales et à rester bloquée derrière en attendant que les gosses du quartier aient passé commande.

     

    Bouh! Vivement l'hiver!