mardi, 21 mai 2013
Un air de Déjanire
C'est comme une petite gêne, une couture mal faite, ça gratte un peu la peau, et puis de plus en plus à mesure qu'on prend le temps d'y penser.
Je ne sais pas vous, mais depuis quelques jours/semaines, je me surprends à me tordre le cou pour regarder les étiquettes de mes vêtements. Je les retourne dans tous les sens, je traque le fameux "Made in" qui nous donnait le sentiment vertigineux de savoir l'anglais quand on venait seulement d'apprendre à lire le français. "Made in China, Maman, t'as vu, je parle anglais!"
J'ai encore vérifié ce matin: sur mes jean's, il est marqué "Made in Bangladesh". On aurait pu aussi indiquer "Made in awful circumstances", mais ça aurait pris trop de place sur le mini bout de tissu. J'ai un peu honte, j'avoue.
J'ai honte parce que je suis parfois enchantée d'acheter à très bas coût des T-Shirts, des pantalons, des pulls, dont je sais que la qualité n'est pas forcément terrible mais-pour-ce-prix-là-c'est-pas-grave. J'ai honte parce que parfois, je repose en soupirant une tunique un peu plus cher en me disant "pfff, je vais pas mettre ce prix-là pour ça..."
J'ai honte parce que jamais je ne me dis que ces vêtements-là, je fais le choix de ne pas les acheter parce que les petites mains qui les produisent à la chaîne le font dans des conditions dantesques, au mépris de tous droits fondamentaux, parqués comme des bêtes, sachant qu'ils risquent de mourir à tout instant, dans un incendie ou l'effondrement de leur immeuble. Ils savent et ils n'ont pas le choix. Et ils triment pour des salaires de misère, quand nous dépensons en un battement de cils trois mois de leur salaire pour un T-Shirt pas cher.
Le 24 avril, un immeuble résidentiel s'est effondré près de Dacca, au Bangladesh. Il n'avait pas été conçu pour abriter des usines textiles et de lourdes machines. C'est pour cela que plus de 1.100 personnes sont mortes, et qu'on ne les a pas encore toutes identifiées. Qu'il a fallu des semaines pour excaver les corps, dans la puanteur de la putréfaction.
Il y a quelques jours, sur France 2, on voyait la vie reprendre dans les autres usines textiles. Les jumelles de celles qui ont disparu dans l'effondrement du bâtiment. Des gens parqués comme du bétail, des voies de secours sans issue. Dans l'indifférence quasi générale.
Les grandes marques de vêtements pas chers ont annoncé qu'elles avaient signé un accord avec des syndicats pour veiller à l'amélioration des conditions de travail des Bangalais. Mais qui vérifie? Qui s'intéresse? N'est-ce pas aux consommateurs de dire "pas en notre nom!"? N'est-ce pas à eux de se scandaliser que la part d'un salaire dans le prix d'un vêtement soit si ridiculement basse et la part "profit" si scandaleusement élevée?
Ces vêtements à l'odeur de putréfaction me rappellent cette tunique offerte par Déjanire à son mari Hercule, celui qui avait survécu aux 12 travaux. A peine enfilée, cette tunique l'empoisonne et le brûle, jusqu'à le tuer. Le centaure Nessos tenait là sa revanche sur l'homme qui l'avait tué d'une flèche empoisonnée.
Edit: Pour info, le chiffre d'affaires du groupe Inditex (Zara) et Hennes & Mauritz (H&M) à retrouver ici.
10:22 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (3) | Envoyer cette note
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samedi, 18 mai 2013
Rester assis sans bouger
J'irais bien lancer une lessive...
Oh non! t'as vu la vaisselle d'hier soir? Je peux pas laisser ça comme ça...
Tant qu'à faire, je ferais pas un peu de café et de jus d'orange?
Mmmmmh, mais je peux pas rester comme ça, faut que j'aille prendre ma douche et m'habiller. Tant qu'à faire, je regarderai si je ne peux pas pendre le linge.
Quelle heure il est? Ouaouh! Déjà 10h30? Mais je suis debout depuis 6h00 j'ai pas encore commencé à étudier... et il va bientôt falloir penser à aller faire des courses pour manger, là...
Voilà à peu près le genre de dialogue interne que je mène avec mon moi-même dès que j'entreprends d'étudier ou de -plus modestement- bosser sur mes cours. Comme si j'étais montée sur ressort, il suffit que le bouton "on study" s'allume pour qu'automatiquement mes jambes fourmillent, mon esprit gambade et mes yeux voient les milliaaaaards de trucs à faire dans la maison.
C'est une maladie bien connue des gens qui doivent rester assis et se focaliser sur une seule tâche pendant un long moment: la bougeotte, doublée d'une sérieuse envie de se laisser détourner l'attention.
A cela, un seul remède, si on en croit Elizabeth George: la collaku. La collaku, c'est le procédé mental qui permet de visser son derrière à sa chaise et de ne rien faire d'autre que ce qu'on a à faire d'urgent. Dans mon cas: étudier à fond.
C'est un blocus d'un genre un peu spécial qui s'ouvre devant moi, le premier où Maman Léludemoncoeur n'est pas là pour gérer presque absolument tout et où je suis chez moi (enfin, dans plus de 9 mètres carré, si je me rappelle la mythique époque de mes premières études). Il a fallu que je convoque un conseil de guerre, composé de M. Léludemoncoeur et de moi pour l'investir des pouvoirs de fée au logis jusqu'à la fin de mes examens.
L'affaire est ultra sérieuse, il va falloir que je compense durant les prochaines semaines ce que je n'ai pas pu travailler durant le quadrimestre. J'aurai besoin d'une sacrée dose de collaku pour rester assise et bosser d'arrache-pied.
Tout ça pour dire que je vais sans doute (re)mettre la pédale douce par ici. On ne verra certes pas trop la différence par rapport à d'autres périodes de mutisme moins annoncées, mais je vais essayer de préparer ça mieux. Gardez les doigts croisés, histoire qu'on puisse faire péter le champ' dans un gros mois, ok?

12:20 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, So fait des études | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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vendredi, 17 mai 2013
Une soirée presque parfaite
Chose promise, chose due: voici un mini compte-rendu de la soirée pipolo-bloguesque du printemps: les Weekend Blogs Awards! (aaaaaaah!)
Bon, tuons tout suspense: j'ai pas gagné (ooooooooh!), mais le blog faisait partie des trois finalistes, ce qui est déjà franchement cool, et c'est ma copine Marie qui a remporté le magnifique award en bois (c'est durable, Madame!). Mais pour le reste, la soirée a tenu les promesses que je m'étais faites :-)
Mon but, finalement, c'était de retrouver de chouettes gens que j'ai plaisir à voir, de papoter, de réseauter, de saluer d'autres blogueuses dont je suis régulièrement le blog, d'en découvrir d'autres. Mission largement accomplie! Dorothée, Gwendoline, Nadia, Mélissa, Madame/Monsieur, Valérie, Blanche, on dirait (oh!) la liste des chouettes blogs que je vous avais conseillés! ;-)
La soirée se déroulait dans le temple du chic louboutinesque Smets et on pouvait bien sûr découvrir les derniers cocktails/glaces/chips à la mode, tout en bavardant et en s'en payant une bonne tranche. On pouvait admirer les looks des blogueuses mode même-qu'on-n'oserait-jamais-porter-la-même-chose, boire (un peu), rire (beaucoup) et admirer des Louboutin et des Manolo Blahnik.
J'vous raconte pas comme le coeur s'accélère quand on voit qu'on est dans les trois derniers, c'était juste super. Et c'était pareil pour les copines de blog, dans les autres catégories. Chaque fois des petites montées d'adrénaline et puis la fête aux lauréates et aux autres.
La soirée aurait été parfaite si la remise des prix pour les blogs francophones s'était déroulée... en français plutôt qu'en anglais, et s'il y avait eu des goodie bags pour tout le monde.
Partie relativement tôt pour aller travailler (bonjour le monde des nuits*!), j'en ai eu un et mon dilemme à présent, c'est de savoir si je choisis les vertes ou les bleues pour aller affronter le crachin bien installé. ;-)

*ça explique le style un peu décousu du billet, sorry.

15:44 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Blog, Futilités, Twitter et tutti quanti | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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mardi, 14 mai 2013
L'arnaque de la propriété
Quand tu deviens propriétaire, c'est souvent après avoir entendu de nombreux "c'est quand même dommage de donner de l'argent à quelqu'un d'autre" et autres "au moins, quand t'es propriétaire, tu paies pour toi".
Du coup, tu as retenu la deuxième partie de la phrase (le "pour toi") tout en occultant bien que tu allais surtout payer. Le brave gens du coin (celui qui est assis devant sa porte sur un tabouret) te dira "on n'a rien sans rien, que voulez-vous!" et autres "ah ça! plus rien n'est gratuit de nos jours!" et ce sera le bon sens même.
Mais évidemment, comme tu paies cher et vilain pour toi (et aussi beaucoup pour la banque, hum), tu te dis que cette fois, c'en est fini d'ikea, merde quoi, tu mérites mieux et ton chez-toi aussi. Alors tu te mets à chercher de l'inspiration.
Tu découvres avec surprise que tu as extrêmement bon goût puisque tu adoooooores (sans le savoir) des designers américains genre Ray et Charles Eames (rhaaaa, leurs chaises DSW et leur porte-manteaux Hang it All...), voire aussi Arne Jacobsen (c'est Danois, c'est bien). Tu deviens incollable sur les styles, tu reconnais la patte d'un designer au premier coup d'oeil et tu feins d'ignorer le prix des pièces originales.
Et puis tu as toujours un magazine de déco sous la main pour te ramener gentiment à la réalité (soit en affichant un prix à 4 chiffres soit, pire!, en indiquant "prix sur demande", ce qui veut dire très très très très très cher-n'y-pense-même-pas). Ils te font des propositions que tu ne peux pas refuser, genre deux chaises pour le prix incroyable de 850 euros au lieu de 1.200 et tu commences à te demander si elles sont vraiment solides, ces chaises, parce qu'à ce prix-là, tu n'en prendras que deux, de chaises, et tu assoiras tes invités sur tes genoux pour le repas festif "pâtes au beurre à volonté".
Ouais, t'avais oublié que dans "tu paies pour toi", il y avait surtout "tu paies". Mais c'est pas grave, t'as 25 ans pour arriver à t'offrir un porte-manteaux. Si ça, c'est pas un beau projet de vie! :-)

10:30 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Futilités, Home, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
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dimanche, 12 mai 2013
Du sucre, pour foooondre
Avant d'ouvrir l'emballage, se servir un chocolat chaud à la machine, puis s'installer confortablement en se réjouissant d'avance du festin. Commencer par le début, les petites tranches, celles où il y a plus de croûte que de mie (et quelle mie!), sentir éventuellement crisser un peu de sucre. Progresser comme cela au fil des tranches, sentir le sucre fondu sur la langue et la mie briochée fondre elle aussi, juste parce qu'elle est fraîche, tellement fraîche.
Je ne me lasse pas de manger du craquelin le matin, sans rien dessus, juste pour le plaisir du goût. C'est tellement bon que j'en oublie presque la bombe calorique que c'est. Attention! Je ne le mange pas en une fois, non, je suis raisonnable! J'en mange une moitié et laisse l'autre pour le lendemain. Mais le vrai plaisir, c'est le premier matin, quand le craquelin est tellement frais que les tranches ont du mal à se décoller les unes des autres, quand le sucre colle aux doigts.
A ce moment-là, plus rien n'a d'importance, c'est le retour en enfance, à ces goûters de Noël avec les cousins où on pouvait choisir entre cramique (avec raisins secs) et craquelin (juste le sucre) pour accompagner son chocolat chaud. On se dépêchait d'en dévorer avant de se lancer dans des parties endiablées de Quizzard qui nous faisaient hurler de rire.
Oui, peut-être que dans ces quelques tranches pleines de sucre, c'est la nostalgie de Noël qui s'exhale, nostalgie d'une période cosy où le cougnou est roi. Le cougnou... un autre petit plaisir du quotidien plein de sucre :-)

10:06 Écrit par Sophie dans Futilités, Petits bonheurs de So Fille, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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vendredi, 10 mai 2013
Mes rituels du bonheur
Je suis une obsédée du bonheur microscopique. Je chéris mes rendez-vous clandestins avec des moments banals et magnifiques. J'ai des TOC du bonheur (et pas du bonheur en toc, du moins j'espère...). Je suis capable de m'émerveiller devant le dôme doré du Palais de Justice de Bruxelles, même si c'est la 16.254ème fois que je le vois. Je salue intérieurement la beauté du "bon marché du Foyer Schaerbeekois", façade sublime rappelant le temps passé, ou ces immeubles Art nouveau parsemés dans Bruxelles. La lumière du soleil sur les murs blancs et le bois blond de mon escalier me remplissent de joie, chaque jour qui passe.
Je crois intensément dans le fait que le bonheur s'enracine dans cette capacité à s'émerveiller du banal, de l'anodin. Je crois intensément que le flotteur du bonheur s'élève quand on arrive à profiter de chaque moment pour ce qu'il est, à savourer le beau, à remarquer l'insolite et ses alentours. Je crois que se créer des rendez-vous amoureux avec son environnement permet de mieux résister aux mauvaises nouvelles, aux stress, aux incertitudes. Tout ne peut pas aller si mal puisque cette superbe maison est encore plus superbe quand le soleil joue avec. Tout n'est pas si sombre quand cette cage d'escalier est éclairée sous ce jour.
Je me suis déjà souvent demandé si ce côté Bisounours genre "la vie est géniale, d'ailleurs ça sent le lilas dans la rue" n'était pas un peu exagéré, décalé. Je comprends en fait que c'est vital, que ça participe de mon équilibre. S'émerveiller, célébrer le quotidien, se rappeler qu'à côté des tracas, il y a tellement de belles choses, et de personnes géniales. En être pleinement consciente.
Si l'overdose de "sucre" et la célébration du quotidien ne vous effraient pas, j'aimerais bientôt inaugurer une rubrique "petits bonheurs du quotidien", pour partager certains enchantements.
Julie Andrews le chantait beaucoup mieux que moi ^^

10:30 Écrit par Sophie dans 3615 Ma vie, Futilités, Réflexion | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note
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mercredi, 08 mai 2013
Mon blog mérite un Award!
Non, pas celui de la procrastination! (quoique...)
Non, pas celui du retour fulgurant mais qui s'essouffle vite! (quoique...)
Mon blog est nommé aux Weekend Blog Awards! Quand, il y a environ un mois, une amie d'enfance (coucou Marie! :-) ) m'a envoyé un message pour me signaler qu'elle venait d'inscrire mon blog au concours des Weekend Blog Awards, ça m'a touchée en plein coeur. J'avoue, jamais je ne l'aurais fait moi-même -une forme de répugnance à me vendre, je serais pas très bonne en marketing...- et je suis ravie que quelqu'un m'ait jetée dans la "bataille" et me permette de vivre cela :-) Ca fait un peu candidate Miss Belgique, genre "naaaan, c'est ma mère/ma meilleure cop's/ma grand-mère/mon amoureux qui m'a inscrite au concours", mais c'est vrai: je suis ravie d'en être (et d'aller boire du champ' avec de chouettes nanas et gars ^^).
Comme les campagnes électorales, c'est pas mon fort, voilà qu'il ne reste plus que jusqu'à vendredi pour voter et mettre en lumière de bons blogs belges (yen a plein plein plein!). Et si vous voulez de l'inspiration, je vous dirais que j'aime particulièrement:
Dorothydancing et Simple&Funky en mode (et elles sont VIB, en plus!)
What a Girl can Do et Valerie's Web en beauté
Des Filles à retordre et Mon Atelier déco en... déco ;-)
Mel loves travels pour voyager autour du monde
La Fille de 1973 en blog perso (le deuxième vote, c'est pour moi :-p )
La pinardothèque, Madame Monsieur et/ou La Dînette des grandes en gastronomie (c'est un peu comme dans un resto, tout a l'air délicieux ;-) )
Voilà! D'ores et déjà un énorme MERCI de me permettre d'y participer et de pouvoir à mon tour afficher ce magnifique macaron:
(ça claque, non? ^^)

13:54 Écrit par Sophie dans Blog, Futilités, Web | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
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